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  • Les valeurs hôtelières se redressent
  • La volatilité au menu des prochaines semaines, selon Imrith Ramtohul

Le Semdex, principal indice sur le marché officiel, a retrouvé des couleurs ce mardi à la Bourse de Maurice, franchissant pour la première fois depuis longtemps la barre psychologique des 1 900 points. L’indice a en effet clôturé la séance à 1 907,80 points, affichant une croissance de 15,74% depuis le début de l’année. La Stock Exchange of Mauritius explique que les valeurs ayant connu les plus fortes hausses depuis janvier sont : Sun Limited (+58,70%), ENL (+55,81%), Gamma Civic (+43,35%), Ciel (+40,74%) et Lux Island Resorts Ltd (+39,10%).

Cela faisait longtemps que les observateurs et courtiers en Bourse attendaient cette remontée du principal indice boursier qui, il faut le dire, a navigué en eaux troubles depuis le début de la pandémie en mars de l’année dernière. En fait, depuis mars 2020, le Semdex évoluait bien en deçà de la barre des 1 900 points. Exemple, le 12 avril dernier, il se situait à 1 621,88 points, soit bien loin des 2 217 points enregistrés en février 2020, soit avant les premiers cas de Covid-19 à Maurice.

L’embellie du Semdex peut s’expliquer par plusieurs facteurs, selon Imrith Ramtohul, Senior Investment Consultant chez Aon Solutions, et d’abord par l’annonce de la réouverture des frontières. « C’est à mon avis le principal facteur qui redonne confiance aux investisseurs », dit-il. Car l’annonce de la réouverture ramène de la visibilité dans le secteur hôtelier. « Ils pourront enfin opérer et faire rentrer des devises, dont on a tant besoin dans le pays », dit-il.

Deuxième facteur pouvant expliquer la remontée du principal indice, le fait que plusieurs entreprises cotées ont renoué avec le paiement de dividendes, à commencer par le groupe MCB, un des poids lourds du marché officiel, mais également Alteo, ENL, Rogers ou encore IBL. Enfin, Imrith Ramtohul parle de « feel-good factor » suivant la présentation du budget, plus particulièrement l’annonce du taux de croissance de 9% pour l’exercice financier 2021/22, qui semble rassurer les investisseurs en bourse. « Normalement, ce genre d’annonce dans un budget a un effet positif sur la bourse, car le marché est plutôt “forward looking” et se concentre sur le futur. Et malgré la hausse du nombre de cas positifs de Covid-19, le marché estime que tout ira mieux à plus long terme », explique-t-il.

En revanche, bien qu’il ait passé la barre des 1 900 points mardi, le Semdex n’a toujours pas retrouvé son niveau prépandémie. Il est en effet toujours en baisse de 13,94% comparé à son niveau de décembre 2019. Aussi, il caracolait à 2 177 points fin février 2020, et on est malheureusement encore loin de ce niveau. Néanmoins, les observateurs estiment que c’est bon signe que la Bourse locale « récupère », car elle était restée à la traîne, comparé à la tendance des marchés mondiaux, et « beaucoup d’investisseurs avaient perdu confiance ». Imrith Ramtohul ajoute que le Semdex a pris 3,4% en avril, 3,6% en mai et 8,7% en juin. L’indice a de fait progressé de 13% au total pour le premier semestre 2021.

Sur le marché secondaire, le DEM, le principal indice (DEMEX), a connu un bond de 33% sur les six premiers mois de l’année, dopé principalement par certaines compagnies très performantes, en l’occurrence Ascencia et C-Care (la première nommée migrera d’ailleurs sur le marché officiel dans quelques semaines). « En migrant sur le marché officiel, Ascencia pourra cibler plus facilement les investisseurs étrangers qui s’intéressent davantage au marché officiel, qui est plus liquide et qui offre donc plus d’opportunités », commente-t-on. En parlant d’investisseurs étrangers, ils n’ont pas vraiment participé à la reprise du Semdex. D’ailleurs, en juin, les investisseurs étrangers avaient vendu plus de titres qu’ils n’en ont achetés, soit Rs 376 millions de titres vendus pour des achats de l’ordre de Rs 160,8 millions.

Le Semdex va-t-il poursuivre son ascension dans les prochaines semaines ? Difficile à dire, selon les spécialistes. « Cela risque d’être volatile», prévient d’ailleurs Imrith Ramtohul. « La roupie s’est dépréciée et l’inflation risque de gonfler. Et ce n’est pas nécessairement une bonne chose pour les compagnies, car leurs marges seront affectées », dit-il. Et si le nombre de cas positifs au Covid-19 augmente davantage ? « S’il y a seulement quelques cas par jour, on peut vivre avec, mais en cas où le gouvernement devait instaurer un mini-lockdown, il est clair que les compagnies cotées en bourse en seraient affectées, et le Semdex aussi par ricochet. »