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Cancer – Sonia, 45 ans : Vivre avec un seul sein

Sonia vit avec un seul sein depuis une dizaine d’années. Afin d’éviter que sa grosseur ne se transforme en cancer, elle a été obligée de procéder à une mastectomie prophylactique, aussi connue comme l’ablation préventive du sein. Une expérience aussi douloureuse que traumatisante pour cette maman célibataire. Des années après son intervention, elle a été dans l’incapacité d’assumer l’image que lui renvoyait le miroir. Après dix ans et plusieurs dépressions, les cicatrices se referment lentement et elle a enfin appris à s’accepter.

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Le jour de son réveil après l’ablation de son sein droit est encore frais dans sa tête. “Cette sensation qu’il vous manque une partie de votre corps, est indescriptible. Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi”, raconte Sonia. À l’époque, elle avait 35 ans et travaillait comme serveuse dans le secteur hôtelier. Elle sortait d’une séparation compliquée et douloureuse avec le père de son fils, qui avait 7 ans. “Mon monde était centré autour de mon garçon et je vivais pour lui.” Elle avait une vie sociale, sortait avec ses amis et avait même commencé à fréquenter une personne.

Puis, arriva ce jour où sa vie a basculé. Elle a commencé à ressentir une certaine gêne au niveau de la poitrine. “Dans ma tête, le cancer du sein était une maladie qui ne touchait que les autres. C’est en voyant une publicité à la télé que je me suis auto-palpé les seins un soir avant de prendre ma douche.”  Elle fut surprise de sentir une petite grosseur au niveau de son sein droit. “Comme une petite boule de canette.” Accompagnée de sa mère, l’habitante des hautes Plaines-Wilhems a consulté un médecin du privé. Un scanner confirma la présence d’un kyste de 2 cm. Les analyses d’une biopsie révélèrent que “ce caillou n’était pas encore arrivé au stage de cancer. Nous avions la possibilité de pratiquer une intervention pour l’enlever. Néanmoins, le médecin nous a fait comprendre que, par rapport aux antécédents dans notre famille, le risque que d’autres se forment et se développe en cancer était bien présent.” Une ablation préventive de son sein droit était inévitable. Soutenue par ses proches, notamment par son partenaire de l’époque et, portée par sa foi en dieu, elle se résout à franchir ce pas.

Une nouvelle personne

À son réveil, après l’opération, sa nouvelle réalité lui saute au visage. Elle se sent mutilée et a l’impression d’avoir perdu une partie de sa féminité. “Le pire, c’est d’avoir l’impression en permanence que les autres vous jugent. Mais ce n’était que dans ma tête”, souligne cette dernière. Elle fait attention aux moindres détails pour ne rien laisser paraître comme porter des soutiens-gorge adaptés, des hauts sans décolleté, des robes amples, etc. “J’ai fait beaucoup de recherches. Toutefois, une chirurgie reconstructive, qui se pratique à Maurice, n’était pas envisageable parce que je n’en avais pas les moyens.”

Sonia s’est longtemps repliée sur elle-même et a coupé court à toute vie sociale. Elle se surprend même à être colérique envers son fils. “Ce que je regrette le plus c’est d’avoir parfois laissé sortir ma frustration sur lui.” Au bout de huit mois, elle se sépara de l’homme qui partageait sa vie. “Ce n’était pas de sa faute. Il a été là à chaque étape et m’acceptait avec un sein en moins. J’étais celle qui ne m’acceptait pas, car la seule pensée qu’il me regarde et me touche me mettait mal à l’aise. Ma vie intime s’est arrêtée d’un coup. Je n’arrivais plus à me sentir femme et à être avec lui.”

En proie à des crises d’angoisse, elle fit plusieurs dépressions. “J’ai été sous antidépresseurs pendant 3 ans. Heureusement, j’ai pu compter sur mon fils qui m’a aidée à trouver la force au fond de moi pour remonter la pente.” Elle a aussi puisé sa force de sa foi. “Dieu m’a aidée à surmonter cette épreuve.” Sonia a surtout réalisé qu’il y a une vie après. Elle est aujourd’hui une nouvelle personne et retrouver goût à la vie. Elle a refait sa vie et a fini par accepter que vivre avec un seul sein ne la rend pas moins femme.

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