Sur les conseils de leurs hommes de loi, le député Eshan Juman et l’activiste social Bruneau Laurette, ont refusé catégoriquement d’être interrogés par le Central CID ce lundi à moins que leurs hommes de loi aient au préalable eu une rencontre avec le Commissaire de Police.

Ces derniers étaient convoqués au Central CID ce lundi matin, après leur participation à un rassemblement à Port-Louis en soutien à la Palestine le 16 mai.

L’avocat du député Eshan Juman, Shakeel Mohammed, parle d’une politique de deux poids de mesures quant à la prise de position de la police pour faire respecter la loi concernant les rassemblements. Ce dernier souhaite ainsi s’entretenir d’abord avec le Commissaire de police afin discuter de l’approche de la police dites « non-démocratique » et « avoir l’assurance qu’il n’y aura pas de parti pris dans cette affaire ». Il souhaitait en ce sens remettre une lettre et des photos au Commissaire de Police, Kemraj Servansingh.

Néanmoins, on leur a fait comprendre que le Commissaire de Police était indisponible à l’heure où il se tenait devant les marches des escaliers menant à son bureau. Ce dernier se trouvait au PMO pour sa rencontre avec le Premier ministre.

Shakeel Mohamed a ainsi remis au secrétaire du Commissaire, en présence du responsable du police press office, l’inspecteur Shiva Coothen deux enveloppes contenant une correspondance à remettre au Commissaire de police et au patron du Central CID, le DCP Hemant Jangi.

Dans la lettre devant être remise au CP, Shakeel Mohammed évoque le fait qu’il y a une « damaging strong perception » quant aux convocations aux casernes centrales. Énumérant des événements et en y annexant des images où des ministres ont été vues en présence de plus de 10 personnes, dont un récent évènement où le Premier ministre est vu sans masque à l’aéroport, l’avocat Shakeel Mohammed déplore qu’aucun membre du gouvernement n’ait été sollicité au Central CID pour y être interrogé, alors que « le Central CID n’hésite pas à convoquer les personnes qui sont des adversaires politiques connus du régime au pouvoir ».

Toujours par voie de courrier déposé aujourd’hui au commissaire, Shakeel Mohammed déclare qu’il espère que la police traite tous les citoyens de manières égales et indique avoir avisé son client de ne pas se rendre au CCID, car il souhaite d’abord rencontrer le commissaire de police urgemment afin de discuter de la manière dont ce dernier pourra garantir aux personnes concernées que la mauvaise perception susmentionnée n’est en fait pas une réalité.

Par la suite, lors d’une déclaration à la presse dans devant les bureaux du CCID, Shakeel Mohamed a argué qu’il trouve « inacceptable que des ministres et le Premier ministre sont immunisés », car membres du gouvernement. Il estime « inacceptable » que ses clients doivent se présenter au CCID « pou donn lanket », alors que ceux du gouvernement ne sont pas inquiétés après avoir été photographiés en public, parfois sans masque et regroupés à plus de 10 personnes.

«  Ce n’est pas possible d’être  »politicaly blind » volontairement », ajoute Shakeel Mohammed.

Les avocats Rama Valayden, Sanjeev Teeluckdharry, Anoup Goodary, Akil Bissessur, entre autres étaient présent aux casernes centrales ce matin.

De son côté, Bruneau Laurette, est d’avis que « la loi est pour tout le monde ».

« Lorsque le Commissaire nous convoquera, cela démontrera que tous les citoyens sont égaux et que le PM et son gouvernement n’est pas au-dessus de la loi. Nous sommes disposés à nous conformer à la loi, mais pas à la dictature de la police ni du Premier ministre », a déclaré l’activiste.

Bruneau Laurette indique toutefois avoir « mis une entrée au CCID » afin d’officialiser sa présence ce lundi.