Photo illustration

Dans le sillage de la COVID-19 et du report des examens en raison du retard dans l’année scolaire, certains candidats du SC ont été confrontés à une difficulté : certaines matières, comme l’allemand, l’espagnol, les statistiques et la musique, ne figurent pas aux prochains examens du GCE O Level/SC en mai-juin 2021.

Toutefois, le MES a annoncé avoir pu obtenir de Cambridge d’avoir recours aux examens de l’IGCSE pour ces matières. Cette combinaison exceptionnelle SC/IGCSE ne devrait-elle pas être l’occasion de changer notre système d’examens au secondaire, considéré par nombre de spécialistes comme ayant fait son temps ?

L’ancien ministre de l’Éducation Kadress Pillay lance juste une question : « Quel type de citoyens veut-on former ? » Laquelle devrait aider à juger si le système de SC est toujours d’actualité. Pour lui, l’offre exceptionnelle SC/IGCSE post-COVID devrait être l’occasion rêvée pour une remise en question de notre système d’examens. « Il faut revoir tout le système. Aujourd’hui, le système du Bac offre une plus grande ouverture. » Il importe de former « des citoyens qui soient ouverts vers l’universel ».

Soondress Sawmynaden, ancien recteur du collège Maurice Curé, est plus nuancé. Il estime : « L’IGCSE est d’un niveau plus bas. Si on doit niveler vers le bas, ce n’est pas trop correct. » Il reconnaît toutefois que l’IGCSE offre l’avantage de permettre à plus d’élèves de monter en Grade 12, « car actuellement, avec l’exigence des cinq crédits, c’est plus difficile ». Il admet en outre que l’IGCSE permet aux élèves de faire les matières qu’ils aiment. « Plus de choix aidera les élèves à se sentir plus à l’aise et à faire bien mieux au lieu de choisir un sujet qu’ils n’aiment pas. Quand j’étais recteur, je permettais à mes élèves de choisir leurs sujets préférés. Cela a aidé à avoir 100% de réussite. »

L’ancien directeur du MES, Lucien Finette, n’a qu’un souhait : « Qu’on change le système ! » Il fait valoir que l’IGCSE « ne laisse pas sur le bord du chemin » ceux qui ne s’adaptent pas à un “syllabus” strict. « Il y a une certaine souplesse que nous n’avons pas avec le SC. Si vous ne correspondez pas au SC, vous échouez. Quant à l’IGCSE, on fait tout pour que vous réussissiez », fait-il valoir. Et de poursuivre : « Contrairement au système actuel, on ne veut pas d’élitisme à outrance. Il faut avoir des excellents, c’est sûr. Il faut permettre à ceux qui sont doués d’évoluer mais il ne faut pas faire en sorte que tout le monde se croie doué et se casse le nez. » Enfin, il souligne que « l’IGCSE met l’accent sur la réflexion, le SC met l’accent sur la prise des notes et l’apprentissage par cœur. »

KADRESS PILLAY (ancien ministre) : « Quel type de citoyens veut-on former ? »

Dans le sillage de la COVID-19, les candidats aux prochains examens du SC pourront exceptionnellement combiner les deux certificats SC et IGCSE. N’est-ce pas l’occasion de relancer l’idée de s’ouvrir à l’IGCSE ?
Absolument. Je pense qu’on ne peut avoir une approche “piecemeal”. Actuellement, on est en train de faire une sorte de “makeshift arrangement” ou de “cut and paste”. Il faut savoir dans quelle direction notre système d’éducation veut aller et pourquoi. Quel type de citoyens on veut former ? La COVID-19 a remis en question beaucoup d’idées acceptées. Il semble de plus que ce n’est pas un virus qui partira de sitôt. Il faut donc faire et vivre avec. Il faudra ainsi un citoyen mauricien différent avec beaucoup plus de résistance, avec une autre conception de la vie à Maurice. Si on veut changer le système d’examens et le faire devenir plus flexible, l’idée n’est pas mauvaise. Mais il faut voir “the bigger picture”. Dans quelle direction veut-on aller ?

Dans quelle direction devrait-on aller à votre avis ?
Il faut savoir ce qu’on veut atteindre. Quel type de société vise-t-on après la COVID-19 ? It cannot be business as usual. Pour moi, c’est l’occasion rêvée pour une remise en question de notre système d’examens. J’avais préconisé le baccalauréat international quand j’étais ministre de l’Éducation. Aujourd’hui, ce sont les examens par excellence un peu partout dans le monde. Malheureusement, grands conservateurs que nous sommes, comme toujours, nous sommes bloqués dans le système de Cambridge avec SC et HSC.

Qu’est-ce qui bloque, selon vous ?
La gouvernance nationale refuse d’accepter le changement. Il y a des acquis. Je ne dis pas qu’il faut tout changer. Mais, aujourd’hui, le système de Bac offre une plus grande ouverture. Aujourd’hui, c’est l’ouverture qui compte. Ce n’est pas une espèce de surspécialisation dans quelques sujets. Par exemple, les humanités, les langues, la littérature, l’histoire, la géographie ont beaucoup d’importance. On les appelle les humanités, elles donnent plus d’ouverture. C’est ce type de Mauriciens qu’on doit viser. Réalisez-vous qu’il y a des enfants qui n’ont jamais entendu parler de Shakespeare ou de Molière ? Alors, there is a big job to be done. Mais, est-ce qu’il y a une volonté politique pour le faire ? Il y a toujours eu des forces occultes pour bloquer le développement, surtout dans le domaine de l’Éducation. Moi, j’avais préconisé les “performing arts”, la danse pour les filles, mais certains collègues ont trouvé que c’était inutile. Ce sont des esprits bloqués. Si on adopte une approche “piecemeal” encore une fois, cela sera un gâchis.

L’IGCSE serait une bonne option ?
Ce sont des examens qui sont très populaires en Angleterre et dans d’autres pays. L’IGCSE offre bien plus d’ouverture. Il faut toutefois qu’on prépare la population. Il ne faut pas qu’un gouvernement décide. On est dans une démocratie. Le peuple a le droit de dire ce qu’il a envie de dire. Il faut donner l’occasion aux “stakeholders” de venir se prononcer là-dessus.

Les prochains examens du SC recevront une dose d’IGCSE pour certains candidats. Si on doit changer le système, faudrait-il une dose de changement ou un changement complet ?
Moi, je dis qu’il faut revoir tout le système. Il ne faut pas que cela soit “piecemeal”. Parce que c’est politiquement correct ou que cela arrange les gens. Il faut un travail d’éducation. Il faut que le peuple mauricien soit bien au courant à travers une explication nationale. Il faut trouver des raisons valables pour que le Mauricien comprenne pourquoi on est en train de changer.

Pourquoi faut-il changer le système ?
C’est un système qui canalise vers une approche bloquée. Par exemple, il faut choisir entre les mêmes matières : chimie, physique, maths ou chimie, physique, biologie. C’est un choix étriqué alors que nous sommes dans un monde d’ouverture. Aujourd’hui, la science a certes son importance mais elle montre aussi que toute science n’est pas nécessairement bonne pour une société, surtout les sociétés multiraciales comme la nôtre où une certaine ouverture vers les humanités est importante. C’est pourquoi il faut revoir. Il faut savoir ce qu’on veut. Est-ce que l’île Maurice veut une ouverture d’esprit de nos jeunes ?

Vous êtes pour un système où il n’y a pas de compétition…
J’ai toujours été contre une “rat race”. Il existe plusieurs formes de compétition. Mes petits-enfants sont dans une école privée. They compete in class. C’est différent de “compete” pour une place au collège. Quand ils reviennent de l’école, mes petits- enfants sont ravis de dire qu’ils ont eu 80, 85, 90 points, qu’un autre a eu un point en plus ou en moins. C’est aussi cela la compétition mais il ne faut pas une “rat race”’. Les examens du baccalauréat international sont des examens d’ouverture. La France, les USA, l’Angleterre ne sont pas bêtes de faire des examens qui permettent une certaine ouverture. Vous sortez du collège avec une “exposure”. Pourquoi ne pas donner un système d’éducation ouvert où l’enfant qui sort du collège avec un baccalauréat, a une maîtrise des humanités, de la science, du temps et de l’espace à travers l’histoire et la géographie ? Il y a un gros travail d’ouverture à faire. I am an open guy. Si on me demande quelle est ma religion, je dirais je suis tamoul, hindou, musulman, chinois parce que je prône l’universel. Il y a trois choses dans la démocratie : répondre aux besoins de la population, la transparence et l’“accountablity”. Voit-on cela dans l’éducation ? Il faut que la ministre mette des “benchmarks” et dise ce qu’on veut atteindre. Moi, je dis qu’il faut viser l’ouverture. Il faut des citoyens qui soient ouverts sur l’universel.

SOONDRESS SAWMYNADEN (ancien recteur) : « Le niveau est un peu plus bas, mais… »

Dans le sillage de la COVID-19, les candidats aux prochains examens du SC pourront exceptionnellement combiner les deux certificats SC et IGCSE. N’est-ce pas l’occasion de relancer l’idée de s’ouvrir à l’IGCSE ?
Si on compare les deux programmes, l’IGCSE est d’un niveau plus bas. La structure du “grading” est aussi différente. C’est une question de décision politique de savoir si on doit aller directement vers l’IGCSE. Mais, actuellement, il faut cinq Credits pour aller en HSC. Maintenant, si on doit niveler vers le bas, ce n’est pas trop correct. Moi, je suis pour l’excellence. Dans le cas des examens qui ont été reportés pour avril, mai, juin 2021, on aura recours à l’IGCSE pour certaines matières. Dans un tel contexte, on ne peut faire autrement car il y a eu des imprévus et on a dû trouver une solution. Mais, pour moi, il y a un manque de transparence au niveau du ministère de l’Éducation et du MES. Sur quoi le MES a négocié avec Cambridge pour pallier ce problème ? Personne ne sait. Cambridge nous dit qu’il n’offre pas ces papiers en avril, mai, juin. Mais on aurait pu négocier dans un cas exceptionnel pour que Cambridge prépare ces papiers. Mais si ce n’est vraiment pas possible, on aurait pu proposer que Maurice prépare les papiers de Statistics, d’allemand, etc. et que ce soit modéré par Cambridge. Et qu’ils soient corrigés à Maurice car il y a déjà des papiers qui sont corrigés à Maurice. Cette proposition a-t-elle été faite à Cambridge ? Nous ne savons pas. Or, d’une certaine manière, nous employons Cambridge. Nous le payons. Nous pouvons donc lui faire part de nos exigences : nous voulons cela et on est prêt à payer.

L’IGCSE a ceci d’avantageux qu’il offre plusieurs champs de compétences aux élèves à travers une trentaine de matières au choix. De plus, beaucoup de pays ont opté pour ces examens depuis longtemps…
C’est une décision politique. Soit, on ne fait plus les examens du SC comme on le fait actuellement. Moi, je n’ai pas d’objection à ce qu’on change complètement pour aller vers l’IGCSE. C’est une bonne chose dans le sens que davantage d’élèves pourront monter en Grade 12 car actuellement avec l’exigence des cinq Credits, c’est plus difficile. L’an dernier, environ 30% seulement des candidats ont décroché les cinq Credits. Et, d’après mon expérience, avec tous les problèmes qu’on a eus cette année, tout porte à croire que le nombre d’élèves qui pourront monter en Grade 12 sera encore moindre. Le nombre d’étudiants à l’université sera aussi moindre alors que l’université est maintenant gratuite. Peut-être cela pourrait-il être une solution pour permettre à plus d’élèves de monter en Grade 12 et d’aller à l’université.

Ne trouvez-vous pas intéressant que l’IGCSE permette un large éventail de matières : Citizenship Education, Drama, Film Studies, Geology, Classical Civilization et Media studies, etc. ?
J’ai toujours dit qu’il faut laisser les élèves libres de choisir les matières qu’ils aiment. On est un peu trop rigide sur le choix de sujets au niveau de chaque collège. Les choix sont très limités. Certains auraient aimé opter pour une matière qui n’est pas offerte dans leur collège, par exemple. Or, moi, je pense que plus on ouvre le choix, cela aidera les élèves à se sentir plus à l’aise et à faire bien mieux au lieu de choisir un sujet qu’ils n’aiment pas. Je dis toujours que ce n’est pas la mer à boire d’avoir cinq Credits mais on doit proposer des matières où les élèves se sentent à l’aise. Moi, quand j’étais recteur, je permettais à mes élèves de choisir leurs sujets préférés. À partir de là, j’organisais l’emploi du temps. Cela a aidé à avoir 100% de réussite. Tous les élèves avaient cinq Credits ou plus parce que j’avais ouvert les possibilités. Maintenant, si l’IGCSE offre encore plus de matières, c’est encore mieux. Le niveau est un peu plus bas mais cela va encourager les élèves à faire les matières qu’ils aiment.

Êtes-vous d’accord avec ceux qui disent que notre système d’examens a fait son temps ?
Personnellement, j’aurais aimé qu’on ne dépende plus de Cambridge. On aurait pu avoir nos propres examens. Nous avons nos “exams syndicates”. Pourquoi se fier et payer autant d’argent aux étrangers quand nous avons les compétences nécessaires ? Il faut qu’on ait confiance dans nos institutions.

La question des bourses fait obstacle…
On ne peut dire qu’on a plus de confiance en Cambridge. On ne sait exactement quelles sont les mesures de sécurité qu’ils prennent au niveau de Cambridge. Allons dire que les examens de SC peuvent être organisés à Maurice. Petit à petit, on pourra aller vers nos propres examens mais qui sont internationalement reconnus.

Mais comme beaucoup de pays ont recours à l’IGCSE, cet examen permet de mieux jauger de la performance des candidats sur le plan international…
On peut aller vers l’IGCSE pour donner la possibilité aux élèves de choisir plus de matières et pour qu’ils puissent être promus plus facilement en Grade 12. Actuellement, il me semble que le taux de promus en Grade 12 va encore diminuer avec l’exigence de cinq Credits.

Le mot de la fin ?
Je demande qu’il y ait plus de communication entre le ministère et la population et qu’il y ait beaucoup plus de transparence dans les négociations entre le MES et Cambridge, surtout en ce qui concerne les sujets qu’on ne peut offrir en avril, mai, juin.

Lucien Finette (ancien directeur du MES) : « Avec l’IGCSE, on fait tout pour que l’élève réussisse »

Dans le sillage de la COVID-19, les candidats aux prochains examens du SC pourront exceptionnellement combiner les deux certificats SC et IGCSE. N’est-ce pas l’occasion de relancer l’idée de s’ouvrir à l’IGCSE ?
Cela fait longtemps que je dis que le SC, le GCE et le O-Level sont démodés. Le problème, c’est que Cambridge continue à les offrir. Il va selon les désirs du client… Mais l’IGCSE offre beaucoup plus de possibilités de développement. J’avais demandé plusieurs fois qu’on change et qu’on laisse tomber le SC qui est démodé. La COVID-19 aurait dû apporter ce bienfait. Moi, je pense qu’il faut changer le système.

Depuis plusieurs années, Cambridge encourage à remplacer l’O-Level par l’IGCSE. Qu’est-ce qui bloque Maurice en ce sens ?
Le conservatisme et le système de lauréats. Nous avons beaucoup de contraintes. J’ai toujours dit que nous sommes esclaves de 2 000 élèves, le nombre approximatif d’élèves qui concourent pour les bourses. On oublie souvent cela. Il y a quelque 11 000 candidats au HSC. Donc, environ 9 000 candidats ne sont pas intéressés par la bourse. À cause de ces 2 000 candidats qui concourent pour une bourse, tous les autres doivent pâtir des conditions imposées. Avec un tel système, on ne peut évoluer, on ne peut couvrir toutes les facettes d’une éducation moderne. Le SC vous demande de réussir l’anglais, entre autres matières. Autrement, vous n’avez pas le SC mais le GCE. Or, le concept de l’IGCSE est complètement différent. Vous avez des matières différentes. Vous avez un “syllabus”. Vous réussissez dans ce “syllabus”, vous avez un IGCSE dans ce “syllabus”. Vous pouvez combiner les matières et obtenir sept “Pass”. Ce sont des examens modernes. C’est comme un antibiotique de large spectrum, qui va chercher large. Il va chercher tous ceux qui ont appris quelque chose. Il ne laisse pas sur le bord du chemin ceux qui ne s’adaptent pas à un “syllabus” strict. Il y a plusieurs niveaux d’examens pour éviter qu’il y ait un seul type d’examens, qu’il y ait des élèves qui ont fini et qui regardent par la fenêtre pour attendre que le temps passe. Cela, parce qu’ils n’ont pas l’intention de répondre à des questions qui ne les intéressent pas. Ce qui fait qu’il y a plusieurs types de diplômes. On tient compte de l’attitude de l’élève, de son niveau. Mais personne ne vient avec un échec. Il y aura une réussite à son niveau. Il en sortira content. On peut faire l’examen en deux fois aussi. Il y a une certaine souplesse que nous n’avons pas dans le SC. Si vous ne correspondez pas au SC, vous échouez. Quant à l’IGCSE, on fait tout pour que l’élève réussisse…

Certains trouvent que le niveau de l’IGCSE est moins bon que celui du SC…
Non, c’est faux. Il y a trois niveaux : moyen, élevé et moins élevé. Comme si vous aviez E, C, A et A+.

Ceux qui s’intéressent aux bourses de lauréat peuvent-ils trouver leur place dans ce système ?
Il s’agit là du niveau de Form V (Grade 11). Mais, quand l’élève sort de là, il prendra les A-Level. Le problème, c’est que dans notre système actuel, il faut avoir cinq Credits, etc. alors que dans l’IGCSE, il n’y a pas tout cela. Dans la mesure où vous avez à faire un parcours, vous pouvez le faire en deux ans, vous arriverez à la fin de votre parcours pareillement. C’est une autre approche pédagogique. En Advanced-Level (HSC), on peut changer des choses si on veut, mais sinon on peut le garder comme il est. Moi, j’avais mis le HSC professionnel, qui était quelque chose de nouveau qui ne comportait pas de bourses. Vous avez tout votre temps pour le préparer mais vous en sortez en tant que professionnel.

Comment cela se passerait-il si on optait pour l’IGCSE au niveau du SC et qu’on gardait les bourses pour les A-Level ?
Pour moi, tout le monde devrait pouvoir obtenir une bourse comme c’est le cas actuellement avec des bourses sociales. Toutes les bourses devraient être comme cela, plus quelques bourses d’excellence pour ceux qui ont vraiment excellé. Il ne faut pas qu’il y ait ce concours, ce “rush” pour les bourses. D’autre part, l’IGCSE offre une variété de matières, environ 85 “syllabus”. Encore mieux, chaque pays est invité à développer son propre “curriculum”. Si on a beaucoup de langues asiatiques, on intègre les langues asiatiques dans le “curriculum”. On peut développer le kreol, la religion, si on veut. Vous avez la possibilité d’adapter l’apprentissage des connaissances à ce qu’il vous faut. S’il faut plus d’études ayant trait à l’agriculture, aux sciences marines etc. Cambridge vous développe tout cela.

La compétition mène à l’excellence. Est-ce que l’IGCSE est un système qui fait de la place à la compétition ?
Non, c’est un système ouvert qui invite tout le monde. Il faut faire attention à ce genre de devise autour de la compétition. Vous en aurez un qui va exceller et des milliers d’autres qui vont rester derrière ! On ne veut pas d’élitisme à outrance. Il faut avoir des excellents, c’est sûr. Il faut permettre à ceux qui sont doués d’évoluer mais il ne faut pas faire en sorte que tout le monde se croie doué et se casse le nez. Celui qui peut sauter deux mètres de haut, qu’il saute mais celui qui saute à peine 50 cm, vous allez le mettre au pied du mur pour qu’il se casse le nez et qu’il se suicide ? Ce n’est pas ce qu’on veut. Il y a une différence. Permettre aux autres de monter n’est pas la même chose qu’obliger tout le monde de franchir la même barrière. L’IGCSE débouche sur le HSC. Il y a plein d’avantages mais le plus important, c’est de pouvoir développer en fonction des besoins du pays : l’agriculture, l’environnement, les sciences marines, etc. et non selon les besoins internationaux. L’IGCSE met l’accent sur la réflexion alors que le SC met l’accent sur la prise des notes et l’apprentissage par cœur.

Un dernier mot ?
Je souhaite qu’on change le système. On ne peut pas vouloir changer et rester en place. Je sens qu’en ce moment il y a une volonté de changer mais en même temps on ne veut rien perdre. Il n’y a rien à perdre. On a une sorte de réaction pour conserver des vestiges. On doit voir l’intérêt du pays, des enfants. Les enfants ne suivent plus, le taux de réussite baisse… Il faut un programme qui soit plus conforme à l’attente des élèves. On doit tenir compte d’autres types d’intelligence.