HO HO HO… ! Une fois n’est pas coutume, ce sont les Mères Noël qui ont décidé de reprendre les rênes en 2021. Ces femmes ont fait preuve d’audace et de courage pendant le confinement et ont réussi à maintenir le cap de leur vie de professionnelle, d’épouse et de mère. Croquons dans les bûches façon entremets, à base de mousse, insert de fruits et croustillant que prépare Patricia Eleonore, en marge de la célébration de la Nativité et Noël.

Pour Corinne Robert, le message fort est « largu’ pa lekor, tien bo ! », malgré l’avenir incertain et l’impact économique néfaste. Saveena Armarrow parle du “bonding” familial en cette période de pandémie difficile. 2021 augure de belles années riches en perspective pour toutes les femmes, qui ont le credo de “work in action, in community and in family”.

Patricia Eleonore : « Noël, c’est la célébration de la Nativité »

Qui est Patricia Eleonore ?

Je suis mariée et mère d’une fille, Emilie. Entre le boulot et le foyer, j’ai mes passe-temps, tels que la gym, la marche, la musique, la cuisine et la pâtisserie. Contrairement aux autres femmes, faire les boutiques, du lèche-vitrines n’est pas ma tasse de thé. Je suis une personne directe et j’évite les personnes toxiques. Je passe la majeure partie de mon temps derrière les fourneaux.

Comment comptez-vous vous organiser pour la Noël ?

Pour moi la Noël, c’est avant tout célébrer la nativité. Je fais partie d’une chorale et, chaque année, nous donnons des concerts de Noël dans différentes paroisses. Ainsi, c’est ma façon à moi de transmettre la réjouissance de la naissance du Sauveur à travers des chants de Noël. Le 25 décembre, je vais à la messe et, dès que je rentre à la maison, toute la famille se réunit pour le déjeuner et le partage des cadeaux. Le soir, c’est dîner avec ma fille et mon époux au restaurant.

Vous réalisez des bûches de Noël attrayantes. Quelle est la tendance cette année ?                                                            

Comme mentionné plus haut, la pâtisserie est ma passion et j’ai la chance de pouvoir la partager avec ma fille. C’est l’occasion pour nous de nous amuser, mais aussi d’apprendre de chacune.

Au mois de novembre, nous avons démarré les préparatifs des gâteaux traditionnels de Noël – Le Christmas Cake –et, en décembre, les bûches de Noël, à la demande des proches et des amis. La tendance cette année est plus portée vers des bûches façon entremets, à base de mousse, insert de fruits et croustillant avec les biscuits roulés.

Comment avez-vous vécu le confinement lié à la pandémie de COVID-19 ?

Avec beaucoup de stress. S’assurer de constamment prendre les mesures sanitaires, et veiller que les moindres faits et gestes soient respectés, car il faut dire que la pandémie a beaucoup chamboulé nos habitudes. C’était l’angoisse en entendant à la radio l’évolution des cas de COVID-19. J’étais aussi un peu déprimée du fait de ne pas pouvoir sortir, mais ce sont là des épreuves de la vie auxquelles nous devons nous adapter. D’autre part, c’était aussi l’opportunité de développer mon savoir-faire, pour tromper l’ennui ou m’occuper à faire de nouvelles choses que je n’avais pas le temps de faire en temps normal. Je me suis mise au jardinage, à la couture et bien sûr profiter pour concocter de nouvelles recettes.

Des projets pour 2021, un qui vous touche le plus ?

Pas de projets spécifiques pour 2021, mais je suis prête à affronter cette année avec beaucoup de courage et faire face à une situation inattendue.

Un message pour les Mauriciens, surtout en cette période de relance difficile ?

Suite aux répercussions néfastes de la COVID-19, mon message pour les Mauriciens est la solidarité, la vigilance et aussi le combat contre la pauvreté ainsi que contre la violence sous toutes ses formes. C’est le moment de faire preuve de courage, de lucidité, et de force intérieure.

Corinne Robert : « Largu’ pa lekor, tien bo ! »

Qui est Corinne Robert ?

Née à La Réunion, Mauricienne de cœur, j’habite à Maurice, depuis 14 ans. Je suis une spécialiste en relations publiques et événements corporates. Ancienne journaliste, j’ai gardé cette passion pour l’écriture et les mots. Je suis, comme disent les Anglais, une “story teller”.

Comment comptez-vous vous organiser pour la Noël ?

Cette année sera très particulière. Comme pour beaucoup de personnes, la pandémie a bouleversé nos habitudes et, donc, au lieu de passer Noël en famille, j’ai dû revoir mes plans de voyage, je resterai donc à Maurice, mais toujours connectée avec les miens.

Mais en principe, comment le Réunionnais célèbre Noël et le Nouvel An et quel est le plat privilégié de Noël ?

La tendance est la même qu’à Maurice : Noël est une fête très familiale, tandis que, pour le Nouvel An, on célèbre la Saint-Sylvestre entre amis. Pour le menu de fêtes, c’est un mélange entre le traditionnel avec l’incontournable curry de poulet et une cuisine française avec huîtres, saumon, foie gras, etc…

Au sein de la famille, on combine les deux influences culinaires : le 24, les cadeaux sont déjà achetés tout comme les ingrédients pour le repas, car nous ne sommes pas des adeptes du “last minute shopping”. On commence par cuisiner tôt dans l’après-midi sur fond de chansons de Noël, histoire de se mettre dans l’ambiance : c’est un beau moment de partage, de rire, avec souvent un brin de nostalgie pour se rappeler des anecdotes du passé.

Mes neveux sont adolescents, donc il n’y a plus la visite du Père Noël et les cadeaux sont échangés au matin du 25 décembre. Et, pour le Jour J, à nouveau un long passage en cuisine le matin sous la houlette de ma mère, qui est un cordon-bleu, puis l’incontournable déjeuner de Noël, qui se termine en beauté par la traditionnelle bûche et, en fin d’après-midi, par une salade tropicale (mangue – letchis – papaye verte). Bref, tout tourne autour de la cuisine.

Quel talent vous êtes-vous découvert cette année ?

Pas un talent spécifique, mais une réorientation professionnelle en accord avec mes principes. En redevenant consultante, je peux mieux manager mon temps et retrouver un équilibre entre mon activité professionnelle et ma vie privée.

J’ai le privilège d’avoir rejoint la Gamma Foundation. Ancienne journaliste, j’aime être sur le terrain et je suis ravie d’aller à la rencontre des associations qui font un travail extraordinaire et d’essayer de trouver des solutions en étroite collaboration avec une équipe formidable.

Pour les 10 ans de la Gamma Foundation, une vraie solidarité s’est exprimée au sein des diverses filiales du groupe Gamma et nous avons pu distribuer 500 “food packs” à 500 familles dans toute l’île Maurice.

Comment avez-vous vécu le confinement lié à la pandémie de COVID-19 ?

J’ai eu la chance d’être en contact permanent avec mes proches et mes amis. Cette année a aussi été douloureuse, car j’ai personnellement été exposée aux départs de personnes emportées par la COVID-19. Pendant le confinement, j’ai repris la méditation, le yoga, la lecture et j’ai beaucoup écrit… Je suis revenue à l’essentiel.

Un message pour les Mauriciens, surtout en cette période de relance difficile ?

Il y a plus de 14 ans, j’ai décidé de venir m’installer à Maurice, impressionnée par l’esprit d’entreprendre et de rebondir des Mauriciens. Cette incroyable capacité à se relever, à continuer de croire et d’agir, représente la force de cette nation. Cela s’est encore vérifié au cours de cette année au plus fort de la crise de la COVID-19, puis le naufrage du Wakashio.

Les Mauriciens ne baissent pas les bras et trouvent la force et l’énergie pour prendre des initiatives. L’avenir reste incertain, l’impact économique est une réalité… Votre courage et votre détermination sont vos meilleurs atouts. « Largu’ pa lekor, tien bo ! » comme on dit dans mon île natale, La Réunion.

Saveena Atmarrow: « Pas du Work From Home mais Work In Action »

Qui est Saveena Atmarrow ?

Simple, bosseuse, mariée, mère de deux filles, Lavinia et Tania. Je suis avant tout une femme qui prend plaisir à créer autour de moi les petits moments de plaisir que la vie m’offre.

J’adore faire sourire les gens autour de moi et leur transmettre ce virus de ma joie de vivre. Un de mes points forts réside en cette habileté de pouvoir me mettre à la place de l’autre et l’accepter tel qu’il est avec ses joies et ses faiblesses.

Comment comptez-vous vous organiser pour la Noël ?

Je dirai dans ma bulle familiale et, Dieu merci, que notre île est dit “safe”. Je dois vous dire que les idées ne manquent pas pour célébrer le premier Noël pandémique de l’ère moderne. Noël n’est pas comme les autres années précédentes, mais il vaut mieux se modérer cette année et pouvoir en revivre beaucoup  d’autres après. On attend impatiemment quand le vaccin sera disponible et le prochain Noël à Singapour.

Quel talent vous êtes-vous découvert cette année ?

Je me suis surpassé durant le confinement dans le domaine culinaire… Durant les premières semaines, où tous les supermarchés étaient fermés, j’ai cuisiné des plats que je n’aurais pas réalisés durant les temps habituels et j’ai constaté un rapprochement des liens.. Une sorte de “bonding” familiale. Le temps est précieux et, pour profiter de chaque moment, il faut prendre une pause et se réorganiser. La COVID-19 nous a permis de nous réinventer.

Comment avez-vous vécu le confinement lié à la pandémie de COVID-19 ?

Jai bossé très dur durant le confinement et je peux vous dire, pour moi, ce n’était pas le “work from home” mais “work in action”. Je suis dans un secteur très sensible, la santé. Mais pour vous dire, mon expérience de la COVID-19 est remplie de challenges, de stress et c’est une expérience au-delà de toutes les années de travail que j’ai, mais je reste positive.

Des projets pour 2021, un qui vous touche le plus ?

Des rêves qui deviennent des projets… Qui n’en a pas ? Mais avec le confinement, il y a eu un ralentissement économique qui se fait sentir dans le pays et mon projet a connu un léger retard, mais 2021, il verra certainement le jour et j’attendrai avant de crier victoire.

Un message pour les Mauriciens, surtout en cette période de relance difficile ?

La richesse d’une personne vit dans son cœur, pas dans ses poches. La richesse d’une personne vit dans ses gestes, dans le caractère concret des faits, dans l’honnêteté et dans la capacité de rendre meilleure chaque personne qu’elle rencontre sur son chemin… Il n’est jamais trop tard de faire une bonne action et d’apporter de l’aide à son prochain.