La députée du MMM Karen Foo Kune a, lors de son intervention, affirmé qu’une hausse de 12% a été notée en ce qui concerne le nombre de cas rapportés à la Child Development Unit l’année dernière, quand des enfants ont été victimes de différentes formes de violences, de mauvais traitements, d’abandon, de négligences, d’exploitations et de violences sexuelles. De ces cas, a-t-elle laissé entendre, 456 sont des abus sexuels, et qui, dans 215 cas, ont entraîné des grossesses précoces. « Ce ne sont que les chiffres des cas rapportés, donc rien que la partie émergée de l’Iceberg, mais déjà ces chiffres donnent froid dans le dos », a déclaré l’élue mauve de Beau-Bassin/Petite-Rivière.

Karen Foo Kune déplore que la prévalence de ces maltraitances soit « très élevée » et se demande si la Child Development Unit est suffisamment équipée en ressources humaines, techniques et financières pour traiter efficacement les cas de violence envers les enfants. « Est-ce que, de ces 6 225 cas rapportés l’année dernière, il y a eu des enquêtes adéquates ? Et combien de ces enfants victimes ont trouvé justice ? Et combien ont, au contraire, connu un pire sort ? », s’est-elle interrogée lors de son intervention. Et d’ajouter : « Il faut surtout faire en sorte que la police et les institutions de justice pénale prennent effectivement ces actes au sérieux et acceptent leurs responsabilités respectives en matière de protection de l’enfance. »

La députée de l’opposition a aussi déclaré que l’article 32 (1) du Children’s Bill oblige le signalement de tout mauvais traitement ou tout soupçon de mauvais traitements envers un enfant. Mais, selon elle, cette obligation de signalement « n’est pas claire » et les paramètres « pas suffisamment » définis. « Quelles sont les sanctions contre le non-signalement ? Un maillon important dans cette lutte contre la maltraitance d’enfants est la dénonciation.  La non-dénonciation pourrait avoir de lourdes conséquences, et à travers le signalement, des enfants peuvent échapper à de graves méfaits, voire à la mort », a-t-elle soutenu.
Selon Karen Foo Kune, afin d’atteindre les objectifs d’un changement concret en faveur de la sécurité et du bien-être des enfants, il serait important de « combiner les changements législatifs, qu’apporte ce projet de loi, à un changement social, où sont mises, à la disposition de la population, les connaissances sur les comportements et normes sociales favorables au respect des droits des enfants ».