L’AG extraordinaire du COM se déroule cet après-midi à Trianon

Voilà un sujet qui est revenu sur le tapis plus de six ans après. En 2014, à l’issue d’échanges de correspondances, le Comité international olympique (CIO) refusait avec raison le droit au mouvement sportif de Rodrigues, alors présidé par l’ancien sprinter Daniel André, d’instituer un comité olympique dans l’île. Or, cette demande n’a jamais été formulée par ce mouvement, qui avait plutôt évoqué la mise en place d’un Comité régional d’organisation sportive (CROS). Or, le Comité olympique mauricien (COM) a fourni une autre version au CIO. Ce sujet a donc ressurgi au cours du point de presse tenu par le comité de réflexion, mercredi dernier, et évoqué tour à tour par l’ancien ministre des Sports, Michael Glover, le président de la Maurtius Athletic Association, Vivian Gungaram, et Daniel André.

Le premier courrier daté du 4 avril 2014, portant la signature du secrétaire du mouvement sportif de Rodrigues, Ange-Raphaël Spéville, et adressée au COM, fait part de cette demande d’acceptation à l’instance olympique locale pour l’institution d’un CROS. Tout en soutenant respecter les règlements du CIO et du COM, et le voeu d’organiser une assemblée générale afin d’élire un comité exécutif. Reste que cette requête a été formulée de manière différente dans un courrier adressé le mois suivant, soit le 6 mai, à Jérôme Poivey, responsable légal du COM, par Philippe Hao Thyn Voon, président du COM. Ce dernier, alors réélu aux commandes de cet organisme, parle alors de « problème pratique, éminemment politique et très émotionnel », et « de terrible pression sur le COM, car l’émotionnel a pris le dessus. »

Philippe Hao Thyn Voon soutient sa prise de position en ces termes : « Les athlètes et dirigeants de Rodrigues, soutenus par leurs dirigeants politiques, demandent à avoir un comité olympique de Rodrigues autonome. Le COM leur a bien fait comprendre qu’ils ne peuvent réclamer une autonomie de gestion d’après la Charte Olympique, puisqu’ils ne sont pas reconnus comme un pays souverain. Ce sont les fédérations nationales qui sont membres du COM, et non les comités régionaux. » Mis devant ces faits, Jérôme Poivey, très diplomatiquement, fait alors comprendre à Daniel André et son groupe de respecter les décisions prises par le COM. « Il vous faut continuer à dialoguer et travailler étroitement avec le COM. Et ce, de manière constructive au développement du sport et des athlètes. »

Daniel André ne se tient pas battu pour autant et adresse un courrier à Jérôme Poivey, tout en y annexant la copie de la lettre adressée au COM. « Nous pensons que vous avez été mal renseigné par le COM, car nous n’avons jamais demandé l’institution d’un comité olympique à Rodrigues. » Tout en se référant au Comité olympique français qui a des CROS au niveau de ses différents départements, celui qui avait participé aux Jeux Olympiques de 1984 à Los Angeles affirme trouver logique qu’un CROS soit institué dans son île natale sous l’égide du COM. L’affaire n’aura alors pas de suite.

Six ans après, Daniel André n’a toujours pas digéré cette attitude adoptée par le président du COM. « En refusant d’instituer ce CROS, il a rabaissé Rodrigues et cet acte peut être qualifié d’antipatriotique. » Michael Glover avait de son côté parlé « d’injustice et d’insulte », à l’égard des Rodriguais, tandis que Vivian Gungaram avait évoqué « la manipulation des résultats d’un document. » Acte répréhensible, selon lui, en prenant comme exemple l’emprisonnement de Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme, pour avoir manipulé les cas de dopage concernant les athlètes russes.

Avec ce sujet revenu sur la table, Philippe Hao Thyn Voon soutient aujourd’hui qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il a tout expliqué à Jérôme Poivey. Il met également en avant le fait qu’un pays aussi renommé que l’Écosse ne possède pas de comité olympique, mais se trouve sous la tutelle de la Grande-Bretagne. Toujours est-il qu’il maintient désormais qu’un représentant de Rodrigues sera coopté sur le nouveau comité directeur institué à l’issue de la prochaine assemblée générale élective.