Le marché de Port-Louis

Le coût de la vie a doublé, voire triplé. Tel est le constat général des consommateurs mauriciens, qui peinent à joindre les deux bouts depuis le confinement. Sans parler des difficultés financières ressenties par certaines familles dont un membre a perdu son emploi ou a vu son salaire réduit.

Valérie, cadre dans une entreprise privée de Phoenix et résidant à Curepipe, fait partie de la classe moyenne. Elle explique que les prix ont augmenté de manière drastique : « Nos poches sont vides. Mon mari et moi avons vu nos salaires diminuer en cette période de crise. Les dépenses, malheureusement, ne diminuent pas. Le gouvernement aide les entreprises à travers le Salary Scheme et la MIC notamment, mais qu’en est-il de nous, les pauvres consommateurs ? On n’a rien. On nous a oubliés. La vie est chère et notre roupie n’a plus de valeur. On importe trop. » Pour elle, la solution est toute trouvée : « Le gouvernement devrait donner des incitations pour augmenter la production locale. Ainsi, nous aurons plus de produits disponibles localement et nous pourrions nous en sortir. Mais, à force d’encourager la politique d’importation, voilà où nous en sommes aujourd’hui… »

Marie-Ange, elle, se désole de voir que les Mauriciens sont encouragés à acheter des produits mauriciens alors que ceux-ci sont plus coûteux que les produits importés. « Si on veut vraiment nous encourager à consommer mauricien, il faudrait baisser les prix ! Il n’y a que le prix des nouilles de cette marque locale très connue qui n’a pas accusé de hausse. Mais, on ne peut quand même pas consommer des nouilles tous les jours ! Prenez un jus d’une marque locale. C’est presque le même prix qu’un jus Ceres. Une boîte de thon locale est à Rs 60 ! Une seule boîte ne saurait suffire pour une famille. Un seul adulte qui mange bien pourrait manger à lui seul une boîte de thon », dit-elle. Marie-Ange regrette par ailleurs que l’on recommande à la population de manger sainement « alors que les produits sains ont connu au moins 20% de hausse ».

Renaud, habitant Rose-Hill, lui, peine à joindre les deux bouts. Avec trois adolescents à nourrir, il confie devoir diminuer de moitié la portion de nourriture quotidienne qu’il pouvait se permettre d’offrir à sa famille avant le confinement. « La vie est dure. Je ne peux faire autrement. Mais les adolescents ont faim et réclament toujours à manger », dit-il.

Une autre mère de famille confie, elle, avoir été choquée pendant le confinement de se retrouver à la caisse avec Rs 5 000 à payer au lieu de Rs 2 500 de dépenses pour les mêmes courses hebdomadaires qu’elle avait l’habitude de faire avant le confinement. « Comment faire, si vous n’avez pas cette somme d’argent à la caisse ? Le lait est passé de Rs 169 à Rs 225 ! Il faut maintenant attendre les promotions pour faire ses achats. Ce n’est pas toujours pratique, car il n’y a pas de promotions sur tous les produits qu’on doit acheter », déplore-t-elle.