• « Ce n’est que le tip of the iceberg » dit un spécialiste

Comme déjà indiqué, bien avant le “watershed meeting” du 18 décembre, « The writings were on the wall » pour Cash & Carry, enseigne spécialisée dans la vente d’électroménager et de produits électroniques. Elle ferme boutique brutalement à la veille de Noël, suivant sa mise en liquidation, et laisse 250 employés sur le pavé au pire moment possible, c’est-à-dire en pleine crise économique et durant les festivités de fin d’année.

Ce triste épisode vient montrer, si besoin, à quel point la pandémie a secoué le secteur commercial, même si les difficultés de Cash & Carry dataient d’avant la COVID-19. La baisse de la consommation risque également d’avoir d’autres effets dans les mois à venir. « La fin de Cash & Carry n’est que le “tip of the iceberg”. D’autres sociétés connaîtront le même sort », explique un spécialiste du financement et du crédit. Il fait allusion notamment aux fournisseurs de l’enseigne, qui risquent de se voir confrontés à certaines difficultés financières, surtout ceux qui n’ont pas d’assurance-crédit. Parmi les fournisseurs de Cash & Carry se trouvent des noms connus : The BrandHouse, Linxia, Redline, Aurs ou encore Dragon Electronics. L’effondrement de Cash & Carry risque ainsi de faire « boule de neige » sur l’économie. Les fournisseurs n’ayant pas d’assurance-crédit risquent ainsi de voir leur trésorerie plombée avec la disparition de Cash & Carry. « Le liquidateur va liquider la compagnie et c’est sûr que les fournisseurs ne vont pas recevoir grand-chose », confie un spécialiste car les priorités sont ailleurs : payer les employés, payer les sommes dues à l’Etat et payer les banques. Au final, les fournisseurs risquent d’être les dindons de la farce.
Outre sa mauvaise stratégie mise à l’index pendant le confinement, soit aucune innovation pour essayer par exemple de faire des ventes en ligne – un autre élément clé ayant contribué à la faillite de Cash & Carry -, le groupe n’a que très peu de “fixed assets”. D’ailleurs tous ses emplacements étaient loués. C’est pour cela qu’aucune autre enseigne de la place n’a souhaité racheter l’enseigne. Par contre, c’est son stock – même un peu vieux – qui intéresse certains “players”. « Si elle était propriétaire de ses sites d’opération, cela aurait été différent. Là, il n’y a que des dettes et c’était clair que personne n’aurait été intéressé à reprendre la société. »

Outre les fournisseurs, des dommages collatéraux sont à prévoir sur les sociétés spécialisées dans le crédit à la consommation (dont deux principales) habituées à proposer du crédit aux clients des grandes enseignes commerciales. La vente a crédit comptait pour environ la moitié du chiffre d’affaires de Cash & Carry qui était de quelque Rs 1,3 milliard. Ces sociétés de crédit ne seront pas impactées financièrement, car les clients vont continuer à rembourser pour les produits achetés à crédit chez Cash & Carry. Par contre, elles pourraient être affectées pour le “future business” car un de leurs partenaires de premier plan a disparu. « Cash & Carry était un bon “channel” pour ces sociétés qui pouvaient ainsi toucher plus facilement la clientèle », dit-on.

Quoi qu’il en soit, il faut voir plus loin… La chute de cette enseigne traduit le ralentissement dans le secteur de la consommation. « Il y aura de plus en plus un ralentissement car encore plus d’emplois seront perdus dans les mois à venir. En outre, les consommateurs sont très prudents dans leur manière de consommer justement à cause de l’incertitude économique et l’incertitude de la pandémie », dit un observateur. Et si le secteur touristique ne redémarre pas, là encore ce sera un autre facteur de ralentissement pour la consommation.