Dans son premier mandement de carême intitulé “Appelés à servir”, Mgr Sténio André, évêque du diocèse anglican, aborde un sujet propre à l’Église, à savoir le manque de prêtres. Il fait part de cette préoccupation, bien profonde, car le clergé actuel avance en âge. Et il invite ainsi les anglicans à « un réveil spirituel et prendre conscience de ce fait ». « L’avenir de notre Église est dans le cœur de la génération qui monte. Mais cet avenir ne se fera pas sans prêtres », leur dit-il, tout en reconnaissant et saluant la collaboration impérative et réconfortante des laïcs aujourd’hui dans certaines tâches pastorales.

« Nous vivons en ce moment une situation où les vocations sacerdotales se font de plus en plus rares et le clergé actuel de notre diocèse approche l’âge de la retraite. C’est à juste titre que nous devons penser à un réveil spirituel, nous lever et prendre conscience de ce fait », déclare l’évêque de Maurice aux anglicans. Et selon les observations de ce dernier, ce manque de prêtres n’est pas sans conséquence : « Notre Eglise, à la base missionnaire, peine à être présente sur le terrain. »

Il est bon de savoir que le célibat n’est pas une exigence pour le sacerdoce au sein de l’Église anglicane. En effet, les prêtres anglicans ont la possibilité de se marier et de fonder une famille. Néanmoins, l’Église anglicane est confrontée à la crise de manque de vocations. Et pourtant, souligne Mgr André, l’engagement dans une vie sacerdotale n’est pas « n’est pas un appel à̀ une vie triste, solitaire, ennuyante et renfermée », et cet « appel », selon lui, est tourné vers un seul objectif, c’est-à-dire « servir à la manière de Jésus ».
D’après le constat du chef de l’Église anglicane, les facteurs suivants pourraient expliquer cette crise de vocation : le nombre d’enfants en baisse dans les familles, une certaine indifférence à la vie religieuse, l’éclatement du milieu familial, un mode de vie de plus en plus séculier, les difficultés d’annoncer l’Évangile, les interrogations sur le rôle précis des prêtres/diacres dans les différents ministères.

Mgr André fait remarquer aux fidèles que cette situation de manque de prêtres conduit à une certaine « tension » sur le petit nombre qui est en service car ils sont confrontés à de nouveaux défis dans leur ministère et sans compter que leurs journées sont chargées. « La situation actuelle dans notre diocèse fait peser sur nos prêtres et diacres une tension facile à comprendre. Plus restreints en nombre et avançant en âge, ils ont à assumer des défis plus nombreux et plus complexes, dans leur ministère. Évoquons les nombreuses attentes des fidèles, les multiples comités et réunions qui supposent leur présence », indique-t-il. « Je vous supplie également de prêter attention aux besoins humains de ces hommes appelés à vouer leur vie au service ministériel. Il est souhaitable que vous les souteniez ainsi que leur famille dans leur mission et leur vie quotidienne, à plus forte raison s’ils connaissent certaines difficultés personnelles qui peuvent rendre leur ministère plus difficile », ajoute-t-il.

L’évêque de Maurice demande aux prêtres et aux diacres à leur tour de reconnaître que les défis du monde moderne représentent une invitation à approfondir leur vie de prière, à méditer davantage la parole de Dieu et « à partager encore plus leurs convictions avec leurs confrères et les laïcs ». Il conçoit difficilement une Eglise opérant sans la présence de prêtres à l’avenir : « Une Église sans prêtre est impensable ! C’est le Christ qui le veut ainsi, en lui donnant d’agir en son nom. Les prêtres le représentent ensemble et en union avec leur évêque. »
Selon Mgr André, les réalités du monde moderne ne sont pas incompatibles avec le choix d’une vie sacerdotale. « Le monde moderne et ses défis nous lancent la responsabilité de favoriser les vocations, de discerner les vrais appels de Dieu, de soutenir ceux qui ont été ou qui seront ordonnés prêtres ou diacres. ».