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La mise en application du Rescue Plan Abdoula/Gokhool nécessitera une « Fresh Injection of Funds » de Rs 10 milliards mais susceptible de grimper jusqu’à Rs 15 milliards

La réunion des créanciers ajustée de 24 heures, soit le 28, pour prendre en compte les impératifs des Listing Rules

Le sort de la compagnie aérienne nationale d’Air Mauritius – le gouvernement misant sur une sortie sous administration avant la réouverture des frontières du 1er octobre –, sera décidé sur trois options. En effet, la Watershed Meeting of Creditors, reportée de 24 heures, soit le mardi 28 au lieu du lundi 27, pour prendre en considération les desiderata des Listings Rules et des dispositions de l’Insolvency Act en termes de délais à respecter, se déroulera en trois étapes vu que les créanciers de la compagnie aérienne nationale ont été classés selon trois catégories distinctes. Entre-temps, pour les quelque 2 300 employés d’Air Mauritius, le suspense est de mise jusqu’à la conclusion de ces délibérations, cela même si l’accord du gouvernement en principe pour une injection de Fresh Funds sous l’ombrelle d’Airports Holdings Ltd est acquis.

Aux termes de l’agenda arrêté par les administrateurs nommés, Sattar Hajee Abdoula et Arvindsingh Gokhool, les créanciers, classés en Class A, regroupant les Aircraft Lessors, le plus gros morceau, Class B, soit Hedge Counterparties, composante aussi importante dans les opérations de la compagnie aérienne et Class C, définie comme le General Body of Creditors, sont appelés mardi prochain à se prononcer par le moyen d’un vote sur les trois questions suivantes :
« to consider the Administrators’ opinion and the reasons for that opinion on:
(i) whether it would be in the creditors’ interests for the Company to execute a deed of company arrangement; or
(ii) whether it would be in the creditors’ interests for the administration to end; or
(iii) whether it would be in the creditors’ interests for the Company to be placed in liquidation. »

Toutefois, avant de prendre ce vote, les créanciers devront être en présence des détails du Rescue Plan élaboré par les administrateurs nommés en vue d’assurer un redécollage profitable dans un délai de trois ans au minimum. Le principal élément de la sortie d’Air Mauritius sous administration s’articule autour du Creditors’ Package arrêté en vue d’honorer les engagements financiers en suspens depuis le 22 avril 2020.

Pour être en mesure de satisfaire les principaux protagonistes à la Watershed Meeting du 28, les administrateurs nommés d’Air Mauritius ont bénéficié d’une assurance du Majority Shareholder, en l’occurrence le gouvernement, pour une injection de capitaux. À ce stade, aucune confirmation officielle n’est disponible même si dans des milieux bien avisés, le montant de Rs 10 milliards ne constituerait qu’un minimum, avec très probablement les Rs 15 milliards nécessaires, dépendant de la prise de position des Aircraft Lessors et autres en particulier.

Toutefois, la possibilité d’avoir recours au guichet de la Mauritius Investment Corporation Limited, filiale de la Banque de Maurice, pour le financement du Rescue Plan, s’éloigne. La raison est simple, de par son cahier des charges avec les Rs 82 milliards de devises étrangères la Mauritius Investment Corporation Ltd, est appelée à imposer toute une série de Conditionalities pour le déboursement de ces fonds. Dans la conjoncture, la New Air Mauritius, même sous l’ombrelle de la superstructure d’Airport Holdings Ltd, avec ses Rs 25 milliards, ne sera pas en mesure d’assurer les critères car « il faudra ces capitaux pour tout redémarrer » avec la réouverture des frontières…