• En 2020, la FDA a mis en évidence l’efficacité de ce médicament contre le SARS-Cov 2 in vitro

• Pour moi, c’est apporter un outil supplémentaire à la politique vaccinale de notre pays

• En Inde dans les quatre Etats qui ont utilisé l’Ivermectine, on a vu la courbe de mortalité diminuer drastiquement

• Je n’ai pas de réponse des autorités mauriciennes. C’est même plutôt négatif… Et ce ne va pas m’empêcher de continuer mon combat

Le Dr Marie-Christine Piat, qui exerce comme médecin généraliste à Moka depuis 25 ans, se révèle au grand public en tant qu’avocate de l’Ivermectine, un médicament qui a fait ses preuves, selon elle contre le Sars Cov20. Selon elle, ce médicament, ignorée pour l’heure par les autorités locales peut contribuer à contrôler le développement de la Covid à Maurice et soutenir l’ouverture des frontières pour un retour à une activité économique normale. Elle rappelle que Maurice a basé sa stratégie de réponse à la crise par l’isolement, le confinement et la vaccination de masse qui ont eu des conséquences fortes sur l’économie, la vie des gens, leur santé. Mais qui montre ses limites aujourd’hui. Même si le GM a toutes les peines du monde à faire les Mauriciens adhérer à la vaccination qu’elle ne remet nullement en cause, le Dr Piat soutient qu’il ne faudrait pas se priver d’une solution complémentaire et supplémentaire qui a fait ses preuves sans ambiguïté dans d’autres pays, même si l’Organisation mondiale de la Santé ne recommande d’administrer l’Ivermectine que dans le cadre d’essais cliniques pour la Covid-19. Très peu onéreuse, l’Ivermectine ne présente selon elle aucun risque pour les malades et elle se demande: « Qu’est-ce qu’on attend ?»

Qu’est-ce que l’Ivermectine ?

— Ivermectine est une molécule connue, découverte par un japonais, le Pr Satoshi Ōmura en 1974. Elle a traité énormément les gens en Afrique notamment. C’est un anti parasitaire qui est destinée à la filariose lymphatique, communément appelée éléphantiasis, l’onchocercose ou cécité des rivières (filariose cutanée), la gale, entre autres. C’est un médicament connu de longue date, prescrit à presque 4 milliards de doses et encore un million de personnes par an prennent de l’Ivermectine. C’est un médicament dépourvu d’effets secondaires, qui fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’OMS. Grace à ce médicament, son inventeur s’est vu décerner le prix Nobel de médecine en 2015.

Pourquoi soutenez-vous ce médicament dans le cadre du Covid-19?

— En 2020, la FDA a mis en évidence l’efficacité de ce médicament contre le SARS-Cov 2 in vitro. Et depuis il y a eu plus de 70 études cliniques qui ont été faites in vivo et qui ont prouvé aujourd’hui sans ambiguïté l’efficacité de cette molécule sur le SARS-Cov 2. Je soutiens ce médicament parce qu’il est efficace et très peu coûteux. C’est un médicament qui est safe, qui peut être facilement distribué en ambulatoire, dépourvu d’effets secondaires mais surtout qui traite la maladie. Et je me dis: qu’est-ce qu’on attend ?

Etes-vous vaccinée ? Le corps médical est-il pour ou contre la vaccination ?

— Je ne répondrai pas à cette première question qui est d’ordre personnel. Par contre, pour la deuxième partie, je dirai que dans la vie il y a toujours des pour et des contre. A partir du moment qu’il y a un débat, il y a des idées qui sont différentes. Depuis l’Antiquité, les médecins se sont toujours battus pour décider s’il fallait mettre la gousse d’ail au pied du lit ou à la tête du lit du patient. Les médecins ne sont pas toujours d’accord entre eux et c’est normal parce que c’est du débat que surgissent les idées. Et quelque part dans un pays démocratique, il faut toujours trouver un compromis. La vérité n’est jamais toute noire ou toute blanche. Elle est dans la nuance, surtout quand on a affaire au vivant et en particulier l’être humain qui est tellement complexe. C’est pourquoi je dis que dans un tel débat, qui n’est pas la mienne puisque je fais référence aux essais cliniques, pour moi c’est apporter un outil supplémentaire à la politique vaccinale de notre pays. Je trouverai dommage de s’en priver, vu la facilité d’utilisation de ce médicament, son efficacité et son coût.

Pourquoi l’Ivermectine a-t-elle émergé dans la recherche d’un traitement anti-Covid ? Que disent les différentes autres études ?

—    Depuis la première étude in vitro l’année dernière, on a démontré son efficacité et il a fallu des essais pour pouvoir publier. Publier est toujours un long processus, car il faut être reconnu par ses pairs. Aujourd’hui, le summum de l’essai clinique ce sont les essais cliniques en double aveugle contre placebo, cela s’appelle les essais randomisés. Mais il y a aussi les essais observationnels qui permettent de voir ce qui se passe quand on essaye un médicament. Aujourd’hui on a les deux par rapport à l’Ivermectine: les médecins se sont lancés dans différentes études et on a les études randomisées et les études observationnelles qui prouvent que l’Ivermectine marche. Est-ce que c’est pour ça que la molécule émerge aujourd’hui, sans doute, car il a fallu un certain recul. En médecine, l’important aussi c’est l’observation. Il faut se baser sur des faits. Au fur et à mesure des mois qui passent, le recul nous permet de nous réorienter. C’est pour cela que la médecine évolue tout le temps. Et là on a une molécule qui marche, ça fait 18 mois qu’on a une épidémie, les études cliniques ont fait leurs preuves, je redis, qu’est-ce qu’on attend?

L’OMS déconseille cependant d’utiliser l’Ivermectine pour traiter la COVID-19 en dehors des essais cliniques…

— Ma réponse à ça, c’est que l’OMS est une instance administrative. Elle n’est pas sur le terrain. Ce qui compte à un moment donné c’est de faire de la médecine. Mon rôle à moi c’est de soigner. J’ai un malade en face de moi, j’ai quelqu’un qui va mourir, je ramasse des morts à la pelle. On me dit qu’il y a un médicament qui marche, j’aurai plus tendance à l’essayer que de regarder mourir les patients ou de dire prenez du paracétamol en attendant que vous soyez presque en détresse respiratoire… C’est ce qui s’est passé en France où on a dit: prenez du paracétamol, et quand ça ne va vraiment pas, vous viendrez à l’hôpital. Le paracétamol n’a pas fait l’objet d’études cliniques dans le cadre du SARS-COV 2.

L’Ivermectine a-t-elle eu des effets tangibles ?

— Ce qu’on constate aujourd’hui c’est, par exemple, en Inde, il y a quatre Etats qui ont utilisé l’Ivermectine: l’Uttar Pradesh qui est un état à forte démographie, Delhi, Goa et l’Uttarakhand. On a vu la courbe de mortalité diminuer drastiquement dans ces états par rapport aux états voisins. Le Tamil Nadu qui s’était rétracté parce qu’ils ont écouté l’OMS a vu sa courbe de mortalité partir en flèche. En Europe, la Slovaquie et la République Tchèque passent outre les recommandations de l’Union européenne. L’Egypte, l’Afrique du Sud… Il y a une vingtaine de pays, et notamment il y a le Pr Hector Carvallo en Argentine qui a montré l’efficacité de l’Ivermectine. On a quand même des éléments de comparaisons aujourd’hui qui me semblent importants. Des scientifiques de ce grade qui font des études, qui publient et qui réussissent à sauver leur population, in fine, qu’est-ce qui compte ? Est-ce que c’est être derrière son bureau à l’OMS et de dicter des recommandations médicales ou mon rôle de médecin en situation d’urgence n’est-il pas d’essayer de traiter les malades ? C’est une nouvelle épidémie. On a besoin de beaucoup d’humilité, d’observation, de nuance et surtout de pouvoir se remettre en question.

Comment se positionnent les autorités sanitaires locales et internationales par rapport à ce médicament ?

— Vu ce qui s’est passé en Inde, il y a une plainte de l’Association du Barreau Indien (IBA) qui est en train de poursuivre la directrice de l’OMS l’accusant d’avoir causé la mort des citoyens indiens à cause des recommandations de l’OMS contre l’Ivermectine. La directrice scientifique de l’OMS, rappelons-le, est une Indienne. C’est son propre pays qui est en train de se retourner contre elle. Cependant, il ne faut pas généraliser. Chaque pays utilise sa politique. J’ai lu tout cela et me suis documentée. Je suis tout à fait consciente que l’OMS ne prône pas l’Ivermectine en dehors des essais cliniques, mais il n’y a pas que l’OMS comme je vous dis. J’ai lu, écouter des témoignages de médecins qui sont sur le terrain, j’ai lu énormément d’études, et il y a un moment donné où en tant que médecin, en tant que citoyenne mauricienne, je voudrai aider. Nous ne sommes pas un pays qui dispose de milliards. On est un pays qui dépend de l’ouverture de nos frontières et on sait très bien qu’avec la circulation des gens et vu le potentiel mutagène de ce virus et sa particularité d’être en plus une maladie qui peut être transmise à l’homme par des animaux, on n’est pas à l’abri de voir les mutants sans arrêt. Or, l’Ivermectine reste efficace indépendamment des variants.

Quel a été le « response » des autorités mauriciennes par rapport à votre recommandation pour l’Ivermectine?

— Aucune. Pas de réponse. J’ai voulu, par rapport à l’ouverture des frontières, avant de connaître les dates, faire passer ce message. Et même c’était plutôt négatif. J’ai claironné, j’ai envoyé des papiers là où je pouvais parce que j’ai envie de soigner mes compatriotes plutôt que de les envoyer en quarantaine à chaque test positif. On est positif, mais on n’est pas malade. Bien sûr, on peut contaminer quelqu’un, mais dans ce cas rien n’empêche de prendre un kit d’Ivermectine et de rendre négative notre charge virale et réduire voire annuler notre contagiosité. L’Ivermectine marche en préventif, en phase de début de la maladie, en phase sévère, et ça marche pour ce qu’on appelle les covid long, c’est-à-dire trois quatre mois après quand on continue à avoir un syndrome de fatigue, des signes inflammatoires, etc.

Par rapport à une quatorzaine qui fini par coûter très cher à l’Etat, donc aux contribuables, c’est préjudiciable pour la vie de tous. Ça finit par faire peur aux gens qui se disent à quelle minute je vais voir la police débarquer pour m’embarquer… Ce n’est pas forcément une expérience que l’on a envie de vivre. L’Etat y gagnerait en optant pour l’Ivermectine ainsi que la population. Mais je n’ai pas eu de réponse des autorités mauriciennes. Je me dis que ce n’est pas grave. Dans la vie, tout a un rythme et il faut savoir accepter celui de chacun. La vérité c’est l’histoire qui la dira. Une épidémie ne répond pas aux politiques, elle ne répond pas à la presse… elle répond à l’histoire. Au final, ce qui comptera, ce sont les gens qui auront été soignés et bénis, ceux qui auront sauvé le plus de gens en freinant le décompte des morts. Je n’ai pas de problème avec le fait qu’on me dise non, ou qu’on ne me réponde pas. Cela ne va pas m’empêcher de continuer mon combat.

Ne serait-ce pas un autre type d’hydroxychloroquine qui a été un médicament controversé également contre le Sars-Cov2 ?

Il y a plusieurs molécules qui ont été essayées. L’hydroxychloroquine a été à l’origine de vives polémiques. Mais ce n’est pas tout à fait comparable. Si on se réfère à l’hydroxychloroquine, elle a été reconnue comme étant une molécule très prometteuse en début de traitement selon le Pr Raoult et aujourd’hui les études le prouvent. Malheureusement (et pour quelles raisons ?) les premiers essais cliniques qui ont été faits en début de la maladie l’année dernière n’ont pas été conduits selon le protocole préconisé, soit en début de maladie. Mais à un stade évolué pour lequel effectivement la molécule pouvait être délétère. Ce qui a eu pour effet de la discréditer injustement. Pour traiter la Covid, il n’y a pas que l’Ivermectine et l’Hydroxychloroquine, il y a aussi l’Azithromycine, un vieil antibiotique qui agit également sur les virus et qui a fait ses preuves. Il y a plusieurs autres molécules qu’on peut associer aux précédentes, telles que des vitamines, des minéraux, des corticoïdes, de l’aspirine, on connaît mieux la maladie aujourd’hui et comme toute maladie, il faut la soigner.

Il y a un principe qui est capital pour nous les médecins et qu’on ne doit jamais oublier dans notre pratique : c’est Primum non nocere : en premier, on ne doit pas nuire. C’est vraiment important, la base. Puis dans le doute, je m’abstiens. Et en troisième, si je dois prescrire une molécule, je vais faire mes recherches. Je n’avale pas tout ce qu’on me dit, surtout quand c’est le laboratoire qui fabrique le médicament qui me dit lui-même que ça marche ! C’est très important de garder son esprit critique, de se référer aux essais cliniques indépendants et sans conflits d’intérêts ; ceci est valable pour les médicaments comme pour les vaccins.

En ayant recours à l’Ivermectine, on n’aurait donc plus besoin de vaccins ?

— Ce n’est pas la question. Je ne suis pas là pour opposer un traitement à un autre. Ce n’est pas du tout ma position. Je viens simplement dire qu’il y a quelque chose en plus. Je ne crois pas que la baguette magique existe. N’importe quel traitement préventif peut ne pas marcher aussi. On ne va pas être Ivermectine ou vaccin. On va peut-être faire les deux. Et c’est ça qui va faire avancer les choses. On sait bien que n’importe quel traitement préventif ne peut pas marcher à 100% devant la complexité du réel. Il n’y a aucune raison d’opposer les traitements. En revanche, il est très important de pouvoir se remettre en question et de se réorienter devant l’inefficacité, ou surtout la toxicité des choix thérapeutiques exercés.

Si une personne n’est pas vaccinée et qu’elle attrape la Covid, la solution serait donc l’Ivermectine?

— Ce serait une des solutions. C’est comme traiter une maladie, parfois on a plusieurs choix et c’est un avantage. Moi, j’ai envie de soigner les gens, c’est-à-dire prendre soin des patients, c’est ce que j’ai appris pendant 10 ans d’études et 25 ans d’expérience ! Il y a des gens qui ne sont pas vaccinés parce qu’ils qui ne peuvent pas en raison de certaines contre-indications majeures, alors que fait-on de ces patients ? J’ai envie de leur apporter une solution. Que ce soit l’Ivermectine, l’Azithromycine ou l’Hydroxychloroquine, peu importe, j’ai envie de pouvoir jouer mon rôle dans la mesure du possible. Et pour les vaccinés aussi, car on a bien montré aujourd’hui que la vaccination n’empêchait pas la contamination et qu’avec les variants qui arrivent on ne sait pas trop où on va.

Au final, quel message voulez-vous faire passer ?

— En tant que médecin, je voudrais apporter du réconfort à mes concitoyens, car aujourd’hui il est important de reprendre confiance, confiance en la vie. Nous devons tenir d’une main cette confiance et de l’autre la santé. Entre les deux se trouve une médecine qui prend soin des gens avec des traitements efficaces et notamment l’Ivermectine.

Propos recueillis par Kathleen Pierre