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Dettes : Rs 331 000 par tête d’habitant à la fin de septembre

En six mois, l’endettement progresse de Rs 32 milliards pour atteindre Rs 419,7 milliards, variant entre 94,3% et 96,3 % du PIB

  • La Public Enterprises Debt à hauteur de Rs 50 milliards en y incluant le Shareholder’s Loan de Rs 9,5 milliards pour sortir MK sous administration

À la fin de septembre dernier, la dette par tête d’habitant se montait à
Rs 331 000, représentant presque trois fois l’annuel Minimum National Wage. C’est ce qu’indiquent les dernières données officielles publiées en fin de semaine sur le site web du ministère des Finances. Le montant de la dette de Rs 419,8 milliards à la fin du troisième trimestre est sensiblement le même que celui de juin dernier, soit Rs 419,4 milliards, annoncé par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, mardi, à l’Assemblée nationale en réponse à une interpellation du député Reza Uteem.

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Sauf que par rapport au Produit National Brut, la différence se résume à une baisse de 96,3% du PIB à 94,3%. Cette baisse de deux points fait suite à des ajustements du PIB, passant de Rs 435,6 milliards à la fin de juin à Rs 445,3 milliards à septembre. Toutefois, le fait demeure qu’en six mois, de mars à septembre, la dette publique a progressé de Rs 32 milliards, passant de Rs 388,2 milliards à Rs 419,8 milliards.

La principale composante de la dette publique s’affiche au titre des government securities issued for borrowing requirement de Rs 316,4 milliards, contractées sur le marché local, en hausse de Rs 40 milliards en six mois. Ce volet se décline comme suit :

l Rs 37,9 milliards de Bons du Trésor et prêts à court terme

l Rs 59 milliards sous forme de Treasury Notes

l Rs 91 milliards de Five-Year GoM Bonds

l Rs 128 milliards de Long Term Bonds

La dette étrangère contractée par le gouvernement est de Rs 79,6 milliards, en baisse de Rs 4 milliards par rapport au mois de juin. Néanmoins, ce montant ne tient pas en ligne de compte une enveloppe de Rs 8,2 milliards (136 millions de Droits de Tirage Spéciaux – DTS) allouée par le Fonds monétaire international à Maurice. Les placements des non-residents dans des Government Securities à moyen et long termes sont de Rs 10,6 milliards.

La moitié de la dette étrangère du gouvernement (50%) est libellée en euro, le yen japonais 15,1%, le dollar américain 6% et les autres devises faisant 28,9%.

Par ailleurs, il faudra prévoir un bond susceptible d’atteindre la barre des Rs 50 milliards à l’item de la public enterprises total debt. Avec les Rs 9,5 milliards de shareholder’s loan avancées à la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, les Rs 40 milliards du 30 septembre ne devront pas tenir longtemps.

Emprunt de l’étranger

Le gros de ces Rs 40 milliards de public enterprises debt est sous la forme d’emprunt de l’étranger, soit Rs 25,8 milliards, dont Rs 9,9 milliards de l’EXIM Bank de l’Inde pour le financement de la SBM (Mauritius) Infrastructure Development Co. Ltd. Quatre autres entités parapubliques se partagent Rs 15 milliards d’external debt stock, dont

l Rs 4,3 milliards pour MauBank Holdings Ltd

l Rs 3,9 milliards pour Airports of Mauritius Co. Ltd

l Rs 3,5 milliards pour le Central Electricity Board

l Rs 2,9 milliards pour Mauritius Telecom.

Avec les Rs 14 milliards d’emprunts sur le marché local, en tête de liste se pointe la National Property Fund Ltd (Rs 4,1 milliards), la MauBank Holdings Ltd (Rs 3,1 milliards), la BDM (Rs 2,3 milliards), Air Mauritius (Rs 1,4 milliard) et Airport Terminal Operations Ltd (Rs 1,2 milliard).

Dans ses explications à l’Assemblée nationale, mardi, le Grand Argentier avance que « l’augmentation du niveau de la dette s’explique, d’une part, par près de Rs 50 milliards de dépenses exceptionnelles mais nécessaires pour faire face à la pire des crises de notre histoire, et, d’autre part, par une baisse des recettes fiscales à hauteur de Rs 40 milliards induite par les deux contractions économiques d’affilée subies avec la pandémie de la Covid-19. »

Renganaden Padayachy devait revenir sur les Rs 25 milliards sous forme du WAS, du SEAS et du Special Assistance Scheme pour les travailleurs indépendants et les PME ; les Rs 28,7 milliards pour la mise en oeuvre des projets et programmes, contribuant à stimuler la croissance économique et la création d’emplois ; les Rs 4,4 milliards pour l’acquisition de fournitures et d’équipements médicaux, de vaccins, ainsi que pour les frais de quarantaine et autres frais ; les Rs 1,1 milliard au titre de relance économique ; les Rs 400 millions pour les frontliners et l’injection de capitaux dans la National Property Fund Ltd et la National Insurance Company Ltd en vue de l’exercice de restructuration de cette dernière pour un montant de Rs 5 milliards.

Face à l’offensive du député Reza Uteem, qui a rappelé l’engagement pris dans le budget visant à réduire de 4 points du PIB le ratio de l’endettement d’ici juin 2022, le ministre des Finances s’évertue de rassurer. « Au niveau de mon ministère, nous avons mis en place le Financial Stability Committee et aussi le Fiscal Stability Committee. Nous sommes en train de voir comment faire pour réduire le niveau de la dette. D’un côté, nous parions sur la reprise économique avec la hausse du PIB qui, automatiquement, va baisser le taux d’endettement de notre pays, mais l’autre côté concerne la baisse de la dette du gouvernement. » Il promet des annonces pour bientôt.

 

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