(Illustration : le sous-marin indonésien Alugoro-405) — Indonesia Defence Ministry / AFP

La marine indonésienne, engagée dans une course contre la montre pour localiser un sous-marin disparu avec 53 hommes à bord, a indiqué vendredi avoir détecté un « objet » flottant mais n’est pas certaine qu’il s’agisse du submersible.

Le KRI Nanggala 402, sous-marin construit il y a une quarantaine d’années, a plongé tôt mercredi matin au cours d’exercices militaires. Il n’a pas répondu aux signaux depuis et les autorités militaires estiment que les réserves d’oxygène de l’équipage vont s’épuiser tôt samedi matin.

La marine a annoncé avoir détecté jeudi soir un « objet » non identifié fortement magnétique situé entre 50 et 100 mètres de profondeur.

Des navires de guerre équipés de sonars ont été déployés dans l’espoir qu’il s’agisse du sous-marin recherché.

« Nous n’avons que jusqu’à 03H00 demain (samedi) donc nous faisons le maximum d’efforts aujourd’hui », a expliqué le porte-parole des forces armées indonésiennes Achmad Riad à des journalistes. « Nous espérons avoir une bonne nouvelle ».

Une nappe d’hydrocarbures repérée au nord de l’île de Bali où le submersible a plongé laisse craindre cependant une possible rupture du réservoir, voire une dislocation du sous-marin, selon les experts.

Les autorités militaires avaient annoncé initialement que le submersible pouvait avoir coulé jusqu’à 700 mètres de fond, une profondeur bien plus grande que celle pour laquelle il a été conçu.

Le sous-marin de fabrication allemande avait demandé une autorisation de plonger dans le cadre d’exercices militaires comprenant le tir de torpilles avant de disparaître.

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi l’envoi de troupes aéroportées pour aider l’Indonésie. Deux navires militaires australiens sont aussi en route, ainsi que des renforts d’Inde et de Malaisie.

Singapour a dépêché un vaisseau spécialisé dans les secours aux sous-marins, le MV Swift Rescue, qui devrait arriver sur zone samedi.

– « Peu d’oxygène » –

Mais l’espoir de sauver l’équipage de 53 personnes diminue rapidement.

« S’il y a des dommages importants sur le vaisseau, cela pourrait signifier plusieurs choses, par exemple que l’espace disponible pour l’équipage est très restreint et qu’il y a peu d’oxygène », a observé Collin Koh, spécialiste des affaires navales et chercheur à l’Ecole des Etudes internationales S. Rajaratnam de Singapour.

« Cela pourrait aussi vouloir dire que les réservoirs d’oxygène sont aussi potentiellement abîmés et cela diminuerait encore le niveau d’oxygène », a-t-il ajouté.

Les sous-marins sont équipés pour éviter l’accumulation de dioxyde de carbone, mais cet équipement pourrait aussi être endommagé ce qui présenterait un autre risque important, a-t-il ajouté, interrogé par l’AFP.

« Ce n’est pas seulement une question d’avoir assez d’oxygène, mais c’est aussi le niveau de dioxyde de carbone à l’intérieur qui pourrait déterminer le sort des sous-mariniers ».

L’Indonésie n’avait auparavant encore jamais subi d’incidents graves liés à ses submersibles mais plusieurs autres pays ont été frappés par des accidents de sous-marins meurtriers dans le passé.

En 2000, le sous-marin à propulsion nucléaire Koursk, le fleuron de la flotte russe du Nord, a sombré au cours de manœuvres en mer de Barents (nord-ouest de la Russie), entraînant la mort des 118 membres d’équipage.

Plus récemment, en 2017, le sous-marin de la flotte argentine San Juan, avec 44 marins à son bord, a disparu à quelque 400 kilomètres de la côte argentine.