People watch destroyed houses after an earthquake struck on August 14, 2021 in Jeremie, South West Haiti. - A powerful 7.2-magnitude earthquake struck Haiti early Saturday, killing people and toppling buildings in the disaster-plagued Caribbean nation still recovering from a devastating 2010 quake. The epicenter of the shaking, which rattled homes and sent terrified locals scrambling for safety, was about 100 miles (160 kilometers) by road west of the center of the densely populated capital Port-au-Prince. (Photo by Tamas JEAN PIERRE / AFP)

Un séisme de magnitude 7.2 a secoué Haïti samedi matin, provoquant des morts ainsi que des dégâts matériels dans le sud-ouest de l’île, et ravivant les terribles souvenirs du grand tremblement de terre de 2010.

Le tremblement de terre s’est produit à 8H29 heure locale (12h29 GMT) à 12km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, située à quelque 160 km de la capitale haïtienne Port-au-Prince, selon les données de l’Institut américain de géophysique (USGS).

« Il y a des morts je confirme mais je n’ai pas encore le bilan précis », a indiqué à l’AFP le directeur de la protection civile haïtienne, Jerry Chandler.

Le Premier ministre Ariel Henry a annoncé sur Twitter qu’il se rendrait sur place avec les autorités compétentes dans les prochaines heures, afin « d’évaluer la situation dans son ensemble ».

« Je fais appel à l’esprit de solidarité et d’engagement de tous les Haïtiennes et Haïtiens, en vue de faire front commun pour affronter cette situation dramatique », a-t-il ajouté.

– Maisons effondrées –

La longue secousse a été ressentie sur l’ensemble du pays et des dégâts matériels ont été enregistrés dans plusieurs villes de la péninsule sud-ouest de l’île, selon des témoins interrogés par l’AFP.

Comptant plus de 200.000 habitants, l’agglomération de Jérémie a ainsi souffert d’importants dommages dans le centre-ville, constitué principalement d’anciennes maisons de plain-pied.

« Le toit de la cathédrale est tombé », a détaillé Job Joseph, habitant de Jérémie. « La grande rue est bloquée (…) C’est là qu’il y a toute l’activité économique de la ville ».

« Les gens sont affolés, les parents sont avec leurs enfants dans les bras et quittent la ville car il y a des rumeurs de tsunami », a abondé Tamas Jean Pierre.

Une alerte au tsunami avait en effet été lancée dans la foulée du séisme par l’Agence nationale océanique et atmosphérique américaine avant d’être rapidement levée.

La ville de Jérémie, surnommée la cité des poètes, est relativement isolée du pays car la route nationale qui traverse la péninsule n’est pas encore achevée.

« J’étais à l’intérieur de chez moi quand ça a commencé à secouer, j’étais près d’une vitre et je voyais toutes les choses tomber », a raconté de son côté à l’AFP, Christella Saint Hilaire, 21 ans, qui vit dans la commune de L’Asile, près de l’épicentre du séisme.

« Un bout de mur est tombé sur mon dos mais je ne suis pas trop blessée », a poursuivi la jeune femme. « Plusieurs maisons se sont complètement effondrées. »

– Le traumatisme du séisme de 2010 –

Sur des vidéos partagées en ligne, des riverains ont ainsi filmé des ruines de divers bâtiments en béton, dont une église dans laquelle une cérémonie était apparemment en cours samedi matin dans la commune de Les Anglais, à 200km au sud-ouest de Port-au-Prince.

Le pays le plus pauvre des Amériques garde encore en mémoire le séisme du 12 janvier 2010 qui avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province.

Plus de 200.000 personnes avaient été tuées et plus de 300.000 autres avaient été blessées lors de la catastrophe.

Plus d’un million et demi d’Haïtiens s’étaient ensuite retrouvés sans logis, plaçant les autorités et la communauté humanitaire internationale devant le colossal défi d’une reconstruction dans un pays sans cadastre ni règles de bâtisse.

Sans parvenir à relever ce défi de reconstruction, Haïti qui est aussi frappé régulièrement par des ouragans, a en dix ans plongé dans une crise socio-politique aigüe.