Dans son rapport de 2020, l’ONG Freedom House a attribué la note de 89 sur 100 à Maurice avec le statut « d’État libre ». L’île est ainsi classée en deuxième position en Afrique, derrière le Cap-Vert.

L’ONG internationale – qui mène des recherches et des actions de sensibilisation sur la démocratie, la liberté politique et les droits de l’homme dans le monde – décrit Maurice comme un système ouvert et multipartite.

« Cependant, la direction politique reste dominée par quelques familles et les divisions ethniques sont de plus en plus présentes en politique », souligne l’ONG.

Pour Freedom House, les électeurs mauriciens et les candidats sont généralement en mesure d’exprimer leurs choix politiques.

« Toutefois, l’argent joue un rôle important en politique, et il n’existe pas de loi pour réglementer le financement des campagnes électorales », est-il indiqué.

« Dynastic control ».

Les discussions sur les réformes électorales et les lois sur le financement des partis se sont poursuivies en 2019, observe l’ONG, mais aucun changement n’a été approuvé par le parlement à la fin de l’année.

Cette carence a pour effet que « de facto dynastic control may also limit intraparty democracy in some cases; of the prime ministers since independence, all but Bérenger have been members of the Jugnauth (MSM) or Ramgoolam (PTr) families ».

Le rapport relève que « le pouvoir politique a tourné pacifiquement entre les trois plus grands partis – le PTR, le MSM et le MMM ».

Le rapport souligne que « Pravind Jugnauth du MSM, qui avait succédé à son père au poste de Premier ministre lorsque ce dernier a démissionné en 2017, a remporté un nouveau mandat à la suite des élections de 2019 ».

Il est soutenu que « les leaders de l’opposition ont déposé des recours en justice pour de prétendues irrégularités, mais les observateurs de l’Union africaine ont conclu que l’élection s’était déroulée de manière pacifique et professionnelle ».

Abus.

« La corruption est également un problème », relève l’ONG. Pour Freedom House, le cadre anticorruption de Maurice « est solide mais appliqué de manière incohérente ».

La Commission indépendante contre la corruption a, selon le site de recherches, connu quelques succès depuis sa création en 2002, et peu de citoyens déclarent avoir versé des pots-de-vin.

Cependant, l’ONG observe qu’une majorité de citoyens pensent que le gouvernement doit faire plus pour lutter contre la corruption.

D’autre part, pour l’ONG, l’indépendance du pouvoir judiciaire a été mise en doute dans certains cas impliquant des hommes politiques.

Les garanties constitutionnelles d’une procédure régulière sont généralement respectées, nuance Freedom House.

« Toutefois, le droit pénal mauricien permet à la police d’inculper provisoirement des suspects et de les détenir pendant des mois jusqu’à ce qu’une accusation formelle soit émise ».

Le site de recherche indique, à cet effet, que des allégations d’abus par la police continuent d’être signalées. « En 2019, l’IPCC avait reçu des centaines de plaintes, dont une grande partie concernait des allégations d’agressions physiques », peut-on lire.

Libre expression et opacité.

S’agissant de la presse, « plusieurs quotidiens et hebdomadaires privés rendent compte des partis au pouvoir et de l’opposition, mais les services de radio et de télévision de la Mauritius Broadcasting Corporation, propriété de l’État, reflètent généralement les points de vue du gouvernement », soutient Freedom House.

Il est souligné que « les journalistes sont parfois victimes de harcèlement et de pressions juridiques ».

Bien que la Constitution garantit la liberté d’expression, l’ONG soutient que « plusieurs procès en diffamation et plaintes en vertu de l’ICT Act ont été déposés contre des journalistes et des médias au cours de l’année 2019 ».

« Top FM and Top TV petitioned the Supreme Court to overturn the revision to the ICT Act, claiming they were unconstitutional », est-il ajouté.

Le rapport indique que les critiques des amendements à l’ICT Act de 2018 ont fait valoir qu’ils pourraient servir de « dissuasion à la libre expression en ligne des utilisateurs ordinaires ».

Le rapport mentionne que « Transparency International a noté des préoccupations concernant l’opacité des processus d’embauche et de nomination qui pourraient être affectés par le népotisme et le copinage ».

Ajoutant que « the European Commission and Transparency International have also highlighted the lack of laws guaranteeing the right to access government information ».

Egalité.

Selon le rapport de Freedom House, les femmes gagnent généralement moins d’argent que les hommes et leur intégration en politique « a été lente ».

Le site de recherche souligne d’ailleurs que « les femmes occupent une poignée de sièges au sein des cabinets et d’autres postes politiques de haut niveau, mais sont généralement sous-représentées en politique ».

L’ONG indique que la loi prévoit des sanctions pour la violence domestique ainsi qu’une protection et une assistance pour les victimes, mais « l’application de la loi et les ressources restent insuffisantes pour enrayer le problème ».

De plus, l’ONG observe que la communauté LGBT+ est confrontées à la discrimination et au risque de violence ciblée dans la pratique.

Sur un autre volet, il est relevé que les syndicats rencontrent régulièrement les dirigeants du gouvernement, protestent et plaident en faveur de l’amélioration des indemnités et des droits des travailleurs. Selon Freedom House, il y a plus de 300 syndicats à Maurice.

« Il existe des protections juridiques contre les conditions de travail abusives, mais les quelque 40 000 travailleurs migrants dans les secteurs de la fabrication et de la construction peuvent être victimes d’abus », fait ressortir Freedom House.

Par ailleurs, Freedom House fait ressortir que la liberté religieuse est « généralement respectée ».

Pour Freedom House, l’île Maurice est considérée comme l’un des pays les plus favorables aux affaires en Afrique. « Toutefois, la loi sur la restriction de la propriété des non-citoyens impose certaines limites à l’acquisition de biens immobiliers par les non-citoyens », souligne le rapport.


Freedom House est une organisation non-gouvernementale à but non lucratif, financée par le gouvernement américain et basée à Washington.

Son compte rendu évalue ainsi le statut des droits politiques et des libertés civiles dans 210 pays et territoires. Seuls trois pays ont obtenu 100 points, à savoir la Finlande, la Norvège et la Suède.