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Dans le sillage de l’annonce du ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, hier, concernant le placement en zone rouge de dortoirs où habitent les travailleurs étrangers employés par Princes Tuna, où plusieurs autres travailleurs ont été testés positifs au Covid-19, plusieurs médecins sont montés au créneau. « Les dortoirs ne sont pas des lieux appropriés pour contenir de potentiels patients. Bien au contraire ! Concentrer des personnes dans de tels endroits équivaut à créer un environnement propice pour générer des virus et causer plus de problèmes », disent-ils.

Les médecins développent : « Ceux des employés qui ont été testés positifs ont été envoyés dans des centres de traitement. Ceux qui ont été retracés par le Contact Tracing, eux, sont envoyés en quarantaine. Or, dans ce cas précis, donc cette deuxième catégorie, ce sont ces employés qui se retrouvent dans ces dortoirs. Ces endroits sont mal aménagés, mal aérés, et ne sont certainement pas des lieux pour accueillir des personnes durant une période d’isolement. Par exemple, il faut des conditions hygiéniques très spécifiques, comme des toilettes et des salles de bains individuelles. »

Et de se demander : « En mélangeant des personnes a priori négatives avec de potentiels porteurs du virus, on risque certainement de trouver de nouveaux cas positifs. Qu’est-ce que le gouvernement fera dans ce cas ? Garder ces dortoirs en zone rouge en permanence ? C’est illogique ! » De surcroît, s’insurgent ces médecins : « Ces travailleurs étrangers, quand ils se trouvent ici, bénéficient du même statut que les Mauriciens. Alors pourquoi ne pas les envoyer dans des centres de quarantaine appropriés ? Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ? Parce que ce sont de pauvres travailleurs étrangers, dont certains n’arrivent même pas à s’exprimer ? Il ne faut pas cautionner ça ! »