Jayen Chellum de l'ACIM au centre (photo d'archives)

Avec la crise liée à la Covid-19 qui perdure, l’appréciation du dollar et les augmentations de prix, l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) estime nécessaire que le gouvernement engage le dialogue. Malheureusement, le courrier envoyé à différentes autorités est resté lettre morte, déplore Jayen Chellum, porte-parole de l’association. Ses demandes pour une réunion du National Price Consultative Council (NPCC) sont également demeurées sans réponse.

En juin dernier, tout juste après le déconfinement, l’ACIM mettait en garde contre une flambée des prix. Quatre mois plus tard, aucune disposition n’a été prise pour protéger les consommateurs face aux abus de certains commerces et il n’y a aucun dialogue entre les autorités et la société civile sur la question, en l’absence de réunions du NPCC. C’est ce que dénonce Jayen Chellum, qui affirme avoir écrit plusieurs lettres à ce sujet. Dans celle du 21 septembre, il attire l’attention du NPCC sur les difficultés auxquelles font face les consommateurs : « ACIM is kindly requesting for an urgent meeting regarding indebtedness and difficulty or unability to refund in Hire Purchase agreements, Credit sale, leasing, loans for clients who have lost their employments or who have had a reduction in their salary impacting on their ability to refund to the financial/credit companies. »
Cet item figure parmi ceux que l’ACIM considère comme urgent et qui doit être adressé. L’association avait déjà eu une réunion avec les deux compagnies offrant le crédit, soit Cim Finance et Rogers Capital, qui avaient laissé entendre qu’ils accordaient un délai de six mois aux clients. Or, ce délai est passé et, selon Jayen Chellum, il revient maintenant aux autorités de trouver les solutions appropriées.

Dans la foulée, le secrétaire de l’ACIM demande également quel mécanisme le gouvernement utilisera pour vérifier si les prix des boissons sucrées et autres pâtisseries ont été rétablis après la décision du ministère des Finances de faire marche arrière avec la taxe sur le sucre. « Avant même le 1er novembre, date à laquelle la taxe devait être effective, il y a des producteurs et des commerçants qui avaient déjà augmenté les prix. On a pris pour prétexte que le prix des matières premières avait augmenté. » Il y a aussi l’ambiguïté de savoir combien de sucre exactement il y avait dans les produits pour justifier la hausse. « Quel mécanisme le ministère de la protection des consommateurs et la MRA vont-ils appliquer pour s’assurer que les prix ont baissé, suivant la décision des Finances ? »

En cette période difficile, il plaide pour plus de médicaments génériques sur le marché local afin de permettre à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments à moindre coût. Jayen Chellum s’interroge également sur les risques de pénurie, du fait que les bateaux prennent plus de temps pour les livraisons à Maurice. « Ce qui prenait 20 à 25 jours pour arriver auparavant prend aujourd’hui 60 jours. » D’autre part, Jayen Chellum dénonce aussi les abus de la part d’un fournisseur de ciment, qui obligerait les quincailleries à acheter d’autres produits pour avoir droit au ciment. « Ce qui est contraire à l’article 4 de la Fair Trading Act. »

Certaines pratiques au niveau d’une compagnie commercialisant des pièces détachées sont également dénoncées. Les prix proposés à un client oscillent entre 22% et 39 % plus cher que ceux proposés pour les mêmes pièces à sa compagnie d’assurances. Par ailleurs, Jayen Chellum attire l’attention concernant les fuites sur le réseau de la CWA, alors que nous sommes dans une période de sécheresse. Il dénonce également le fait que l’air s’accumule dans les tuyaux pendant les coupures et que celui-ci compte pour la consommation, faute d’un système de valve adapté dans certaines régions.

Il affirme avoir écrit au ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, à ce sujet, mais il n’a obtenu aucune réponse. « On a investi de l’argent dans des projets qu’il ne fallait pas, alors qu’il était plus important de revoir notre réseau de distribution. Aujourd’hui, le métro roule à perte, on a dépensé Rs 19 Mds pour la Safe City. Cet argent aurait pu être utilisé pour refaire le réseau de la CWA. »