Le ministère de l’Agro-industrie a rencontré hier les planteurs et usiniers de l’industrie du thé à l’Hennessy Park pour présenter les grandes lignes du Tea Sector Reform Report, préparé par la Food And Agriculture Organisation (FAO) en vue de relancer cette industrie. Le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, a fait comprendre que « ce rapport a présenté plusieurs mesures pour que cette industrie retrouve son lustre d’antan. Je n’ai pas de doute que ce secteur sera redynamisé car le thé mauricien est de qualité ».

En 1987, l’industrie théière avait été confrontée à de sérieuses difficultés en raison du faible prix du thé sur le marché mondial et de l’augmentation des coûts de production. Le gouvernement avait alors introduit un programme de prix garantis pour le thé et fourni une aide financière pour la survie du secteur.

Mais en 1994, le gouvernement de l’époque, ne pouvant plus soutenir l’industrie, avait décidé de diversifier le secteur. C’est ainsi que quelque 2 500 hectares de plantes de thé avaient été reconvertis en champs de canne à sucre. Quant au secteur du thé, il est entré dans une nouvelle phase pour satisfaire le marché local.

Suite à la diminution drastique des terres de thé et l’augmentation de la demande, le ministère avait proposé, en 2016, un projet de revitalisation et de dynamisation de la filière théière. Environ 260 hectares de terres agricoles de l’État ont par conséquent été réservés à ce type de plantations, tandis que le ministère réhabilitait les terres abandonnées appartenant à l’État dans les zones de production de thé à la Grande Chartreuse, comprenant 100 arpents.

Pour la FAO, l’image de marque et la promotion du thé mauricien en tant que produit sans pesticide figurent parmi les priorités du gouvernement mauricien. L’Office national de réglementation des produits agricoles (NAPRO) affirme d’ailleurs que le thé produit à Maurice est sans pesticide, et ce, en se basant sur l’argument selon lequel « il n’y a aucun parasite ou maladie d’importance économique qui attaque la plante ».

De nombreuses nouvelles exigences du marché, y compris les normes d’empreinte carbone, dit-on, ont commencé à émerger. « Ces nouvelles exigences du marché peuvent offrir des opportunités pour promouvoir la marque de thé mauricienne, une fois que le secteur adoptera une stratégie de production neutre en carbone. » Le thé neutre en carbone peut d’ailleurs également promouvoir l’écotourisme. « Le thé mauricien, avec son histoire, son héritage et sa tradition profondément enracinés, et ses avantages fonctionnels spéciaux, est particulièrement bien placé pour soutenir le développement d’une marque nationale », soutient la FAO.