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La police soupçonne l’existence d’un réseau opérant dans l’enceinte du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport suite à l’arrestation de deux “Ramp Attendants”n Morven Thylemay, 37 ans, et Vikesh Boodhoo, 38 ans, par la Customs Anti Narcotics Section (CANS) jeudi.

Ces derniers avaient pour mission de récupérer quatre colis d’héroïne dans la soute à bagages d’un avion de Turkish Airlines. Ce cas intervient après l’arrestation en juin 2017 du policier Moonsamy Basana-Reddy, qui avait tenté de faire sortir Rs 19 M d’héroïne cachées dans les toilettes du terminal à l’aéroport.

L’Anti-Drug and Anti-Smuggling Unit (ADSU) soupçonne que c’est le même réseau qui est derrière la saisie des Rs 43 M d’héroïne sur les deux employés d’Air Mauritius, car leurs modes d’opération sont quasi similaires.

« Ce réseau ne s’appuie pas sur des mules pour faire sortir la drogue de l’aéroport, mais plutôt sur des personnes qui ont accès à l’intérieur. Normalement, le “profiling” se fait sur des passagers, et très rarement sur un bagagiste ou un officier du Passport and Immigration Office », expliquent des sources à l’ADSU.

Même les centaines de caméras de surveillance, qui couvrent l’aéroport, n’ont pas permis aux autorités de détecter ce cas, car après avoir pris trois colis de drogue dans la soute à bagages de l’avion, Morven Thylemay a pu déjouer la sécurité pour aller cacher la drogue dans un sac se trouvant dans son casier au “mess room” sans se faire détecter. ou encore révéler le moindre soupçon.

D’ailleurs, c’est dans ce même endroit que le constable Moonsamy Basana-Reddy avait lui aussi caché la drogue avant de se faire prendre. La police compte revoir les caméras de surveillance pour confirmer l’itinéraire emprunté par “Ramp Attendant” de l’avion au Mess Room.

Initialement, il avait pris place à bord d’un chariot à bagages à l’atterrissage du vol TK 161 pour décharger les effets personnels des passagers. Dans sa version des faits, il dit avoir suivi les instructions de Vikesh Boodhoo et qu’il a récupéré trois des quatre colis de drogue. Et d’ajouter que, comme il était sous pression, il n’avait pas pris le temps de chercher le quatrième colis qui était resté dans l’avion.

Entre-temps, la CANS a obtenu des informations de la douane malgache qui avait détecté les paquets suspects dans l’avion. Afin que les autorités puissent mettre la main sur les suspects, les officiers avaient laissé partir la drogue de la Grande île.

Cette stratégie s’est avérée payante puisqu’elle a permis d’arrêter les deux bagagistes. Pour le moment, seul Morven Thylemay a donné quelques détails sur cette affaire, en soutenant qu’il devait recevoir entre Rs 200 000 et 300 000 pour ce service.

Vikesh Boodhoo a déclaré qu’un homme lui a téléphoné pour lui demander de faire sortir la drogue contre une belle récompense. Il avance qu’il ne connaît pas l’identité de la personne, car l’appel provenait d’un “private number”.

La police peine à croire à sa version et a saisi son cellulaire pour tenter de retracer le nom de la personne sur lequel le numéro est enregistré. Les enquêteurs n’écartent pas qu’il s’agit d’un numéro international et donc pouvant être difficilement retracé.

L’ADSU compte sur la collaboration des deux suspects pour mettre la main sur le commanditaire derrière cette importation de drogue. Les Casernes centrales pistent un réseau en particulier et travaillent sur certains renseignements susceptibles de déboucher sur une interpellation bientôt.

Très peu d’informations filtrent à ce sujet au quartier général de l’ADSU, car c’est une équipe restreinte qui a été appelée à approfondir l’enquête dans cette affaire suivie de orès par les autorités.