Le Commissaire électoral, Irfan Rahman, assistera à une réunion ce mardi en présence des fédérations en tant qu’observateur

La démarche de certains à vouloir solliciter l’avis des fédérations interpelle, alors que le CIO a déjà donné son opinion sur la question

C’est le Comité olympique mauricien (COM) qui est le seul habilité à décider de la candidature de l’ancien boxeur, Bruno Julie, l’unique olympien en lice, aux élections menant à la constitution de la Commission des athlètes. Cette précision nous a été donnée, vendredi matin, par un officier de la Commission électorale ! On nous confirme également la présence, en tant qu’observateur, du Commissaire électoral, Irfan Rahman, à une réunion convoquée par le COM, ce mardi après-midi à Trianon.
La question qui se pose, c’est pourquoi le COM s’obstine-t-il à ce point à solliciter l’avis des fédérations avant d’avaliser la candidature de Bruno Julie ? Cela, alors même que le Comité international olympique (CIO) a déjà donné son feu vert pour aller de l’avant avec le dossier concernant l’unique médaillé olympique mauricien (bronze en 2008) ! Dans ces conditions donc, la démarche du COM, par la voix de son président, Philippe Hao Thyn Voon, ne peut que nous interpeller.

Ainsi, apprenons-nous, une rencontre a été convoquée par le COM, ce mardi 9 février à 16h30 à Trianon. Une réunion où sera également présent le Commissaire électoral, Irfan Rahman, mais précise-t-on du côté de la Commission électorale, en tant qu’observateur uniquement. Il nous est aussi indiqué qu’il n’est pas de la prérogative du commissaire de convoquer une telle rencontre ou encore de décider à la place du COM concernant la candidature de Bruno Julie.

Des avis pourtant clairs !
à la commission électorale d’ailleurs, on dit être parfaitement au courant du fait que Bruno Julie est le seul olympien candidat et ce, après le retrait de la candidature de Merven Clair. Idem de la démarche du COM de solliciter l’avis du CIO sur la question. « Le COM nous a effectivement approchés par rapport à cette situation et nous n’avons fait que donner notre avis. Nous avons informé le COM qu’il existait deux options : soit prendre en compte la candidature de Bruno Julie, soit recommencer l’exercice de candidature à zéro. C’est donc au COM de décider et non à la Commission électorale », précise-t-on.

Il nous revient que, malgré les directives très claires du CIO et de la Commission électorale, le COM a quand même décidé de convoquer les fédérations ce mardi après-midi ! à bien comprendre donc, c’est aux fédérations qu’appartient la décision d’avaliser ou pas, la candidature de Bruno Julie. Tout simplement révoltant !

Aussi, avons nous appris de la Commission électorale, qu’au cas où l’option Bruno Julie est maintenue, une date d’élection devra alors être fixée. « Il est important de noter qu’en dépit du fait qu’il n’y a qu’un candidat, des élections devront tout de même se tenir pour élire le représentant olympien. Ce n’est qu’après que la Commission électorale déclarera élus tous les membres pour constituer la Commission des athlètes du COM », affirme-t-on.

Bruno Julie, un obstacle ?
Décidément donc, l’élection de la prochaine Commission des athlètes, ou plus particulièrement la candidature de Bruno Julie, semble ne pas vraiment faire plaisir à certains au COM. Et ce, malgré cette déclaration de presse de Philippe Hao Thyn Voon, suivant l’intervention du CIO. Il faisait alors comprendre : « Le CIO a expliqué que l’on pouvait faire une concession et j’ai trouvé cette démarche juste. Nous n’avons pas d’autre candidat de toute façon. »

Dans ces conditions, pourquoi remettre la candidature de Bruno Julie entre les mains des fédérations ? D’autant que la Commission électorale est venue simplifier la situation en évoquant cette option. Malheureusement au COM, on ne semble pas vraiment intéressé à valider le dossier en dépit du fait que les conditions sont en sa défaveur. C’est du moins l’impression que nous laisse le COM depuis fin 2020.
Car, il ne faut pas non plus oublier comment le COM a, dans un premier temps, essayé de faire obstacle à la candidature de Bruno Julie, pourtant appuyée par l’Association mauricienne de Boxe (AMB). D’abord en se suppléant à cette dernière en optant pour la candidature d’un boxeur encore en activité, Merven Clair, mais qui se désistera finalement ! La raison: son emploi du temps chargé en marge des JO de Tokyo et ceux de 2024 en France !

Ces écarts restés impunis
Il y a eu ensuite la démarche de Philippe Hao Thyn Voon de tenter un éventuel remplacement de Merven Clair par un autre boxeur en activité, mais qui est cependant en fin de carrière, nommément Richarno Colin. Sauf que ce choix n’est pas réalisable quand on sait que Richarno Colin est un employé du Mauritius Sports Council, organisme tombant sous la tutelle du ministère des Sports. Une solution pas compatible par rapport aux propres statuts du…COM !

Que cherche donc réellement le COM en voulant, à tout prix, solliciter l’avis des fédérations, cette fois ? Car autant que nous le sachions, le comité que dirige Philippe Hao Thyn Voon a le plein pouvoir pour valider, une fois pour toutes, la candidature de Bruno Julie. Ce qui est somme toute la meilleure des solutions en prenant en considération la position du CIO et celle de la Commission électorale. Pourquoi alors vouloir aller en sens inverse ? Espère-t-on ainsi renverser, dans une ultime tentative, la tendance en effectuant un nouvel exercice de candidature ? Alors que Philippe Hao Thyn Voon a, lui-même, reconnu qu’il n’y avait qu’un seule candidat olympien ?

En somme, ce sont les fédérations qui décideront ! Donc, pas le COM ! Ce qui démontre, si besoin est, à quel point le fonctionnement de cet organisme doit impérativement être revu. Si ce n’est que d’être démantelé. Sauf que le CIO, instance suprême du sport mondial, ne semble pas vraiment intéressé à sanctionner malgré les nombreuses entorses à la Charte olympique depuis septembre 2020 !