• Le puissant CEO d’IBL, Arnaud Lagesse, et les directeurs étrangers de la Banque nationale du Canada sommés par la Banque centrale de partir avec la remise en ordre parmi les Strategic Shareholders
  • Un nouveau conseil d’administration devrait être constitué lors de la prochaine Assemblée annuelle des actionnaires annoncée pour novembre prochain

La guerre larvée au sein du conseil d’administration de l’AfrAsia Bank, avec deux clans s’affrontant au sujet de la gestion, et Talk of the Town du monde des affaires depuis plusieurs semaines, pourrait se solder par un match nul. En effet, les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources bancaires concordantes indiquent que la Banque de Maurice a déclaré Offside les deux parties au sein du Board en réclamant le départ, d’un côté, du puissant Chief Executive Officer d’un des plus importants conglomérats du pays, Arnaud Lagesse du groupe IBL, et également celui des représentants de la Banque nationale du Canada. La Banque de Maurice émettra également une injonction pour que le Board de cette banque commerciale soit reconstitué. Ces deux groupes sont considérés comme les Strategic Partners d’AfrAsia Bank.

Pourtant, avec la convocation d’une Assemblée spéciale des actionnaires fixée au 4 septembre, la partie mauricienne, menée par le groupe IBL, prévoyait de régler le problème et mettre fin à la Board Room Guerilla en virant du Board les directeurs de la Banque nationale du Canada. Mais, tout semble indiquer que les données devraient changer en fin de semaine à la surprise générale dans le camp d’Arnaud Lagesse, en dépit d’une campagne de Management of Opinion bien orchestrée. Ainsi, après analyse des échanges de correspondance et d’explications sur les conflits internes au sein de l’AfrAsia Bank, la Banque de Maurice, en tant que régulatrice du secteur bancaire, a préféré ne pas donner l’impression de « taking side » et a déclaré les deux clans hors jeu. La BoM privilégierait la décision de virer dans son ensemble le conseil d’administration d’AfrAsia dans une tentative de mettre fin aux conflits internes entre le groupe d’IBL et les représentants de la Banque nationale du Canada (BNC), les deux Strategic Shareholders. Les membres de l’actuel Board comprenant entre autres le Group CEO d’IBL, Arnaud Lagesse, et aussi Yves Jacquot de la BNC, qui devraient selon nos informations soumettre leurs démissions incessamment, soit en amont de la prochaine Annual General Meeting, qui devrait permettre l’établissement d’un nouveau conseil d’administration en novembre.
Dans les milieux informés, l’on confirme que la Banque centrale serait engagée dans des discussions avec les parties concernées depuis mardi après-midi débouchant sur cette décision en ligne avec les dispositions de la Bank of Mauritius Act. En effet, la situation au sein du Board d’AfrAsia était devenue si intenable que la BoM a dû prendre les choses en mains début juillet. Cette Board Room Guerilla opposant les directeurs du groupe IBL à ceux de la Banque nationale du Canada perturbait le déroulement des affaires, ce qui a contraint la BoM Tower à avertir les principaux protagonistes de mesures drastiques sous les dispositions de la Bank of Mauritius Act. Les deux parties avaient été sommées de s’expliquer auprès de la Banque centrale, avec la sommation que : « You were cautioned that the Bank of Mauritius may vary the conditions of the Banking Licence if this matter was not resolved. »

On laisse entendre que les directeurs nommés par la BNC ainsi que les directeurs indépendants étrangers s’opposaient à la volonté d’IBL sur des décisions cruciales ayant trait à la gestion des affaires d’AfrAsia. Des allégations d’ingérence et d’imposition de certaines manœuvres avaient provoqué une tension au sein de cette banque commerciale. La BoM avait aussi été mise en présence de détails de partis pris et d’interférences dans le cadre de certaines décisions entérinées par cette banque quant à sa gestion même. La missive, menaçante, de la BoM au début du mois de juillet était catégorique à l’effet qu’il s’agissait de « non-compliance to adhere to the instructions of the Bank of Mauritius and address the governance issues which may impact on the safety and soundness of its depositors and stakeholders ».

Cette décision de la Banque de Maurice de virer le Board d’AfrAsia dans son ensemble intervient aussi après que le groupe IBL a usé de son droit la semaine dernière pour convoquer une Assemblée spéciale de ses actionnaires le 4 septembre prochain et fixer le sort de deux directeurs indépendants étrangers. Étant actionnaire de plus de 5% de Voting Rights, le groupe d’Arnaud Lagesse a tenté le Forcing de cette Special Shareholders Meeting avec un agenda de six points ayant trait à la composition du Board of Directors.
Il devait ainsi être question d’établir « whether it is in the best interest of the Company that Philippe Jewtoukoff and Matthew Welch continue to serve as independent directors of the Company, after having heard their explanations in that respect ».

D’ailleurs, le Chairman d’Afrasia, Jean de Fondaumière, avait lui aussi signifié son intention de partir, avec en toile de fond des reproches faits à l’effet qu’il ne tranchait pas en toute indépendance entre IBL et la BNC. Acculé par de nombreuses protestations contre lui par la majorité des directeurs, il avait été obligé de soumettre sa démission en tant que Chairman, étant accusé de « parti pris » en faveur d’IBL.

La décision de la Banque de Maurice d’exiger le départ d’Arnaud Lagesse a eu l’effet d’une bombe sur la place financière car personne, encore moins le principal concerné, selon les informations recueillies, ne s’attendait à une telle sanction. Du côté de la BNC, on laisse entendre que les directeurs ont le sentiment d’avoir payé les frais de leurs protestations contre le patron d’IBL et ont réservé leur droit de prendre toute action nécessaire au fur à mesure que les choses se précisent d’ici novembre.
Affaire à suivre…