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Les petits planteurs de légumes se retrouvent face à un nouveau défi. Ils déplorent une pénurie artificielle d’insecticides sur le marché local. Ce manque, selon eux, risque d’affecter les cultures vivrières, car le climat actuel est propice à plusieurs maladies et à la prolifération de bactéries et virus. La Small Planters’ Association a adressé une lettre au ministre de l’Agro-industrie pour informer le ministre de la situation et demande que des solutions soient trouvées « au plus vite ».

Les insecticides couramment utilisés par les petits planteurs de légumes et qui sont apparemment très efficaces, mais moins toxiques, sont en épuisement de stock à Maurice. C’est ce qu’a fait ressortir l’association des petits planteurs. Selon son président, Kripalloo Sunghoon, ce problème a vu le jour depuis plusieurs semaines et la situation suscite actuellement de vives inquiétudes chez les planteurs.

« Les  planteurs de légumes ont rapporté un manque d’insecticides sur le marché local. La Small Planters’ Association a mené une enquête pour connaître les raisons et nous avons pu comprendre qu’en raison de la COVID-19, les importateurs n’ont pas fait venir de nouveaux stocks. Peut-être parce que Maurice est un petit marché. Au niveau des revendeurs, ils affirment que le stock des insecticides s’épuise. Cela pourrait être vrai comme il pourrait être faux également », affirme Kripalloo Sunghoo. Il ajoute qu’il y a une éventualité que certains revendeurs aient les insecticides en stock, mais refusent expressément de les mettre sur le marché. Par la suite, disent-ils, ils « les revendront au marché noir ».

Le président de l’association soutient que cette pénurie artificielle risque « d’affecter la production locale de légumes » et de favoriser la prolifération des maladies et ravageurs des cultures vivrières et maraîchères. « Les planteurs seront incapables de lutter contre certaines maladies en raison de l’indisponibilité des insecticides efficaces. Ces maladies causent d’importantes pertes de rendement sur les cultures vivrières. Les plantes sont menacées par des maladies causées par des micro-organismes, notamment des virus ou encore des bactéries », soutient Kripalloo Sunghoon.

Il a adressé une lettre au ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, pour l’informer de la situation et afin que des solutions soient trouvées au plus vite. « La situation est alarmante. Il faudra trouver des alternatives à ces insecticides, notamment d’autres insecticides aussi efficaces et moins toxiques comme ceux utilisés couramment par les planteurs. La période entre janvier et avril de cette année sera difficile avec cette pénurie artificielle d’insecticides. Les planteurs font avec ceux qu’ils ont en ce moment. Certains sont forcés de revoir la quantité qu’ils utilisent pour les plantes », dit-il.

Le mois de février, poursuit Kripalloo Sunghoon, s’annonce aussi difficile pour les semences. « Nous importons 80% des semences qui sont disponibles sur le marché local. Si le stock n’est pas renouvelé au plus vite, les planteurs se retrouveront face à une nouvelle difficulté en février », fait-il ressortir. Kripalloo Sunghoon sollicite l’intervention du ministre Maneesh Gobin afin qu’une solution soit trouvée « au plus vite ».

En ce qui concerne le stock de légumes sur le marché, notre interlocuteur précise que la situation est « toujours sous contrôle ». Il poursuit : « Pour le moment, nous avons une bonne quantité de légumes sur le marché. De plus, une grande variété est disponible. En ce moment, les planteurs récoltent les légumes et, si la tempête tropicale Danilo ne représente aucun danger pour Maurice, la communauté des petits planteurs sèmera de nouvelles graines dans les champs. »