L'étal déplorable de la rue Gordon à Rose-Hill

Les automobilistes qui empruntent fréquemment les rues de Rose-Hill, dégradées depuis deux ans par des travaux d’excavation, sont à bout. Ils font état de dommages considérables et répétitifs aux pneus et au système de suspension de leurs véhicules. Le maire des villes sœurs, Ken Fong, dont la voiture a été endommagée à la suite d’un passage dans un nid-de-poule à la rue Sir Celicourt Antelme, a été soumis au feu roulant de questions des conseillers de la ville lors du conseil municipal du 30 juin dernier. Olivier Barbe et Alain Letandrie, respectivement conseillers du PMSD et du MSM, ont interpellé Ken Fong sur « l’état pitoyable » des rues de Rose-Hill et ont ont voulu savoir si un plan de « resurfacing » est prévu bientôt pour remédier à la situation.

Le maire a d’emblée fait ressortir que ces travaux d’excavation entrepris depuis le 19 juillet 2017 avaient pour but de remplacer plusieurs kilomètres de tuyaux à Rose-Hill afin de résoudre les problèmes occasionnés par la pénurie d’eau. Compte tenu du nombre élevé de plaintes enregistrées depuis deux ans à l’encontre du mauvais état des routes, Ken Fong indique avoir « pris le taureau par les cornes » avec la mise en place d’un comité constitué des représentants de la CWA qu’il préside depuis le 13 février 2019. Le maire a précisé que six réunions ont été organisées jusqu’au 26 février 2020 pour dresser un constat de la situation, tout en rappelant que la septième réunion prévue le 18 mai a dû être reportée à cause du confinement.

Procès-verbaux à l’appui, Ken Fong a souligné que « the CWA was formally informed that several roads have been damaged by the contractors and urgently needed the necessary works and that reinstatement works carried out at some places were of poor quality. » Avant qu’il n’ajoute que « l’ancien directeur de la CWA, Yousouf Ismaël, était présent à la réunion du 7 mai 2019 et qu’il a été établi que les travaux de remplacement de tuyaux vétustes qui devaient être complétés en octobre 2019 accuseront du retard à la suite des travaux du Metro Express à Rose-Hill. » Outre le retard lié à la fin des travaux de fouille de la CWA, l’élu du ML a indiqué que la Covid-19 et la pénurie d’asphalte sont autant de raisons qui justifient le retard derrière la réfection du réseau routier à Rose-Hill.

« Que la mairie le fasse elle-même »

Dressant un tableau de la situation, le conseiller orange Alain Letandrie a fustigé « la mauvaise planification et un manque flagrant de synchronisation lors des travaux entre la CWA, le CEB et les autorités concernées. Bien souvent, les citadins se rendent compte que les rues fraîchement asphaltées font l’objet de fouilles conséquentes quelques jours plus tard. Cette situation ne peut plus durer. Les conseillers doivent être capables de surveiller étroitement les contours des travaux de cet acabit. » Olivier Barbe a quant à lui déposé une pétition signée par une cinquantaine d’habitants et d’automobilistes affectés par l’état pitoyable des routes.

En guise de réponse, le maire a indiqué que: « Je rencontrerai la semaine prochaine le nouveau ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, et nous mettrons les choses au point. » Le conseiller Barbe a alors interrompu le maire pour lui demander sur le ton de l’ironie si Joe Lesjongard sera plus utile et meilleur que son prédécesseur (Ivan Collendavelloo) dans la gestion de la crise. Piqué au vif, Ken Fong dira qu’il ne cédera pas à cette bassesse et ne répondra pas à cette question.

Les nids-de-poule ont donné lieu à un débat houleux entre le conseiller du PMSD Zaed Nanhuck et son homologue du ML Vishwamitra Ramjee. Zaed Nanhuck avait au préalable contredit les propos de Ken Fong sur l’état des routes à Vandermeersch, estimant que « plusieurs avenues sont dans un état déplorable depuis deux ans. » « Si la CWA, qui dispose d’un budget conséquent, n’est pas capable d’entreprendre les travaux dans le plus bref délai, que la mairie le fasse elle-même et réclame par la suite l’argent à la CWA, qui fait preuve d’incompétence depuis trop longtemps », soutient Zaed Nanhuck. Ce qui n’a pas été du goût de Vishwamitra Ramjee qui a qualifié le mot utilisé par son collègue comme étant « unfair. » Le ton est alors monté d’un cran entre les deux conseillers, Zaed Nanhuck insistant sur le fait que « le terme incompétent, ce que la CWA représente vraiment depuis cinq ans, n’a rien d’injurieux »