Chaque jour, des ‘‘food- packs’’ composés d’un repas équilibré sont distribués

L ’expérience de l’année dernière aidant, les principales ONG œuvrant auprès des groupes les plus vulnérables de la société, parmi les toxicomanes, les sans domicile fixe (SDF), les Mauriciens vivant avec le VIH et d’autres marginaux, répondent présent sur le terrain, tant en zone rouge qu’ailleurs. « Dans la mesure du possible et avec les moyens du bord », indiquentelles. De fait, Lakaz A, structure d’accueil et de soutien du GroupeAde Cassis, PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida) et le Centre Idrice Goomany (CIG) de Plaine-Verte multiplient leurs efforts pour que « tant nos patients/bénéficiaires que ceux qui rencontrent des difficultés en cette période compliquée de confinement, ne soient pas isolés ni abandonnés à leur sort ».

LAKAZ A
Ragini Rungen : « Éviterl’isolement des plus vulnérables »

Une petite équipe soudée assure une permanence pendant le confinement

Entourée d’une petite équipe réduite, mais soudée, Ragini Rungen, responsable de Lakaz A, cette “halfway home” du Groupe A de Cassis, située rue Saint-Georges à Port-Louis, y assure du lundi au vendredi une permanence d’une demi-journée. « Nous venons chaque jour préparer des ‘‘foodpacks’’ et avons passé le message que nous sommes ouverts pour que les démunis viennent les récupérer. Mais, bien entendu, en respectant toutes les consignes sanitaires d’usage ! » En temps normal, Lakaz A ouvre ses portes de 09h à 16h chaque jour de semaine, et certains weekends, tient des activités spécifiques avec ses groupes de parents, d’ados ou d’enfants. Les accueillis, pour ceux qui sont les habitués, bénéficient de la possibilité de prendre une douche et de laver leurs vêtements. « Ils nous confient aussi leurs cartes de patient des hôpitaux, et nous conservons aussi leurs médicaments, pour ceux qui n’ont pas un toit au-dessus de leurs têtes », explique notre interlocutrice. « Mais comme là, nous sommes dans une situation particulière, nous ne pouvons offrir ces mêmes prestations », ajoute Mme Rungen. Par contre, outre la préparation de ‘‘foodpacks’’, au quotidien, la responsable du centre, ainsi que quelques membres descendent dans les rues, surtout au jardin La Compagnie, où nombre de SDF passent beaucoup de temps, le jour. « C’est ainsi qu’avec l’aide d’un policier très sensible à la cause des démunis, M. Attock, un grand nombre de SDF et de toxicomanes ont pu se faire vacciner ! » Rotis, pâtes, crêpes, puddings et céréales composent les paquets alimentaires que l’équipe de Lakaz A remet à la cinquantaine (certains jours, le nombre augmente) de personnes qui se rendent au siège de la structure. «On leur offre une alimentation équilibrée », souligne Ragini Rungen. « De cette manière, nous nous assurons que même si ces personnes vulnérables ne peuvent disposer des facilités habituelles que nous leur offrons, au moins, elles ne dorment pas le ventre vide ! »

Ragini Rungen mentionne que « depuis l’an dernier, heureusement, nous avons l’aide de bon nombre de mécènes » qui viennent en aide aux plus vulnérables et démunis. Port-Louis est un endroit où, lors du premier Une petite équipe soudée assure une permanence pendant le confinement confinement, nous avions recensé un grand nombre de SDF, dont des adolescents et des enfants. Entretemps, plusieurs personnes, individuels et groupes, sont venues joindre leurs efforts. Il y a ainsi Diana Flore et le groupe Tonnelle qui donnent à manger, chaque jour, eux aussi. « Ce sont des initiatives très louables et que nous devons soutenir et saluer. » L’idée, rappelle notre interlocutrice, « étant que ces personnes qui ont chacune des parcours différents ne se retrouvent pas coupées des autres et esseulées en cette période très difficile. »

Le Canada à la rescousse des artisanes de Bazart Kreasion

ENL Foundation a bénéficié l’année dernière un financement de Rs 600 000 du « Canada Fund for Local Initiatives » (CFL) dans le but d’atténuer l’impact socio-économique et sanitaire de la Covid-19 sur les activités de Bazart Kreasion. N’ayant plus accès à sa clientèle principale, à savoir les hôtels qui sont fermés en raison de la pandémie de Covid-19, Bazart Kreasion met ce temps d’arrêt forcé à profit pour élargir son champ de compétences. Bazart Kreasion est au point mort depuis que la pandémie de Covid-19 a bouleversé l’économie nationale. Les frontières du pays sont fermées, ainsi que les hôtels, principale source de revenus pour cette entreprise sociale qui y écoule ses produits artisanaux. L’équipe met ce chômage technique à profit pour enfiler sa tenue afin d’amorcer la reprise en meilleure forme. Elle a ainsi bénéficié du projet Rising Stronger conçu par ENL Foundation pour lui permettre d’ajouter d’autres cordes à son arc. « Nous remercions l’ambassade canadienne pour son soutien dans ces moments difficiles. Ce fonds nous a permis d’aider financièrement les dames de Bazart Kreasion. Les ventes d’objets artisanaux sont impactées par la Covid-19, ce qui est égal à pas de revenus pour ces artisans qui vivent de leur art. Grâce à ce fonds, nous avons également donné des formations aux dames afin qu’elles apprennent d’autres métiers qui leur permettront de rester à flot même en temps de crise », explique Mario Radegonde, Head of CSR chez ENL. Rendu possible grâce au soutien financier du Canada Fund for Local Initiatives, Rising Stronger propose une série de formations permettant à la trentaine d’artisanes de Bazart Kreasion d’approfondir leurs compétences techniques et humaines. Pendant plusieurs mois, celles-ci ont suivi des sessions de coaching au recyclage, à l’emballage, à la fabrication de bougies et à la pâtisserie, entre autres. Les bénéficiaires ont aussi eu des sessions de groupe avec une psychologue pour mieux surmonter leurs difficultés personnelles et pouvoir faire face au stress dans le but d’augmenter leur productivité. « Je suis couturière et je voulais élargir mes compétences. J’ai eu l’opportunité, à travers ces formations, d’apprendre rapidement toutes les techniques du crochet. J’en ressors avec plus de confiance en moi et je dispose maintenant de plus d’outils pour peut-être agrandir mon entreprise », confie Mariam Sadool, l’une des bénéficiaires.

Avec des dons de ses clients Jumbo soutient foodwise

Depuis début 2021, Jumbo prépare une opération, qui a été lancée le 8 dans les hypermarchés Jumbo Phoenix et Jumbo Riche-Terre. L’idée est simple : donner la possibilité aux clients de faire un don de denrées alimentaires de base, qui seront redistribuées par FoodWise aux familles mauriciennes dans le besoin. Pour faciliter la tâche des clients, des sacs déjà préparés, contenant près de 4,5 kg de denrées alimentaires de base, sont en vente au prix de Rs 250 (au lieu de Rs 333.25). Les clients peuvent donc acheter ces sacs et simplement les déposer dans les bacs prévus à cet effet à la sortie des caisses, mais ils peuvent également décider de les garder pour eux (car le prix est très avantageux, selon les responsables de Jumbo) ou encore de les distribuer eux-mêmes à leurs voisins ou connaissances qui pourraient en avoir besoin. Dans tous les cas, l’achat d’un sac de denrées de base est un geste solidaire, qui permet d’aider des familles dans le besoin, car, en effet, pour dix sacs vendus, Jumbo en donnera un supplémentaire à FoodWise. Cette opération – qui bénéficie aussi de la participation d’Agiliss – est à unique but solidaire et non lucratif. Jumbo et Agiliss ne gagnent pas d’argent dans cette opération et ingèrent les frais de logistique, d’emballage et de communication. Agiliss est, rappelonsle, un fournisseur de produits de grande consommation, représentant plusieurs marques, dont Leader et Orient. Pour ce qui est de Jumbo, rappelons que l’enseigne a été rachetée en 2020 par le Groupe Bernard Hayot, qui développera ensuite les magasins Jumbo sous l’enseigne Carrefour, dans l’idée d’apporter de la nouveauté aux Mauriciens et répondre à leurs attentes. Quant à FoodWise, il s’agit d’une entreprise sociale qui lutte contre le gaspillage et l’insécurité alimentaire. Elle aide les entreprises agro-alimentaires à redistribuer leurs invendus ou surplus à des associations qui viennent en aide à des personnes vulnérables. En deux ans, FoodWise a sauvé 560 000 kilos de nourriture, soit l’équivalent de plus de 2 200 000 repas.

PILS
Kunal Naik : « Toucherle maximum de béné!ciaires malgré les diffcultés »

Qu’il s’agisse de ses locaux abritant son département administratif, ou de son tout nouveau centre Nou Vi La, tous deux sis dans la capitale, les membres de PILS s’activent au quotidien, même en cette période de confinement ! « D’ailleurs, tout notre staff administratif vient soutenir l’équipe qui est active sur le terrain, en ce moment », explique le directeur de plaidoyer, Kunal Naik. « Forts de l’expérience de l’année dernière à notre actif, où nous sommes sortis déjà, pour aller vers nos bénéficiaires, afin de leur apporter d’une part leurs médicaments, et dans le même souffle, des packs alimentaires, pour être sûrs qu’ils ont de quoi se nourrir convenablement, cette année-ci encore, nous n’avons pas eu à développer des stratégies nouvelles ! De fait, nous avons plusieurs équipes, même si nous n’avons pas eu le nombre de WAPs demandé, qui sillonnent le pays, chaque jour, avec des ‘‘foodpacks’’ et des médica- ments que nous allons déposer pour nos bénéficiaires.

Cela, afin qu’ils n’aient pas à prendre de risques et bougent pour aller soit vers des hôpitaux, où ils s’approvisionnent en médicaments, ou pour venir au centre pour avoir de quoi se nourrir. » Et de poursuivre : « Les équipes de PILS se déplacent partout, aux quatre coins du pays, selon une liste que nous avons élaborée afin que chaque patient soit inclus. Et nous nous rendons aussi dans les zones rouges afin qu’aucun patient ne soit pénalisé. » L’une des difficultés majeures que rencontrent les animateurs de PILS est le fait que les bénéficiaires n’ont pas de téléphone. « De ce fait, nous avons déjà, heureusement, une banque de données, au niveau de notre centre, où nous avons identifié des proches ou des voisins qui vivent dans l’entourage de ces patients. Nous communiquons avec eux et eux font le relais auprès des patients, pour qu’ils sachent quand et où on viendra leur livrer ce dont ils ont besoin. » Souvent, reconnaît M. Naik, certains patients sont inaccessibles du fait que là où ils vivent, on ne peut y accéder par voiture. « On laisse alors notre véhicule et on demande à la personne ou un proche de venir nous rencontrer à michemin…» L’essentiel étant, relève notre interlocuteur, « que le patient ne soit pas pénalisé ni par manque de médicaments, ni par manque d’alimentation ».

Une foule d’aliments équilibrés, bien évidemment, composés de thé, céréales, huile pour la cuisson, du riz, de la farine, du thon ou des sardines en conserve, entre autres, sont remis aux patients. « De cette manière, on est rassurés sur le fait qu’ils peuvent manger et prendre leurs médicaments, comme il le faut. » K. Naik salue « les efforts du ministère de la Santé, une fois de plus, cette année, pour sa collaboration avec nos efforts, en nous permettant d’aller déposer les médicaments des patients ». Et d’ajouter : « Ça soulage énormément le fardeau de ces patients ! » Chaque équipe de PILS sort en binôme, chaque jour de la semaine, explique encore M. Naik. « L’un reste au volant, pendant que l’autre va à la rencontre des patients. Bien entendu, le tout en respectant scrupuleuse- ment les gestes barrières. Dans la foulée, nous remettons également, comme l’an dernier, des PPE (Protective Personal Equipment), comme des gants, des masques et du gel hydroalcoolique, à nos patients, car nous savons que les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont très fragiles, et donc vulnérables aux infections multiples. »