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Calebasses – Vedita Purbhoo, amputée des deux pieds : « Pas facile de m’en sortir financièrement »

Venita Purbhoo, 46 ans, mère de trois enfants, vit dans une maison de la National Housing Development Corporation (NHDC), à Calebasses. Elle marchait normalement avant d’être amputée de son premier pied en 2016, et du second en 2018, à cause des problèmes de diabète.

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Tout a commencé pour cette ancienne habitante de Crève-Coeur il y a 20 ans, raconte-t-elle, alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant. Elle croyait qu’elle serait guérie de son diabète, mais tel n’allait pas être le cas.

« Bann sintom diabet persiste ». Et elle se sentait de plus en plus mal. « En 2016, un médecin m’annonce la mauvaise nouvelle. » Elle devait être amputée de son pied gauche. L’intervention avait été pratiquée à l’hôpital SSRN à Pamplemousses. Elle a sollicité le ministère de la Santé et obtenu une prothèse qui ne lui convenait pas et la faisait souffrir parce qu’elle n’était pas appropriée. Elle a préféré l’abandonner.

Vedita Purbhoo ne se découragera pas pour autant et se tournera vers le Dr Armoogum Parsuramen, le directeur de Global Rainbow Foundation pour avoir une nouvelle prothèse. « Mo touzour kontan pou depann lor mo mem. Parski avan mo anpite mo lipie, mo touzour ti kontan travay, pa depann lor personn. »

En 2018, Vedita ressentait une nouvelle fois des douleurs atroces, mais cette fois au pied droit. Son médecin traitant croyait que ces douleurs étaient dues à son poids et l’avait assuré qu’il n’était pas question qu’elle subirait une deuxième amputation et que son état de santé s’améliorerait graduellement. Pour avoir l’esprit plus tranquille, Vedita n’hésitait pas à puiser dans ses économies. Direction, cette fois, une clinique privée. Mais pour comble de malchance, elle apprend d’un médecin que les os de son pied droit étaient usés et qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’en être amputée ? Elle retournera à l’hôpital du Nord pour subir cette seconde intervention.

« Je devais rester au lit, je ne pouvais rien faire », confie-t-elle. Quelques mois plus tard, elle reçoit une nouvelle prothèse offerte par le ministère de la Santé qui, encore une fois, n’est pas adaptée à sa morphologie. Elle décide de ne pas rester les bras croisés et a recours aux réseaux sociaux et aux médias pour recueillir une certaine somme d’argent. « Pa bizin dir ou, mo finn sibir tou kalite komanter. Me mo finn bien aksepte. »

Résultat de l’opération, Vedita avait récolté une somme de Rs 350 000, ce qui lui a permis de se rendre en Inde pour des séances de physiothérapie au centre Kusum Spine and Neurorehabilitation où elle a reçu en même temps le moule d’une prothèse. Avec le temps, elle sent, dit-elle, qu’elle doit changer de prothèse. D’où sa décision d’avoir recours de nouveau aux réseaux sociaux pour se rendre une nouvelle fois en Inde.

En attendant, Vedita déploie toute son énergie à préparer des gâteaux qu’elle vend aux habitants et à ses clients. Elle les mettra en vente le 4 novembre pour la fête de Divali. Elle espère que la rentrée d’argent sera suffisante pour qu’elle puisse faire un suivi de son état en Inde et acquérir une prothèse plus adaptée.

« Je suis très reconnaissante envers tous ceux ou celles qui ont contribué pour ma rééducation en Inde, et qui m’ont aidée à reprendre goût à la vie. » La quadragénaire demande au gouvernement de revoir la pension d’invalidité de laquelle dépendent beaucoup de familles, comme elle qui doit rembourser un emprunt pour sa maison de la NHDC où elle vit avec ses trois enfants. « Pa facil di tou pou zoinn lede bout sak mwa », se plaint-elle.

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