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-Alors que les “Terms of reference” sont pourtant très clairs : deux membres doivent y être représentés à la “General Assembly”

-Contacté jeudi, Bruno Julie dit ne pas être au courant de cette réunion

La Commission des athlètes n’est, pour l’heure, pas invitée à l’assemblée générale extraordinaire du Comité olympique mauricien (COM) prévue dans une semaine, soit le 5 juillet, à 17h30 à Trianon.

C’est ce que nous avons appris après avoir parcouru la liste des invités envoyée récemment. Or, selon les “Terms of reference” de la Commission des athlètes, approuvé par le service légal du Comité international olympique (CIO), il est clairement précisé que : “The Commission is represented at the MOC General Assembly by two of its members (one male and one female), elected by the Commission from among its members (Olympians), who will have the right to vote within the General Assembly, as per Article 5.1 (c) of the MOC Statutes.”

Dans ce contexte alors, pourquoi ces deux représentants de la Commission des athlètes ne figurent-ils pas sur la liste des invités à l’assemblée générale extraordinaire prévue dans une semaine à Trianon ? Logiquement, la présidente de ce comité, nommément la judokate Christiane Legentil, aurait dû en faire partie. D’autant que les “Terms of reference” sont aussi très clairs concernant ses attributions: “ The Commission is represented within the MOC Executive Committee by its Chairperson, who will have the right to vote within the Executive Committee, in accordance with the MOC Statutes.” À moins, bien évidemment, que Christiane Legentil, a obtenu une invitation personnelle pour assister à cette assemblée.

Week-End devait solliciter la judokate pour une déclaration, mais compte tenu de sa réaction avant les championnats d’Afrique du mois dernier, nous avons préféré ne pas la mettre dans l’embarras ! Elle qui n’avait pas été en mesure de s’appesantir sur sa préparation précisant qu’il fallait, au préalable, avoir une autorisation du président de sa fédération. Ou encore, qu’elle ne savait pas si nous devions aussi avoir une permission pour la solliciter pour une déclaration en sa qualité de présidente de la Commission des athlètes.

Une commission particulière

Dans ces conditions, nous nous sommes tournés, jeudi matin, vers autre représentant, nommément Bruno Julie, ancien boxeur et seul médaillé olympique mauricien à ce jour (2008 en Chine). Il a d’abord précisé ne pas être au courant d’une quelconque assemblée générale prévue pour le 5 juillet « Je n’ai, à ce jour, obtenu aucune invitation », déclare-t-il. Donc, si Bruno Julie, en tant qu’élément masculin n’a pas été invité, Julien Paul (badminton) aurait dû l’être. Ce qui n’est pas à écarter. Sauf que ce dernier se trouve actuellement à l’étranger. En effet, il poursuit sa préparation au Danemark en vue de sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo au Japon (23 juillet au 8 août) !
Forcément, un problème se pose quand on connait les conditions contestées et contestables ayant mené à l’élection des membres de cette commission en février et de la présidence. Qui ne se souvient aussi pas de l’amendement de l’Article 5 (Membership) 2 (c) de la Constitution du COM lors de l’assemblée générale annuelle tenue le 3 septembre 2020 à Trianon ? Celui de ne pas procéder par une élection pour élire les membres de cette commission. À la place, il avait été proposé une nomination pour choisir les deux représentants. Donc, contraire à la Charte olympique. Forcément, le COM s’était fait taper sur les doigts suite à l’intervention du CIO forçant ainsi au maintien des élections !

Pas de nécessité de renvoi

D’autre part, trois motions seront présentées lors de l’assemblée générale extraordinaire du 5 juillet, dans le cadre, notamment, du renvoi des élections. Le COM a informé ses membres, il y a une semaine, que ces élections — initialement prévues pour fin septembre — auront maintenant lieu au plus tard le 31 décembre. Or, ce renvoi interpelle, d’autant qu’ils sont nombreux à penser que ces élections auraient pu être maintenues, sans aucun problème, et ce, à la période initialement choisie. Donc, la seule explication plausible est de permettre à ceux qui sont toujours en balance au sein de leurs fédérations de tenter une ultime tentative de reconquête. Cela, afin d’être à nouveau représentés au COM lors des quatre prochaines années.

Officiellement, le communiqué du 18 juin, signé du président Philippe Hao Thyn Voon, évoque les contraintes pour se rassembler et ce, dans le cadre des restrictions sanitaires imposées par le gouvernement. Le COM explique aussi avoir pris note du fait que certaines fédérations n’ont pu, dans ces conditions, tenir leurs élections. Sauf qu’il faut tout de même rappeler que c’est ce même COM qui avait insisté, le 3 septembre 2020, pour tenir ses élections avant la fin de l’année, avant même que les fédérations aient organisé les leurs !

Rapellons aussi cet amendement, “exceptionally and under force majeure”, à la section 8.12 (d) paragraph 5 de ses statuts. Cette section se lit, pour l’heure, comme suit : No person shall be eligible to stand as candidate if he/she has reached the maximum age of 80 years on the date of the election. Désormais, il faudra lire : “ A person shall be eligible to stand as candidate if he/she has reached age of 80 years anytime in the year of election.”
Un changement qui viserait à faciliter la candidature du président Philippe Hao Thyn Voon aux prochaines élections. Lui qui n’avait d’ailleurs pas caché son souhait de rempiler pour un nouveau mandat à la présidence ! Il avait du reste déclaré au Mauricien, en septembre 2020 : « Je n’ai désormais plus que le COM. Vous êtes mes amis. Donnez-moi encore une chance. » Au vu des événements survenus depuis cette période à ce jour, on doute fort que Philippe Hao Thyn Voon n’obtienne pas ce précieux mandat !