La plateforme de ventes en ligne (digital marketplace) eShops.mu figure aujourd’hui parmi les leaders de l’e-Commerce à Maurice. Depuis son lancement, durant le premier confinement, en mars 2020, eShops.mu a en effet progressé de manière fulgurante, avec plus de 100 000 transactions par mois et plus de 200 marchands opérant sur la plateforme.

Avec un tel succès, Sébastien Le Blanc, CEO d’eShops et de Multiple Internet Payment System (MIPS), envisage maintenant de développer le même service dans certains pays de la région. Pourtant, il y a un an, tout est parti de rien… « Comme MIPS est déjà spécialisé dans le paiement en ligne, l’année dernière avec le confinement, plusieurs clients, avec lesquels on travaillait, nous ont contacté en plein Lockdown pour nous dire qu’ils étaient en difficulté, car ils ne pouvaient pas vendre leurs produits et cherchaient une solution. Je ne sais pas pourquoi, mais subitement, le nom eShops.mu m’est passé par la tête et c’est comme ça que le projet est né. Nous avons acheté le Domain Name et avons conçu et lancé la plateforme », explique-t-il.

Si au début la plateforme comptait quelque 5 000 transactions mensuelles, aujourd’hui, ce chiffre est passé à 100 000. Plus de 200 marchands locaux y sont logés. Et contrairement à ce qu’on aurait pu penser, la popularité d’eShops s’est poursuivie, et ce même après la levée du confinement 2020. Car, faire ses courses en ligne est maintenant « trendy », selon Sébastien Le Blanc, et cela facilite la vie des consommateurs.

« Même moi, je commande tout en ligne et je n’ai pas mis les pieds dans un supermarché depuis plus d’un an », dit-il, cela d’autant que certaines enseignes de la grande distribution se sont également positionnées sur ce Digital Marketplace, y compris de grandes compagnies engagées dans les produits alimentaires. Mais pas seulement, car on trouve pratiquement de tout sur la plateforme de vente : du prêt-à-manger, des produits de bien-être, prêt-à-porter, du maquillage, des articles de décoration, des produits pour bébé, des livres, des services financiers, du high-tech et on peut même commander un taxi.

« La plateforme regroupe les marchands qui utilisent notre système de paiement, c’est un Listing et, quand vous cliquez sur un commerçant, vous êtes dirigé sur son site Internet qui est intégré à la plateforme. Pour certains commerçants, qui n’avaient pas de site, nous leur en avons conçu un gratuitement. Le système de paiement est intégré sur leur site Internet », explique Sébastien Le Blanc. Et eShops.mu se verse une commission de 0,5% sur chaque transaction.

Si eShops peut être perçue comme une plateforme intégrée aux yeux du consommateur, par contre Sébastien Le Blanc insiste qu’elle est « décentralisée », car chaque marchand reste maître de son site Internet et ce n’est que le paiement qui passe à travers la plateforme commune eShops. Et ce Digital Marketplace a été conçu de manière à ce que, pour chaque transaction, « le marchand reçoit l’argent en temps réel sur son compte bancaire », car c’est justement la philosophie du promoteur : « Que le commerçant ait son argent tout de suite et que cela ne transite pas par nous. Et cela évite les problèmes de Settlement », fait ressortir Sébastien Le Blanc.

Et qu’en est-il des cas d’abus et d’arnaques ? Sont-ils possibles sur eShops ? « On fait un monitoring étroit de nos marchands, mais nous les laissons libres de leurs choix. Cependant, ce que je peux dire, c’est que l’acte de paiement lui-même est rationalisé sur quelque chose de traçable. Donc eShops peut tracer de A à Z un paiement sur la plateforme et c’est utile en cas de litige. En cas de problèmes, les utilisateurs contactent le marchand et il arrive que certains nous contactent et nous faisons alors une enquête », explique Sébastien Le Blanc.

Il explique que c’est arrivé dans de rares cas que des marchands n’aient pas été à la hauteur, mais ce n’est pas tant par malhonnêteté, mais plutôt parce qu’ils n’avaient pas limité le nombre de commandes qu’ils étaient en mesure de gérer en une seule journée, donc ils ont été dépassés. « Dans ce cas, nous leur expliquons clairement les choses et, s’ils ne peuvent pas opérer, ils sont écartés de la plateforme. Mais généralement, la pédagogie avec les marchands fonctionne bien, car avec la vente en ligne, il ne faut pas éduquer uniquement le consommateur, mais aussi les marchands », fait valoir notre interlocuteur. L’important dans l’histoire, c’est que le marchand veille à ne pas ternir sa réputation.

La plateforme digitale, elle, poursuit son petit bonhomme de chemin. MIPS déploie actuellement une nouvelle version d’eShops pour les utilisateurs de smartphone. Ça, c’est pour la version 2, mais la version 3 est déjà en chantier, ce sera un “virtual mall”, promet Sébastien Le Blanc, sans en dire plus. Mais eShops ne s’arrêtera pas aux frontières mauriciennes.

En effet, le concept sera exporté dans la région, notamment à Madagascar, aux Seychelles et aux Maldives. « Nous finalisons des accords à cet effet, mais tout a été retardé à cause du confinement. Nous nous intéressons à l’océan Indien, mais aussi à l’Afrique de l’Est. Là-bas aussi, ils veulent avoir leur Digital Marketplace, car de plus en plus de personnes ne vont plus au supermarché. Cette année, nous devrions concrétiser nos partenariats dans les îles de la région, avec nos premiers pas à Madagascar, mais tout cela étant bien sûr tributaire de l’évolution de la pandémie », dit-il.

Quid des frais de livraison ?

Y a-t-il des abus en matière de frais de livraison par les marchands opérant sur eShops ? « Je n’ai pas le pouvoir de dicter un marchand, mais je remarque que certains offrent la livraison gratuite à partir d’un certain montant d’achat. Ce qui est un avantage. Mais en général, les frais de livraison varient entre Rs 150 et Rs 200. Le plus cher qu’on ait vu sur la plateforme, c’était une livraison à Rs 500, si ma mémoire est bonne. Mais attention, ce marchand offre un excellent service et vous livre vos produits dans un sac isotherme qui vous est offert. Il faut aussi tenir compte des frais de transport, etc. Mais c’est vrai qu’une partie de la population est très sensible au tarif de livraison. »