Découragement palpable chez les habitants de Camp-Diable, Tyack, Rivière-des-Anguilles et Bonne-Terre demeurant sous le coup d’un strict confinement

Des interrogations sur l’assistance aux Self-Employed de ces localités avec l’incapacité prolongée d’opérer

Des habitants des quatre régions identifiées comme zones rouges dû au nombre de cas de contamination à la COVID-19 recensés ces dernières semaines, notamment les trois villages de la circonscription No 13, Camp-Diable, Tyack et Rivière-des-Anguilles, ainsi que Bonne Terre du côté du No 15, sont visiblement à bout de souffle. Et ce, vu qu’ils sont toujours bloqués chez eux malgré la deuxième phase du déconfinement national. Un sentiment de ras-le-bol et de frustration se dégage alors que le pays est passé en mode réactivation.

Dans la circonscription Rivière-des-Anguilles/Souillac des ministres des Finances et de la Santé, Renganaden Padayachy et Kailesh Jagutpal, respectivement trois villages portent toujours l’étiquette de Red Zones. Ils étaient au total six à avoir été décrétés ainsi le vendredi 30 avril, soit à la veille de la deuxième phase de réouverture du pays. Plusieurs cas de COVID-19 avaient été confirmés au niveau de ces endroits du Sud. Si depuis mercredi après-midi les villages de Batimarais, Bénarès et St-Aubin ne sont plus classifiés zones rouges comme annoncé le 30 avril, tel n’est pas le cas pour Tyack et Rivière-des-Anguilles et aussi Camp-Diable, qui avait été proclamé le 7 mai.
Ainsi, les habitants de ces régions du Sud sont essoufflés par le prolongement de leur confinement rendu plus strict d’ailleurs avec l’étiquette de Red Zone. « Dimounn finn per kan finn rekomans gagn ka lafin avril ek komansman me. An mem tan dimounn inn komans konpran si pa respekte konfinman, be vilaz pa pou sorti depi sa sitiasion-la. Me li kler ki bokou finn komans plin ar res lakaz », laisse entendre un jeune habitant de Camp-Diable. C’est aussi ce qu’affirme Farhad Jugon, planteur et aussi marchand de légumes de ce village, en centre de quarantaine. Il fait partie du groupe de personnes identifiées lors du Contact Tracing à la suite de la détection d’un cas positif parmi ses clients, soit connu comme le Camp-Diable Covid-19 Cluster.
« Misie kinn gagn COVID la inn dir li ti vinn aste legim kot mwa. Me pou le moman mo korek », affirme l’habitant de Camp Diable. Selon lui, les cas recensés durant la première semaine de mai ont provoqué une prise de conscience parmi les habitants. « Bann abitan finn realize ki si pa pran kont be zot pou tas an plas dan zonn rouz », soutient-il. Et d’avancer qu’à Camp-Diable, rien ne manque et que les habitants parviennent à se ravitailler comme il se doit. « Zis legim pe gagn impe difikilte. Seki mo pe tande ena trwa marsan legim ki dan karantenn parey kouma mwa », déclare Farhad Jugon.
Du côté du village de Tyack, l’on affirme ne pas encourir de gros problèmes en termes des produits et les besoins en consommation. « Kote manze bwar pena konplikasion. Tou pe pas bien. Dimounn pe pran zot prekosion kan pe sorti », affirme la conseillère du village, Guillaine Rateau. Cette dernière déplore toutefois un manque de communication de la part des autorités, dont particulièrement les élus du No.13, qui selon elle, ne donnent aucune indication sur le sort réservé à ceux affectés par le prolongement du confinement. Elle explique que les Self-Employed de cette région veulent savoir ce que le gouvernement compte faire en vue d’alléger leurs difficultés financières. « Ena bokou ki retrouv pe al lor trwa semenn dan lakaz ek pa kone si pou gagn ed avek gouvernman », poursuit la conseillère du village de Tyack.
Qui plus est, les habitants font aussi face à un sérieux problème de transport dans le Sud avec ces zones rouges toujours en vigueur et des opérateurs de bus desservant au ralenti les trajets au cœur de ces régions. « Pe gagn bel problem transpor. Ban bis ki sorti Mahebourg pa rod pas par isi ek ena mwins bis an sirkilasion. Ena fwa pe bizin atann plis ki 1h tan lor bistop », relate une habitante du Sud.

Certains parents d’élèves commencent aussi à se préoccuper de la rentrée scolaire prévue dans trois semaines. « Ena liv pou aste, iniform pou okipe, me pa kone ziska kan sa zone rouz la pou reste », ajoute-t-elle. Les citoyens ont aussi éprouvé des difficultés au niveau des retraits bancaires malgré l’installation d’une ATM mobile. L’on déplore qu’une somme d’argent a été facturée pour tout retrait autre que la SBM pour le service. Si ce problème a été réglé aux dernières nouvelles, certains habitants se demandent si cette facturation sera remboursée par les banques commerciales concernées.

Le même sentiment est palpable aussi du côté de Bonne-Terre, qui est classée zone rouge depuis le 8 mai après la détection de 12 cas de COVID-19. À peine la deuxième phase de la réouverture entamée – après avoir été longuement en zone rouge depuis mars avec le nombre de cas dépisté dans les Plaines-Wilhems –, Bonne-Terre s’est retrouvée une nouvelle fois sous le coup d’un confinement strict il y a presque deux semaines. Depuis, les habitants sont angoissés et affirment être à bout de leur mal pris en patience. En cette fin de semaine, certains habitants laissent entendre qu’ils sont à court de provisions notamment en termes de viande, de poulet et aussi de légumes.

Dans cette région de Vacoas, l’on affirme aussi qu’il y aurait qu’un seul ATM de la SBM en service. « Blie gran dimoun, manze ti baba mem pe gagn difikilte », affirme un jeune père de famille. « Pena bel laboutik nanyin par isi. E lorla pe komans gagn problem ravitayman gaz », poursuit-il. Et de souhaiter que les autorités prennent les dispositions qui s’imposent car après avoir été en deux fois depuis le 10 mars dernier en Red Zone, les habitants de Bonne Terre commencent à se sentir frustrés et par le fait d’être coincés chez eux.
L’on souhaite d’ailleurs qu’à l’approche des 15 jours depuis le 8 mai, le tag rouge soit enlevé et que la vie reprenne son cours normal dans cette région.