– Le déficit du compte courant « à des niveaux historiques »

Après le récent rapport du FMI, qui avait jeté un pavé dans la mare, surtout pour ceux qui croyaient que la reprise économique était déjà au rendez-vous, c’est maintenant au tour de la réputée agence internationale Moody’s de s’exprimer sur les perspectives économiques de la région subsaharienne pour 2021. Et pour Maurice, celles-ci ne sont guère réjouissantes. Un des points phares du rapport demeure le rythme de la reprise économique pour chaque pays de la région concernée. Et Moody’s de préciser – tout comme le FMI l’a fait – que « les économies dépendantes du tourisme, comme le Kenya, Maurice et la Tanzanie, en particulier, connaîtront une reprise lente ». Cela sachant que Maurice est le pays le plus dépendant de l’industrie touristique de tout le continent.
Les perspectives de Moody’s pour les pays d’Afrique subsaharienne sont négatives pour l’année, reflétant les graves défis économiques auxquels la région sera confrontée suite aux retombées de la pandémie. Les pays producteurs de matières premières et ceux dépendant de l’industrie touristique « were hit particularly hard », observe l’agence Moody’s. Ces pays incluent l’Angola, le Nigeria, le Botswana et Maurice. « Mauritius’ (Baa1 negative) negative outlook change reflected the coronavirus’ effect on tourism, which accounts for a relatively large share of economic activity and export receipts. »
Moody’s précise que pour Maurice et les autres économies dépendant du tourisme, la reprise sera lente : « Tourism-dependent economies will see a slow recovery. We expect global tourism to remain muted until the second half of 2021, causing lower than historical growth of 5% in Kenya, 4.6% in Tanzania and 2.4% in Namibia. Mauritius, the SSA sovereign most dependent on tourism for growth, will experience higher than historical growth of 7.8% in 2021 after contracting almost double that in 2020, driven by a favourable base effect and the potential benefits of vaccine evolution on a global tourism recovery. »

Par ailleurs, le choc sur les secteurs de l’exportation générateurs de devises continuera de peser sur les déséquilibres des comptes courants de plusieurs pays de la région, dont Maurice : « The current account deficits for Mauritius, Kenya, Tanzania and Namibia will revert to historical levels of 9.5%, 5.6%, 1.9% and 2.5% of GDP, respectively, in 2021. »
En outre, le rapport de Moody’s explique que la dépréciation de la monnaie augmentera le coût du “debt burden” tout en réduisant le “debt affordability”. À quelques exceptions près (Maurice, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Botswana et la Namibie), la dette en devises représente plus de 60% de la dette publique de la région Afrique subsaharienne.

Les perspectives de solvabilité pour 2021 sont négatives alors que le coût de la dette s’intensifie « amid limited institutional capacity to adjust post pandemic », écrit Moody’s. « Most Sub-Saharan African governments’ debt burdens will stabilise at materially higher levels in 2021, with the average debt burden for the region at around 64% of GDP in the near to medium term », dit Kelvin Dalrymple, Vice President – Senior Credit Officer de Moody’s Investors Service. « We do not expect debt burdens to come down in the foreseeable future as revenue generation capacity remains weak. Higher debt loads, lower government revenue, and higher interest costs will increasingly challenge debt affordability. Contingent liabilities from state-owned enterprises also pose an additional risk. »