Alors que les portes du Parc National s’ouvraient de nouveau avec la 3eme phase de déconfinement, nous sommes allés y faire un tour pour parcourir le Mare aux Joncs Trail et découvrir la cascade du même nom. Pour y accéder, un sentier rocheux et boueux de 3.4 km qui grimpent à environ 400 mètres d’altitude. Une pente douce qui mène jusqu’au pied de la cascade dont la splendeur vaut amplement les quelque 1h et demi de marche.

Pour accéder au pied de la Cascade de Marc aux Joncs, direction Rivière-Noire dans le Parc National où nous attendent Premanand Roopa, park ranger et Arveen Gungadardoss, assistant park ranger, qui nous serviront de guides. Depuis le visitors’ centre, le sentier est bordé de grands arbres à l’instar du Terminalia Arjuna et de l’eucalyptus. Ce qui donne de l’ombre tout au long. Le ruissellement de l’eau produit par les petites rivières qui traversent le sentier est fort agréable aux oreilles. À environ 400 mètres, le sentier se divise. Comme l’indique le panneau, nous prenons à gauche et nous enfonçons dans un autre sentier qui est cette fois-ci bordé de plantes telles que des goyaviers de Chine. Nous apprenons que, bientôt, les indications seront remplacées. De nouveaux codes couleurs seront installées et les panneaux comprendront des QR codes et des points GPS.

8 traversées de la même rivière.

Un peu plus loin, le parcours devient un peu plus dur dû à la quantité de pierres étalées sur le sol. Celles-ci sont bien arrondies, soulignant qu’elles ont été modulées par la rivière et les crues qui arrivent souvent pendant les grosses averses. À certains endroits, de l’eau est d’ailleurs présente sur le sentier. Après plusieurs centaines de mètres, la rivière Mare aux Joncs se présente devant nous pour une première fois. Serpentant depuis les hauteurs, elle traverse ainsi le sentier à plusieurs endroits. Ce qui nous amènera à la traverser à 8 reprises avant d’atteindre le pied de la cascade.

Par terre, un tapis de goyaves de Chine mures, tombées des arbres, rend la marche plus pénible, les glissades sont quasiment inévitables. Au fur à mesure que l’on s’enfonce dans cette lowland forest, le chant atypique du coq des bois se fait entendre. Rapidement, un couple de cette espèce s’approche et nous accompagne à distance respectable, se posant régulièrement sur les branches au-dessus de nos têtes pour nous observer. Arveen Gungadardoss confie qu’une belle population de cette espèce endémique a élu domicile dans le parc.

Spectacle pittoresque.

Nous approchant à grands-pas du pied de la cascade, le parcours devient de plus en plus compliqué. Sinueux et en montée, il requiert un certain effort. À certains endroits, le goyavier de Chine – bien qu’invasif – est d’un grand secours pour les marcheurs. Sur certaines pentes ardues, on n’a d’autres choix que de s’y agripper pour continuer. Surtout avec la boue quasi permanente qui jonche le sentier. Petit à petit, on décèle les cris des chauves-souris, dont une population est présente à Mare aux Joncs. Alors que le son de la chute d’eau inonde les environs, révélant notre proximité à celle-ci, l’adrénaline atteint son paroxysme. Nous sommes pris par un regain d’énergie qui nous permet d’enchaîner les obstacles et enfin de découvrir ce petit trésor du Parc National.

Nos yeux sont ébahis alors que nous nous retrouvons enfin devant la cascade Mare aux Joncs. L’éclat de l’eau sur le rocher est d’une beauté. La chute est divisée en deux parties et frôle la falaise qui abrite d’ailleurs une population d’hirondelles des caves. La partie du haut n’est pas visible du pied de la cascade. Celle du bas vient se poser avec force sur une partie proéminente du rocher créant un écoulement sur plusieurs mètres de largeur. À notre plus grande surprise, un petit arc-en-ciel se forme au pied de la cascade entre la falaise et le petit bassin formé devant celle-ci, alors que le soleil refait son apparition. Le tout offre un spectacle pittoresque, un vrai régal pour les yeux.