En début de semaine, huit inhumations à ce cimetière réservé aux victimes du virus, dont celle d’un sexagénaire, décédé en auto-isolement

Les décès liés au Covid-19 s’enchaînant laissent craindre le point de saturation pour les enterrements sous protocole sanitaire

Avec la progression exponentielle du nombre de cas au Covid-19 et la succession de décès liés à la pandémie et non-déclarés, les autorités font face à un nouveau casse-tête. En effet, le cimetière de Bigara, qui accueille les inhumations de victimes au virus au terme d’un protocole bien établi, a presque atteint le point de saturation, poussant les plus perfides à avancer que les fosses de ce cimetière trahissent les données officielles de la Santé. En dehors du fait que le nombre de décès connectés directement ou indirectement au Covid-19 titille la barre des 80, vu que le ministre Kailesh Jagutpal a concédé une quarantaine de cas non classés officiellement, le début de la semaine a vu huit inhumations au cimetière de Bigara, dont celle d’un sexagénaire, qui a succombé au virus en étant en Self-Isolation à son domicile.

Pour en revenir à la situation au cimetière Bigara, les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que le manque de place pour des inhumations sanitaires se fait déjà sentir. Des discussions ont été enclenchées en vue d’identifier d’autres cimetières à cet effet et pour pallier la situation.

En parallèle, les équipes responsables de l’organisation des funérailles des victimes de la pandémie ont, elles aussi, fort à faire ces dernières semaines avec le nombre de décès enregistrés et les dépouilles convergeant toutes vers le cimetière Bigara. Si le ministère de la Santé a simplement communiqué deux nouveaux décès attribués au Covid-19 lundi après-midi, huit cortèges funèbres différents ont franchi le portail de ce cimetière depuis le début de cette semaine.

« Pe dir dimounn pa pe mor ek Covid ? Nek gete kantite lekor pe al kite Bigara ou pou fini konpran ki pe pase », affirme-t-on au niveau de l’enregistrement des décès. « Si pa pe mor ar Covid, be ti bizin les fami fer servis ek organiz dey zot pros kinn mor. Pe dir swadizan pa pe mor avek Covid, me tou lekor pe al Bigara », ajoute-t-on. En tout cas, la pression ne cesse de s’accentuer sur cette équipe qui se démène « contre vents et pluies » pour tenir ces funérailles en ligne avec les protocoles sanitaires établis.

« Sa bann dimounn ki pe organiz sa bann lanterman ek kremasion-la, eski lotorite pe pran zot kont kouma bizin ? Zot osi bann imin. Zot si bann per de fami. Eski pe donn zot soutien neseser ? Eski pe gete si zot pe protez zot mem ?», se demande-t-on au niveau de ce cimetière géré par la municipalité de Curepipe.

Avec le nombre de décès enregistrés et si la tendance se confirme, il n’y aurait plus de place au cimetière Bigara pour les morts du Covid-19. Des sources avisées indiquent que : « Nepli pou kapav kontinie fouy ankor pou anter dimounn ». Les milieux officiels commencent prendre conscience que Bigara ne pourra accueillir ces morts dans pas longtemps. Ce cimetière de Bigara ne peut tenir plus de trois crémations par jour. « Be ena jour pe gagn plizir ka. Kouma pou fer si sa tandans mor la kontinie ? », s’interrogent des responsables supervisant les procédures d’inhumation.

« Lotorite pa pe atribue lamor ar Covid, me pe ankor priv bann fami rann enn dernie omaz kouma bizin a zot pros. Ankor pe met lekor dan kes dibwa. Ki diferans ena ant ofisie saniter met lekor dan kes ek ou koman enn serkey pou met ou fami ladan ? », s’insurge-t-on.

Cette situation se révèle alarmante avec au moins huit décès qui seraient liés au Covid-19 depuis et dont le ministère aurait attribué seulement deux officiellement à la pandémie. Le dernier décès en date survenu hier matin à l’hôpital ENT, serait un Vacoassien, âgé de 67 ans. Ce chauffeur de taxi vacciné contre le Covid-19 avait été placé dans un centre de traitement la semaine dernière.

Les proches du défunt disent ne pas comprendre comment se déroule la prise en charge des patients admis dans les centres de traitement étant donné que ce sont eux qui ont donné l’alerte que le sexagénaire était mal en point. Autre décès recensé hier est celui d’un autre sexagénaire qui était, lui, en auto-isolement à son domicile à Lallmatie.  Ce village est gagné par l’inquiétude avec deux décès liés au Covid-19 survenus en  24 heures. Par ailleurs, une femme de 76 ans est décédée lundi à l’hôpital SSRN vu qu’elle était positive au Covid-19 alors qu’un quinquagénaire habitant Plaine-Verte est décédé à l’ENT.