Photo illustration

Depuis qu’un Temporary Restriction of Movement Order a été mis en place dans les circonscriptions 15, 16 et 17 en vue d’empêcher la propagation de la COVID-19 dans le pays, un Work Access Permit donne le droit aux habitants de ces régions de se déplacer s’ils sont dans les services essentiels ou si leur présence physique est absolument nécessaire au travail. Ces instructions, selon la direction de l’université de Maurice (UoM), sont suivies. Or, pour les syndicats de l’UoM, en s’écartant du protocole établi, ceux qui viennent travailler sont plus à risque.

D’ailleurs, une lettre a été envoyée par le président de l’University of Mauritius Staff Union, Iqbal Sookhroo, au président du conseil de l’UoM, Preeaduth Chitamun, à ce sujet. Elle se réfère à un courriel envoyé par le vice-chancelier de l’UoM, Dhanjay Jhurry, le 17 mars, soutenant que les employés avec un WAP peuvent entrer et quitter la zone rouge sans problème. Pour Iqbal Sookhroo, cette déclaration du vice-chancellor est « très sérieuse » étant donné, selon lui, qu’il encouragerait les employés à quitter la zone rouge et va à l’encontre de la Quarantine Act et du protocole établi. Le syndicaliste rappelle au président du conseil qu’une situation de crise règne avec le nombre de cas. « Le gouvernement a restreint les mouvements vers et depuis la zone rouge pour notre sécurité. Si on s’écarte de ce protocole, nous mettrons à risque la vie des autres en dehors de la zone rouge », peut-on lire dans la correspondance. D’ailleurs, dans la correspondance du vice-chancellor, mention avait été faite qu’un des pro-vice-chanceliers a dû traverser plusieurs barrages de la police. Et que d’autres collègues de l’UoM qui habitent la zone rouge ont également pu le faire. Le syndicaliste, remonté, demande s’il était nécessaire que le pro-vice-chancelier soit présent physiquement à l’UoM. Il cherche à connaître également le nombre d’employés qui ont circulé de la zone rouge vers l’UoM et si le courriel envoyé par le vice-chancelier respecte la circulaire du gouvernement envoyée le 12 mars. Iqbal Sookhroo demande aussi si des tests PCR ont été effectués sur ces employés étant donné qu’ils se sont déplacés sur le campus.

Iqbal Sookhroo a donné un ultimatum à la direction de l’UoM pour des réponses. Une lettre a aussi été envoyée au commissaire de police et aux ministères concernés pour vérifier la légalité de la déclaration faite par le vice-chancelier. De son côté, le président de l’University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU), Rajen Narsinghen, dira que ce problème est grave. Il soutient que ses membres l’ont contacté à ce sujet. Selon lui, certains universitaires n’ont pas eu le temps de prendre leurs effets au bureau et sont un peu affectés. Mais pour lui, ce sont les employés dans l’administration qui sont obligés de venir travailler.

À la direction de l’UoM, on souligne que tout est en ligne avec les circulaires reçues. En cas de manque de sûreté, des conseils appropriés auprès des autorités compétentes sont recherchés. « Nous avons donné des instructions claires à tous les chefs de départements sur la circulaire. Nous avons eu une requête de l’UMASU pour repousser le semestre académique qui était prévu le 15 mars de deux semaines. La raison était que plusieurs chargés de cours avaient laissé leur matériel au bureau. Maintenant, certains ont demandé le WAP pour qu’ils puissent récupérer leurs affaires », soutient le pro-VC, Mohammad Santally. Il dira que certains habitent la zone rouge et ont été autorisés à venir à l’UoM lorsqu’ils ont expliqué aux autorités la raison de leur déplacement. Et pour assurer que le travail est fait à l’UoM, il a soutenu que certains “non-academics” sont présents. « Ils doivent d’abord obtenir l’aval de leur directeur ou doyen avant de venir. » Et d’ajouter qu’au niveau de la direction, « tout est fait autant que possible pour que les employés de la zone rouge ne viennent pas travailler ».