• Des passerelles télescopiques en attente de maintenance, les équipements de X-Ray, détecteur automatique d’explosifs toujours en panne
  • Déclenchement accidentel d’une alarme à incendie au terminal samedi au débarquement nécessitant la fermeture des boutiques hors taxes

Depuis vendredi dernier, avec la réouverture des frontières, le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport reprend graduellement ses activités avec un nombre plus conséquent de gros porteurs au départ comme à l’arrivée. Mais la mise en hibernation des équipements stratégiques aéroportuaires fait que les membres du personnel affectés à ces opérations sont sous stress et doivent faire face à des « Teething Problems ». D’ailleurs, dès samedi matin, une alerte accidentelle contre les incendies dans le terminal a fait que les boutiques hors taxes à l’arrivée ont dû fermer leurs portes à la grande déception des passagers à l’arrivée. En plus, les craintes des retombées de la nouvelle superstructure d’Airports Holding Ltd commencent à se préciser pour les employés concernés au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport.

Alors que le nombre de passagers traités à l’aéroport davantage à l’arrivée qu’au départ ne cesse d’augmenter au fil des jours, des couacs se multiplient et viennent mettre davantage sous pression le personnel d’accueil même s’ils sont ravis de la réouverture des frontières. L’entretien pendant la période de confinement et de faibles activités à l’aéroport ont laissé à désirer au point où les répercussions sur la qualité de l’accueil des passagers à cette étape cruciale de la relance de l’industrie touristique se font sentir.

Les employés des services à l’arrivée en première ligne de ces manquements et qui doivent faire bonne figure devant les visiteurs, peinent à faire bon cœur contre mauvaise fortune devant des infrastructures stratégiques toujours en panne. Bientôt une semaine après la réouverture des frontières avec l’aéroport de Plaisance accueillant depuis le 1er octobre ses premiers touristes doublement vaccinés et sans restrictions sanitaires, ces employés affectés au SSR Airport tirent la sonnette d’alarme sur des manquements qui risquent de se présenter comme des obstacles à la longue pour la bonne marche de l’accueil des passagers.

À titre d’exemple, ces employés relèvent qu’une grosse partie des passerelles télescopiques (Bridges) nécessaires au débarquement des passagers lorsque les avions se rapprochent de l’aérogare ne fonctionnent pas. Il n’y aurait eu, selon des sources concordantes, aucune maintenance effectuée sur ces équipements pendant les 18 mois durant lesquels les activités à l’aéroport étaient en berne. Pour cause, la maintenance de ces passerelles est généralement confiée à des compagnies locales externes à l’aéroport dont les contrats, en raison de l’arrêt total du trafic aérien, ont été résiliés.

Aucun Preparedness Plan

Or, alors que les frontières allaient être rouvertes, ces passerelles n’auraient pas été inspectées et sont restées sans maintenance, du fait de l’absence d’un Preparedness Plan par le Management d’Airport Terminal Operations Ltd (ATOL)  en marge de cette nouvelle phase. C’est ce que confient en privé, de peur de représailles, des employés au Mauricien. Actuellement, une ou deux passerelles télescopiques seulement fonctionnent, disent-ils.

Ils avancent également qu’un appareil X-Ray, pour la détection automatique des explosifs, en panne depuis deux ans et demi, attend toujours d’être réparé. Dans ce cas, selon le contrat signé par ATOL, c’est un technicien de la maison mère, basée à l’étranger, qui devrait spécifiquement faire le déplacement pour cette maintenance aux frais d’ATOL.

« Les techniciens d’ATOL ne sont pas qualifiés pour la maintenance de cet appareil. D’ailleurs, c’est parce qu’un technicien local avait tenté d’y mettre sa touche que l’état de l’appareil s’est davantage détérioré !» ajoute-t-on dans les milieux concernés.

D’autre part, samedi matin à l’arrivée des plus importants vols, l’alarme à incendie dans l’aérogare s’était déclenchée de manière accidentelle. Les passagers, qui venaient de débarquer et attendaient leurs bagages, ont été priés de quitter le terminal une fois les valises récupérées. Avec la fermeture des boutiques hors taxes, ils ont été privés de leurs achats. Officiellement, l’on a tenté de downplay cet incident, qui a chamboulé leur début de vacances.

Tous les œufs dans le même panier

Par ailleurs, des employés de l’aéroport émettent des craintes quant à leur avenir au sein d’ATOL et d’AML, qui sont désormais sous la responsabilité de la mega-structure Airports Holding Ltd, avec à sa tête l’ancien Senior Advisor du Premier ministre, Ken Arian. « Ils ont mis tous les œufs dans un même panier et cela n’augure pas de bonnes perspectives, sachant qu’il y a toujours eu des histoires sordides avec Air Mauritius. Les mauvais achats d’avions ou le Mismanagement par exemple. Devrons-nous aussi faire les frais de l’histoire chaotique d’Air Mauritius dans le futur? » se demandent-ils en attendant d’en savoir plus.

Ils rappellent que si au sein d’autres entités, comme MK, ou la Mauritius Duty Free Paradise, les employés ont subi des réductions de salaires avec une baisse des allocations entre autres, les employés d’autres entités n’ont pas connu le même sort. « Comment cela va-t-il se passer désormais ? Serons-nous appelés nous aussi à nous serrer la ceinture pour que MK se relève ? »  s’interrogent-ils.

D’autant disent-ils, que « nous savons qu’à Air Mauritius, c’est souvent les largesses, avec cinq à six managers pour un seul département contrairement à nos autres entités. » Ces employés qui redoutent un crash, se demandent si la venue du nouveau CEO d’Airports Holding Ltd n’affectera pas davantage la situation à Plaisance, tenant compte, disent-ils « qu’il n’y a eu aucune amélioration en termes de qualité d’emploi ces dernières années avec le tandem Arian/Nilamber en tant que Chairman et CEO AML respectivement. Il ne faut pas oublier que c’est sous la houlette de ce duo dit infernal que le président du syndicat d’AML, Sharvin Sunassee a été limogé », ajoutent-ils en guise de conclusion.

D’où la crainte pour l’avenir de tous les employés avec Ken Arian qui chapeaute l’ensemble !