(Photo by WANG Zhao / AFP)

Une petite ville chinoise frontalière de la Birmanie utilise désormais des caméras de reconnaissance faciale afin de surveiller les déplacements des habitants et d’éradiquer un petit foyer de Covid-19.

Les caméras de surveillance sont déjà omniprésentes dans l’espace public en Chine, où les métropoles sont sûres et où les violences physiques contre les personnes sont peu fréquentes.

Les nouvelles technologies sont elles aussi très utilisées dans le cadre de la lutte anti-Covid – avec notamment la généralisation depuis début 2020 d’applications mobiles de suivi des déplacements.

Mais les autorités n’avaient encore jamais fait état officiellement de l’utilisation de caméras de reconnaissance faciale spécifiquement destinées à lutter contre la propagation de l’épidémie.

C’est désormais chose faite à Ruili, ville située à la frontière avec la Birmanie et où une soixantaine de malades locaux ont été détectés en une dizaine de jours – dont plusieurs porteurs du variant Delta.

Parmi ces cas figurent de nombreux Birmans, en dépit de la fermeture théorique de la frontière.

Cette situation inquiète les autorités chinoises car la Birmanie est un des pays au monde où l’épidémie a le plus accéléré ces dernières semaines.

Elle est également en proie à de graves troubles depuis le coup d’Etat militaire du 1er février. Un facteur qui pourrait pousser des Birmans à passer les frontières pour fuir les combats.

Avec le nouveau dispositif, quiconque voudra entrer ou sortir d’un quartier résidentiel, d’un supermarché, d’un marché et de toute autre zone très fréquentée de Ruili verra son visage scanné par une caméra, ont indiqué samedi les autorités.

Les données sont associées à un code QR unique, ce qui permet de surveiller de façon automatique les déplacements d’une personne. Les appareils de reconnaissance faciale sont également capables de prendre la température des individus, selon la radio nationale CNR.

Le système est géré par les autorités municipales.

Ruili avait déjà été frappé par trois foyers, rapidement maîtrisés, depuis le début de l’épidémie.

Premier pays confronté au Covid-19 fin 2019, la Chine a quasiment éradiqué la maladie sur son sol depuis le printemps 2020 et la vie est largement revenue à la normale.

Un succès obtenu grâce notamment aux dépistages massifs, aux confinements stricts ou au placement obligatoire en quarantaine de toutes les personnes en provenance de l’étranger.

La Chine a fait état mardi de 29 nouveaux malades – dont 27 dits « importés », c’est-à-dire du fait de personnes venant de l’international et placées à l’isolement en quarantaine à l’hôpital.