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  • En moyenne, la réduction des salaires pratiquée depuis mai dernier est de 15% comparativement au premier trimestre
  • Le taux de chômage au-dessus de la barre des 10% en mai, soit +3% de plus, en comparaison avec les 7,2% du premier trimestre
  • Un ménage sur quatre réduit déjà son budget sur le plan de l’alimentation pour faire face à la crise
  • 65% de la population affectée par la pandémie et les mesures du Lockdown mises en vigueur pour enrayer la propagation du virus

Les séquelles de la pandémie de COVID-19 sur les ménages à Maurice sont indélébiles et indéniables. Une première étude, réalisée conjointement par Statistics Mauritius et en collaboration avec la Banque mondiale, portant sur le thème “Monitoring of the Socio-Economic Effects of COVID-19 on Mauritian Households”, établit un premier bilan chiffré, dont une baisse de 15% en moyenne des salaires en mai dernier comparativement à la situation prévalant au cours du premier trimestre de cette année. Toutefois, à la page 15 de ce document, il est aussi question que des ménages fassent également face à des réductions de revenus de l’ordre de 50% dans la conjoncture.

En dépit des assurances distribuées à la ronde quant aux risques de dérapages dans les licenciements post-Coronavirus, les données officielles confirment qu’en mai dernier, le taux de chômage a déjà passé la barre des 10%, soit trois points de plus que les 7,2% du début de cette année. Cette étude statistique balise également les difficultés rencontrées par les Mauriciens pendant le “Lockdown”, en l’occurrence un ménage sur cinq n’a pas été en mesure de s’approvisionner de mars à mai et ce, pour diverses raisons.

Outre les conséquences sur l’emploi en général au sein de l’économie, la COVID-19 pèse lourd sur le plan des salaires. Ainsi, la moyenne de réduction des salaires imposée dans les différents secteurs est de 15%. « Average monthly salaries declined by about 15% compared with first quarter of 2020 », souligne le rapport de Statistics Mauritius et de la Banque mondiale. Les plus importantes coupes de salaires sont intervenues dans le secteur primaire, avec les activités agricoles, et le tertiaire, notamment les services, en particulier le tourisme, soit 16,4% et 17,3% respectivement. De ce fait, la moyenne des salaires perçus en mai est moins de Rs 20 000, soit Rs 19 900 par mois, contre Rs 23 500 en début d’année. Dans les différents secteurs d’activité, la situation en mai est la suivante :

– primaire : salaires moyens de Rs 13 800 par mois (-16,4%)

– secondaire : Rs 16 600 par mois (-7,8%)

– tertiaire : Rs 21 100 par mois (-17,3%)

Poursuivant cette analyse, ce Survey officiel confirme que « employees who kept their job worked for shorter hours (23%) because of lockdown measures, lack of work or rotation of staff decided by the employer ». En plus, presque un employé sur trois, qui a travaillé pour des “shorter hours”, n’a reçu qu’une partie de son salaire. Force est de constater que le secteur informel de l’économie a été le plus affecté par la pandémie de COVID-19, avec une réduction de 69% des emplois disponibles. « About 75% of self-employed/employers reported a decline in their business income, and over one in two declared a reduction of over 50%. The main reasons for the decline in income are lack of customers (64%) and closure of business location due to COVID-19 (27%) », indique le document officiel, qui ajoute que « between the first quarter of 2020 and May 2020, over two in three jobs losses concern informal employment ». Et d’ajouter : « Informal employment accounts for over 65% of the decline in wage employment and for about 76% of the decline in non-wage employment. »

La réalité de COVID-19 se traduit en une hausse du taux de chômage à partir de mai dernier. « The labour force comprising individuals aged 16/64 not in full employment works out to 451 200 in May 2020 compared to 576 100 in the first quarter of 2020 and the unemployment rate is estimated at 10,2% relative to 7,2% in the first quarter of 2020 », fait également ressortir cette étude sur l’impact socio-économique de COVID-19.

Présentant le nombre d’Inactive Persons comme un élément incontournable, Statistics Mauritius et la Banque mondiale rappellent que « out of an inactive population of 336 900 as May 2020, about 68 800 (or 20%) reported to have worked before the lockdown and to have stopped working because of business closure due to the lockdown or furlough ». La répartition sectorielle de ce phénomène de sans-emploi avec la COVID-19 est comme suit :

– secteur agricole : 5,3%

– construction : 13,6%

– manufacturier : 19;2%

– commerce de détail et en gros : 14,6%

– restauration : 7,9%

Private Households : 10,4% et

– autres services: 26,4%.

Le secteur des services a enregistré le plus fort taux de réduction d’emplois, soit « 79 800 jobs were lost in the tertiary sector due to the pandemic and consequent economic crisis ». Cela même si cette étude avance que « employment increased in information and communication, professional, scientific and technical activities and health services ».

D’un point de vue général, deux ménages sur trois, soit 65%, sont affectés par la COVID-19 et les mesures du “lockdown”. Pour faire face à la situation, plus d’un ménage sur quatre ont réduit de manière drastique le budget de l’alimentation, les dépenses non essentielles et ont recours à l’aide et au soutien de proches et de connaissances. « About 17% of Mauritian households have skipped a meal since the lockdown started », ajoute ce Household Survey.

Par ailleurs, un ménage sur cinq (20%) n’a pu « purchase basic food items between the start of the lockdown and the month of May », alors qu’à Rodrigues, la moyenne est plus élevée, presque deux sur cinq (36%). Diverses explications sont fournies à cet effet, notamment des problèmes financiers (36%), des restrictions de mouvements (25%), la fermeture des commerces (22%), sans compter « the unavailability of food items, lack of transportation, and increase in prices ». À noter que 71% des Mauriciens, qui sont sous traitement médical, ont pu le faire pendant l’instauration du couvre-feu et que 15% des élèves et étudiants n’ont pu suivre les cours en ligne avec la fermeture des écoles en raison d’un manque de moyens.