L’hôtellerie profondément sinistrée, selon le patron d’ENL

S’adressant au personnel du groupe ENL, Hector Espitalier-Noël, CEO du groupe, souligne que, face au triple traumatisme sanitaire, économique et sociétal occasionné par la COVID-19, « l’isolement ne peut se justifier comme la réponse pérenne aux risques que présente la pandémie ». Par ailleurs, malgré tous les efforts d’adaptation et d’innovation et le nouveau business plan CAP23, le groupe ENL « encourra des pertes importantes », prévient-il.

« Voilà bientôt un an que nous sommes coupés du reste du monde et que l’économie nationale est sous perfusion. Le soutien de l’État à l’emploi et à la consommation peut nous avoir anesthésiés par rapport à la gravité de la situation, mais il n’a pas empêché la mise à nu des maux latents de notre société, et l’isolement ne peut se justifier comme la réponse pérenne aux risques que présente la COVID-19 », écrit le patron du groupe ENL.

Il explique qu’il est « extrêmement difficile » de garder le moral quand tous les moyens par lesquels nous nous connectons au monde extérieur « nous relaient sans cesse des nouvelles de tout ce qui va mal ». Il dit que le groupe ENL a adapté CAP 23, son nouveau business plan, au contexte afin qu’il serve de « boussole » pour la sortie de crise. « Nous avons lancé avec succès des défis d’innovation pour encourager nos équipes à continuer à user de leur imagination et de leur créativité. Nous avons pris des risques calculés, acquis de nouvelles marques, démarré de nouvelles opérations, initié de nouveaux chantiers. »

« Des pertes importantes »

Toutefois, il précise que la tendance positive notée dans la plupart des segments d’activités du groupe durant le premier semestre de son année financière « n’atténue pas l’impact de la fermeture des frontières » sur ENL. « L’hôtellerie est profondément sinistrée, et, compte tenu de nos intérêts importants dans le secteur, notre groupe en est sévèrement affecté. Nous allons encourir des pertes importantes et attendons impatiemment l’annonce de la réouverture de nos frontières, qui seule affermira notre confiance en l’avenir du secteur. »

Hector Espitalier-Noël poursuit : « Nous savons que le pays reste fermé jusqu’à février 2021, mais n’avons aucune indication quant à une date de réouverture des frontières. » Il plaide pour qu’une équipe de haut niveau composée d’expériences et d’expertises diverses, avec des représentants de l’industrie, « travaille sur un plan réaliste qui nous permettrait d’annoncer une date d’ouverture dans un proche avenir, » une annonce qui permettrait à l’industrie de redémarrer ses opérations.

Procédant à une analyse sectorielle des opérations du groupe, le CEO d’ENL souligne que le pôle “commerce et industrie” a connu un bon semestre, ayant su se montrer proactif et adapter son offre au marché. À moins que le niveau de la consommation baisse davantage, ENL Commercial terminerait l’année financière sur une note forte, ponctuée par l’addition d’une nouvelle marque à son portefeuille : Decathlon. Mais Hector Espitalier-Noël mise sur la prudence : « Le niveau de consommation, qui a permis ces performances, ne saurait tenir sans les soutiens massifs de l’État, qui eux-mêmes ne peuvent durer éternellement. »

La rentabilité de la filière agro-industrie d’ENL passera par une revalorisation de la biomasse. Les centres commerciaux d’Ascencia ont enregistré une légère baisse de fréquentation, mais les performances des locataires restent « plus qu’honorables ». Moka Smart City a lancé L’Avenir, un nouveau quartier résidentiel, dont le succès a largement dépassé les attentes les plus optimistes, reflétant l’importante demande de la classe moyenne pour des produits innovants.

Un deuxième développement résidentiel, situé dans le quartier très prisé de Bagatelle, vient d’être mis sur le marché. La conceptualisation et la modélisation de Telfair, centre-ville de Moka City, progressent et ENL prévoit un démarrage des travaux d’ici mi-2021. Et d’ajouter : « Nous sommes en train d’exécuter tout un plan d’action pour la région de Bel-Ombre, ancré autour de la construction d’un second parcours de golf qui promet d’être au moins aussi exceptionnel que l’existant. Le master plan de Bel-Ombre met en avant le cachet naturel de l’endroit et le positionne comme un exemple de développement durable et intégré. »