Pour marquer la Journée mondiale du rhinocéros, Casela a célébré mercredi cet animal, certes imposant, mais combien sensible. Les stars étaient Benji, le mâle, et Ella, la femelle, âgés de dix ans. Leurs parents sont morts entre les mains des braconniers. Ils ont été recueillis dans un refuge pour rhinocéros en Afrique du Sud et ont cohabité avec des brebis, ce qui explique leur capacité à s’adapter à d’autres espèces et à la présence humaine. À Maurice, où ils ont élu domicile au Casela Parks depuis sept ans, ils ne cessent de rayonner. Mais la question de leur survie interpelle.

Le parc de Casela fait tout pour préserver les deux rhinocéros tout en souhaitant accueillir assez vite un bébé rhinocéros mauricien. D’ailleurs, comme le souligne Evans Gopal, directeur du département Zoologie des Casela Nature Parks, les deux rhinocéros du Casela sont prêts pour la reproduction. De plus, le Casela souhaite aussi disposer d’une banque génétique, une sorte d’ADN qui pourra aider à la préservation de leur espèce. On apprend dans le même ordre d’idées que la gestation du rhinocéros est de 17 mois et qu’en général, la femelle donne naissance à un seul petit qui peut peser jusqu’à 40 kg.

Avec une température ambiante, un climat adéquat, la Journée du rhinocéros, célébrée le 22 septembre, ne pouvait qu’être une partie de plaisir pour Benji, le mâle et Ella, la femelle, tous deux originaires d’Afrique du Sud, et l’objet de toutes les attractions. Surtout lorsqu’on apprend que leurs parents ont péri aux mains des braconniers et qu’ils ont été élevés par des brebis et des humains.

Un des faits marquants concernant Benji est que lorsqu’il était jeune, on lui a coupé sa corne, ce qui a résulté en une éraflure. Le rhinocéros blanc a une mâchoire plutôt carrée contrairement au rhinocéros noir dont la mâchoire ressemble plus à un bec. Tout en étant considérés comme des animaux sauvages, ils sont aussi doux et intelligents. Ella et Benji se nourrissent principalement de luzerne et de boskos.

Les rhinocéros, une espèce considérée comme quasi menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature, font prendre conscience à l’homme de l’importance de leur préservation. À Maurice, l’adoption d’Ella et Benji a été rendue possible en 2014, à travers un protocole d’accord avec le refuge sud-africain pour permettre leur transfert sur le sol mauricien. Les rhinocéros avec leur corpulence de deux tonnes et leurs cornes tant convoitées par les braconniers sont les Stars  des visiteurs.

Que valent leurs cornes ? A cette question, Dominique Édouard, Assistant Herd Keeper aux Casela Nature Parks qui confie que c’est surtout la kératine qui se trouve dans leurs cornes qui est exploitée sous forme de médecine traditionnelle chinoise. « C’est cette même kératine qu’on trouve dans nos cheveux et sous nos ongles. »

Caractère imprévisible

Débarqués à Maurice en 2014, les deux rhinocéros blancs, Ella et Benji, ont été bien traités. Ils sont en pleine forme, s’amusent avec leurs cornes comme pour faire croire à un pugilat. Ils donnent de grands coups dans l’enclos comme pour dire : « Nous sommes des terribles, pires que des chiens méchants. » Mais, dans le fond, ces rhinocéros herbivores donnent à l’être humain une leçon de vie sur le respect dû à un animal et à la protection de chaque espèce.

On trouve cinq classifications pour les rhinocéros, à savoir le rhinocéros indien, ceux de Sumatra, de Java, le rhinocéros noir et le rhinocéros blanc. Et deux sous-espèces que sont le rhinocéros blanc du Nord et le rhinocéros blanc du Sud. Le rhinocéros blanc se caractérise par sa gueule large et plate qui lui permet d’arracher efficacement les brins d’herbe dont il se nourrit.

Dominique Édouard évoque la régularité des soigneurs envers ces animaux et la qualité de vie que leur procure le Casela de par une nourriture saine, soit 15 kilos de granulés par jour. « Ces rhinocéros n’ont pas seulement la peau dure, voire rugueuse, ils sont aussi inséparables. Ella se distingue par son tempérament caractériel, mais les deux sont à la fois taquins et joueurs. »

Vivant dans un espace restreint, Benji et Ella ont aussi cohabité avec des zèbres dans un premier temps, indique Evans Gopal. Et d’ajouter : « C’est surtout leur entretien qui coûte cher, soit 15 kg de granulés par jour mais ils ont tout l’espace souhaité pour grandir, avec une longévité de 30 à 50 ans. » Lorsqu’on s’enquiert de la qualité de leur vue, Evans Gopal reconnaît : « Ils ne voient pas grand-chose au-delà de 20 mètres, mais sont capables de se fondre dans l’environnement grâce à leur odorat qui leur permet aussi d’identifier leurs soigneurs. Ils sentent le danger grâce à leur instinct, et surtout ils savent imposer le respect. »

Certes, Ella et Benji n’ont que dix ans, mais leur force de caractère et leur côté imposant ont vite fait de les faire compter dans la catégorie d’animaux d’attraction. Pour le bain, il suffit de les laver à grande eau, mais comme l’indique Dominique Édouard, « ils peuvent être puissants en termes de taille, mais ils restent toujours des animaux vulnérables et imprévisibles. »