Production annuelle de 600 tonnes de fruits et légumes sous le label « Jardins de Médine »

Le groupe produit au total 3 200 tonnes de fruits et légumes chaque année

L’agriculture raisonnée et pratiquée sur trois sites de production, avec la rotation des terres, les brise-vent et l’utilisation contrôlée de produits chimiques

Avec 38% de ses terres dédiées à la culture de la canne à sucre, Médine Agriculture, qui joue un rôle de premier plan dans le développement et la protection des terres du groupe, mise sur agrinnovation. Pas moins de 3 495 hectares sont sous culture de canne à sucre et la culture vivrière, elle, couvre une superficie totale de 200 hectares, avec une production annuelle de 3 200 tonnes, dont 600 tonnes sous le label “Jardins de Médine”.
Médine est un groupe qui ne veut pas pratiquer n’importe quel type de culture. En effet, depuis plusieurs années, le groupe a pris fait et cause pour l’agriculture raisonnée, si bien qu’il est aujourd’hui le plus gros producteur de fruits et légumes du pays sous ce type d’agriculture. Pour mieux faire connaître cette production, qui est « nettement moins nocive pour la santé » que les produits de l’agriculture traditionnelle, Médine a lancé le label “Jardins de Médine” depuis 2012, qui s’est petit à petit popularisé auprès de la clientèle locale.
Sous ce label, le consommateur peut trouver de multiples légumes et fruits – dont les plus populaires sont la pomme de terre (Spunta) et l’oignon (plusieurs variétés), mais aussi la tomate, la carotte, la laitue (Batavia) et le giraumon, ainsi que la banane et la papaye. En 2015, “Jardins de Médine” a étendu sa gamme de produits avec du “butternut squash”, la mini-pomme de terre, l’ail, le gingembre et la mini-carotte, entre autres. Quant aux fruits, dépendant de la saison, le label propose la mangue, la papaye, le jujube et le letchi, sans oublier le fruit de la passion.
Sur les 200 hectares sous culture de fruits et légumes,
Médine compte trois sites d’un total de 200 hectares sous culture de fruits et légumes, à savoir à Yémen, à Cascavelle et celui de La Mecque, qui comprend 70 hectares axés sur cette culture. Une cinquantaine d’hectares sont des vergers et 150 sont sous culture de légumes. Pierre Philippe Lenferna, Head of Agrinnovation (nouveau département créé au sein du groupe), veille au grain toutes les cultures sur les sites de production de Médine, qu’il sillonne en 4×4. « Ici, vous avez les oignons, qui ne sont pas encore prêts, mais la récolte débutera d’ici deux semaines. Il s’agit d’une nouvelle variété d’oignons que nous avons plantée », explique-t-il au Mauricien, lors d’une visite du site de La Mecque.
Médine a créé le département de “l’Agrinnovation” il y a à peine quelques mois, car « nous avons pas mal de projets d’innovation ». Pierre Philippe Lenferna poursuit : « Nous voulons transformer des fruits et légumes. L’agrinnovation se chargera de toute la transformation de ces légumes qui sont cultivés ici. Nous travaillons dessus actuellement. » Avec la transformation de fruits et légumes, Médine espère capitaliser sur la notoriété grandissante de la marque “Jardins de Médine”, déjà vendue dans une quarantaine de supermarchés à travers le pays. « Nous avons déjà commencé à lancer des produits innovants, soit ceux transformés, par exemple un sachet de 800 g contenant des légumes déjà découpés à griller. Nous avons lancé ce produit pour les gens qui travaillent et qui ont de moins en moins de temps pour préparer à manger. Les légumes sont déjà prêts à l’emploi et vous n’avez qu’à les passer au four », explique Pierre Philippe Lenferna.
Médine produit chaque année quelque 3 200 tonnes de fruits et légumes et le label “Jardins de Médine” compte environ 600 tonnes de cette production. Le reste de la production vivrière est vendu à des grossistes. « Les supermarchés ne peuvent pas absorber plus de 600 tonnes de produits labellisés “Jardins de Médine”, car le marché est encore petit, donc nous vendons aussi dans des bazars et à des grossistes, etc. Nos produits sont consommés par des consommateurs à la recherche de produits sains », dit Pierre Philippe Lenferna.
Le label se développe toutefois très vite et prend de l’ampleur d’année en année. La stratégie de base du groupe, sur laquelle Médine veut bâtir son développement agricole présent et futur, c’est l’agriculture raisonnée. « L’agriculture raisonnée consiste en un ensemble de mesures pour produire des fruits et légumes aussi sainement que possible. Cela commence déjà par la semence qui est choisie. Une semence de qualité produira une plante de qualité et nous aurons donc besoin de moins de produits chimiques pour booster cette plante. Vous pouvez aussi voir, dans nos champs, de grands arbres qui ont été plantés en rangées, ce sont des brise-vent qui font aussi partie de l’agriculture raisonnée, permettant de réduire le vent qui affecte nos plantations. Ainsi, nos plantes sont plus résistantes », affirme le responsable de l’agrinnovation chez Médine.
Autre principe de l’agriculture raisonnée et qui est d’ailleurs visible dans les champs de Médine, c’est la rotation des terres. « Comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup de terres inutilisées dans nos champs. C’est important, car en pratiquant la rotation des terres, on diminue l’infestation de parasites et les maladies qui s’attaquent aux plantes. Si nous plantons sans arrêt le même produit sur la même parcelle de terre, il y aura de plus en plus de parasites qui s’attaqueront aux plantes et nous devrons utiliser des produits chimiques pour les tuer. En faisant la rotation des terres, nous diminuons la pression de ces parasites », explique Pierre Philippe Lenferna.
Les parcelles de terre ne restent pas inutilisées pendant bien longtemps et chacune d’elles est ensuite utilisée pour cultiver une autre famille de produits. Qu’en est-il de l’utilisation des produits chimiques ? « Nous en utilisons, mais uniquement quand cela est nécessaire et dans le dosage requis. Le plus important, lorsque vous utilisez un produit chimique, c’est de respecter le nombre de jours ou de semaines qu’il faut avant de faire la récolte. La plante assimile le produit chimique et dans le produit fini — que ce soit une laitue ou une pomme d’amour —, le taux résiduel de pesticides est mesuré et nous envoyons régulièrement nos produits dans deux laboratoires indépendants à cet effet, et ce afin de nous assurer que nos produits soient sains. Il y a 500 molécules qui sont vérifiées pour nous assurer que le taux de pesticide dans nos produits reste en dessous de la limite autorisée », explique Pierre Philippe Lenferna.
Toujours dans le cadre de l’agriculture raisonnée, Médine utilise du compost naturel, au lieu d’un produit chimique. « Nous mettons du compost dans la terre avant de planter afin de la nourrir. Ce compost reste actif dans la terre pendant plusieurs mois. Notre culture favorise également les bio-agresseurs. Nous mettons des plantes aux alentours des champs pour attirer par exemple les coccinelles, car celles-ci s’attaquent notamment aux pucerons qui détruisent nos produits. Donc, nous favorisons l’ennemi de nos ennemis en quelque sorte », dit notre interlocuteur.
Toutes ces techniques entourant l’agriculture raisonnée font que le produit final coûte évidemment plus cher, mais Médine croit fermement dans l’agriculture raisonnée et ses bienfaits sur la santé. « C’est vrai que notre produit n’est pas le moins cher du marché. Nous ne sommes pas le plus cher non plus, mais nous apportons la qualité et la santé et c’est ce qui compte pour nous. D’ailleurs, nous espérons que beaucoup d’autres producteurs locaux commenceront à produire sainement et se lancer dans l’agriculture raisonnée, car nous connaissons tous les problèmes liés à l’abus de pesticides, comme le cancer et d’autres maladies. Beaucoup de médecins lient ces problèmes sanitaires aux résidus de pesticides », précise Pierre Philippe Lenferna.