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Raj Matadeen, directeur par intérim de la CWA :   « Je ne parle pas sans l’aval d’Ivan Collendavelloo »

Rose-Hill, Belle-Rose, Holyrood, Cité Martial, Plaine-Verte, L’Escalier et Chemin-Grenier sont autant de régions affectées par des coupures récurrentes d’eau. Difficile dans ces conditions de bien appliquer les mesures d’hygiène pour se prémunir contre la pandémie. Aussi, des dizaines de milliers de Mauriciens sont en plein ramadan actuellement. Ceux affectés par cette pénurie en appellent aux autorités afin de rééquilibrer la distribution d’eau.

Le manque d’eau est monnaie courante à Chemin-Grenier, à tel point que la polémique s’amplifie sur les raisons de ce déficit récurrent. Les habitants de ce gros bourg du Sud de l’île en ont ras le bol. « Je me souviens de la grosse manifestation de décembre 2018, où une centaine de riverains étaient descendus dans les rues du village pour protester contre le fait que nos robinets étaient à sec depuis une semaine. Il a fallu qu’on obstrue la route pour avoir satisfaction », nous confie un habitant du village. « L’eau coule avec parcimonie à partir de 5h30 le matin et s’arrête à 8h. Comment voulez-vous qu’on respecte les mesures sanitaires dans ces conditions, d’autant plus que j’ai quatre enfants et que nous sommes en période de ramadan », s’offusque Niazam.

Certains témoignages d’habitants de Chemin-Grenier font état de « nonchalance » de la part de la personne qui a la responsabilité d’ouvrir les vannes dans un bâtiment de la CWA à Chamouny. « Il est souvent en état d’ébriété. Par conséquent, il lui arrive de dormir et faillir à sa responsabilité d’enclencher la distribution d’eau pour les habitants de Chemin-Grenier », affirme un riverain. Contactée par Week-End pour faire la lumière sur ce problème, la responsable de communication de la CWA, Dorina Prayag, comme il est de coutume depuis janvier, a renvoyé la balle à Raj Matadeen, directeur par intérim de la CWA, lequel nous a déclaré que « je ne parle pas sans l’aval du ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo ! »

La situation est également préoccupante dans un autre village du Sud, en l’occurrence à L’Escalier, où l’eau coule uniquement pendant deux à trois heures quotidiennement depuis un an. « On a la même explication de la part de la part de CWA depuis 2019. Des officiers nous rabâchent qu’il y a des problèmes de tuyautage et que tout sera rétabli sous peu. Notre patience a des limites » s’insurge un riverain. Les coupures d’eau se multiplient aussi dans certains quartiers de la capitale. Les résidents de Cité Martial et Plaine-Verte dénoncent le fait que l’approvisionnement de l’or bleu se fait de manière sporadique. « Enn kou li koule gramatin, lot kou tanto. Nou bizin kone pou nou pran prekosyon », déplore Nafiza, qui réside à la rue Magon à Plaine-Verte.

Les restrictions d’eau concernent également des régions des Plaines-Wilhems. Week-End avait fait état dans ses colonnes, le 22 mars 2020, des problèmes rencontrés par les habitants de Belle-Rose, de Holyrood à la croisée Diolle et de  Rose-Hill à la rue Ambrose. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation ne s’est guère améliorée depuis. « C’est un problème dont les habitants se plaignaient bien avant le début de l’épidémie. L’eau coule entre 20h et 21h, et des fois le matin entre 4h et 5h », nous confie une habitante de Holyrood. « On a l’impression que la CWA ou d’autres personnes ont une dent contre nous, car cette situation n’a que trop duré », déplore pour sa part une habitante de la rue Ambrose à Rose-Hill. À Belle-Rose, les habitants ont été informés que ce sont les travaux du Metro Express qui perturbent la distribution d’eau. Leur calvaire risque de durer avec la reprise des travaux cette semaine par les ouvriers de Larsen & Toubro.