Alors que les autorités comptaient sur la vaccination des étudiants pour que les cours puissent reprendre normalement, un certain nombre d’entre eux sont toujours réticents à cette idée. Pour les deux premiers jours du programme vaccinal, une moyenne générale de 30% des étudiants, soit un sur trois, ont dit non au vaccin anti-Covid-19.

Si certains parents refusent de céder à la tentation de la vaccination pour leurs enfants, d’autres expriment de sérieuses réserves par rapport à des clauses du Consent Form. Des professionnels de la médecine se posent ainsi des questions sur ce qu’il advient des doses retirées du congélateur et qui n’ont pas été utilisées en raison des spécifications de ces vaccins.

Le deuxième jour de la vaccination des étudiants confirme la tendance du premier jour, avec un grand nombre d’absents dans certains collèges. Il a ainsi été constaté qu’une moyenne de 30% des étudiants ne sont pas venus se faire vacciner. La situation diffère toutefois selon les établissements. Au Collège Royal de Curepipe, par exemple, Vikash Ramdonee, le recteur, confie que 80% des étudiants ciblés, ont reçu leurs premières doses.

Ce qu’il regrette, en revanche, c’est que ceux qui sont en auto-isolement de 14 jours, conformément au nouveau protocole sanitaire, n’ont pu se faire administrer le vaccin. « L’exercice a pris un peu de retard chez nous et nous avons terminé bien après l’heure prévue. Je remercie les parents pour leur patience et tout le staff pour leur collaboration », fait-il comprendre. La tendance sur le plan national est toutefois différente. Lundi, des 4 317 étudiants sur la liste, 2777 étaient au rendez-vous du programme vaccinal Jagutpal/Joomaye (J & J).

Cette situation soulève des questions parmi les professionnels de santé qui se demandent ce qu’il advient des doses non-utilisées, avec autant d’absences. Le vaccin Pfizer doit être conservé à -60°C. Selon les indications du fabricant, une fois retiré du congélateur, il peut être conservé à une température entre 2°C à 8°C pendant un mois. Toutefois, la durée maximale de la transportation est de 12 heures. « Avec autant d’absents, nous espérons que le ministère de la Santé a pris les dispositions nécessaires pour bien conserver ces doses non-utilisées. Autrement ce serait du gâchis », font-ils comprendre.

Par ailleurs, la grogne se fait sentir dans certains collèges, car certains estiment avoir été pénalisés par le calendrier établi. Au terme des instructions du ministère de la Santé, seuls les étudiants âgés de 15 à 17 ans peuvent se faire vacciner. Or, de nombreux autres se retrouvent en dehors de ce groupe, avec un ou deux jours en plus. « Admettons que la vaccination est programmée dans un collège aujourd’hui et qu’un étudiant aura 15 ans demain. Il est automatiquement out. Or, un autre étudiant qui a la même date d’anniversaire, mais la vaccination dans son collège est prévu la semaine prochaine, aura lui, la chance d’obtenir sa dose. Cela s’applique aussi à ceux qui auront 18 ans. Ils peuvent être disqualifiés à cause d’un ou deux jours, alors que leurs camarades dans d’autres collèges seront éligibles, parce qu’ils seront vaccinés avant. Ce système crée des inégalités », regrette un recteur relayant le constat amer de ses élèves.

Il ajoute que l’on aurait dû donner leur chance aux étudiants dont la date d’anniversaire se situe pendant la période de vaccination. « Qu’un étudiant soit vacciné la veille de ses 15 ans ou au lendemain de ses 18 ans ne fait pas de différence. Du moment qu’ils sont toujours au collège, on aurait pu leur permettre de faire leur vaccin », dit-il.

La vaccination des étudiants se poursuivra jusqu’au 20 octobre. Le ministère de l’Éducation prévoit une reprise en présentiel pour tout le monde, sur cinq jours, à partir du 18 octobre. La question qui se pose est si ce plan sera compromis avec le nombre d’étudiants refusant le vaccin. Les autorités n’ont pas encore décidé de la marche à suivre pour cette catégorie d’étudiants. Les plus de 18 ans doivent impérativement présenter leur carte de vaccination pour avoir accès au collège.