– L’acitiviste affirme avoir déjà réglé la note depuis le 17 juillet dernier, alors que la plainte n’a été déposée au CCID que le 16 septembre

C’est un retournement de situation pour Bruneau Laurette hier alors qu’il s’est rendu au CCID pour loger une plainte pour “false malicious denunciation” contre le directeur d’une agence de location de voitures. Les enquêteurs l’ont informé qu’il sera arrêté pour “issuing cheque without provision”. L’activiste a retiré un document portant la signature du directeur attestant qu’il a déjà réglé la facture depuis le 17 juillet. La police l’a alors informé que c’est « un délit d’émettre un chèque sans provision ». Sauf que la plainte en question (OB 963/2020) a été déposée au CCID à 12h47 le 16 septembre, soit deux mois après que l’affaire entre les deux parties a été réglée. « Mo ti pe atann bann kou ba », a déclaré Bruneau Laurette après sa remise en liberté sous caution contre une caution de Rs 20 000.
Son avocat, Me Sanjeev Teeluckdharry, a demandé en Cour que la charge provisoire soit rayée. L’affaire a été appelée en cour le 14 décembre. Entre-temps, l’activiste social doit se présenter au poste de police le plus proche de son domicile chaque samedi entre 6h et 18h. De son côté, le directeur a retiré sa plainte à la police. Auparavant, ce quinquagénaire avait déclaré dans sa version des faits que, depuis août 2019, il a accepté de louer une voiture à Bruneau Laurette pour un contrat long terme contre paiement de Rs 4 500 par semaine. Il soutient que, le 9 juillet, l’activiste social lui a remis un chèque de Rs 8 000 que sa banque a retourné le 13 juillet pour “insufficient funds”. Bruneau Laurette dit avoir réglé la note en liquide quatre jours plus tard, comme l’atteste le document fourni par l’agence. Sauf que, du côté du CCID, on estime qu’il a commis « un délit » en remettant un chèque sans provision, et ce même s’il y a eu remboursement. La police avance que Bruneau Laurette a déjà été condamné à une amende de Rs 7 000 en octobre 2015 pour un délit de “issuing cheque without provision”.
À sa sortie du tribunal, Bruneau Laurette a réitéré son engagement pour combattre « ce gouvernement, la corruption, le népotisme et le communalisme ». Et de préciser : « Si lopozision pa kapav fer travay-la, mwa enn sitwayin, mo pou fer travay-la. » Suite à son arrestation qu’il a qualifiée de « rapide », il demande à la police : « Kot sa bann Case monn mete kont bann minis-la inn arive ? Komie letan sa pe pran ? » Profitant de l’occasion, il dit noter que « le Premier ministre et ce gouvernement tolèrent le communalisme dans le pays ».
Il a de même fait état des propos communaux écrits sur les réseaux sociaux et devait mettre en parenthèse un message qu’aurait posté le beau-frère d’un ministre. « Pena arestasion lor sa bann zafer-la ? Isi lor enn zafer monn fini Settle, pe aret mwa ! » L’activiste social dit qu’il est « prêt à faire de la prison ». Il ajoute : « Me mo pou kontinn konbat kont sa sistem kominalis-la. Bizin ki le morisianism prime. Lil Moris apartenir a tou dimounn e non pa a mwa, ou o Premie minis. »
Bruneau Laurette dit avoir demandé la permission au commissaire de police pour une manifestation devant le domicile de Pravind Jugnauth. Il explique cette décision en soutenant que l’ICAC « inn ouver enn lanket lor sa terin-la swit a sertin alegasion ». Il poursuit : « Personn pa o desi de lalwa, mem pa le Premie minis. Zisteman, se divan sa terin-la mem ki nou pe anvi manifeste. » Au cas où la police refuserait sa demande, Bruneau Laurette avance qu’il sollicitera la permission de tenir la manifestation dans la circonscription du Premier ministre, soit au No 8.
Me Teeluckdharry estime que « Bruneau Laurette est devenu l’homme à abattre, car il sait rassembler et fédérer la nation mauricienne ». Il ajoute : « Li pe lager pou linite ek morisianism. » Concernant l’arrestation de son client, il avance que « depi lontan nou pe dir Provisional Charge pe vinn enn abi ». Il poursuit : « Pe servi Provisional Charge kouma enn mekanism pou parsekit bann dimounn. » Il a rappelé que, selon le délit “issuing cheque without provision”, « la police doit montrer le chèque en question à mon client ». Et d’ajouter : « Pa finn ena tou sala. Zot (la police, ndlr) pena sek-la mem. Zot inn interoze lor baz Hearsay. Sa deba-la nou pou ekout sa le 14 desam. Eski sa arest-la li baze lor Reasonable Suspicion ou se enn Colourable Device To Intimidate My Client ? »