Si la dépréciation de la roupie a ralenti ces trois derniers mois, c’est que la Banque de Maurice dispose encore d’une marge de manœuvre pour limiter la casse et l’empêcher de dégringoler davantage. Mais attention ! Certains spécialistes font en effet remarquer que les décaissements massifs de la Mauritius Investment Corporation (MIC), destinés à soutenir de grandes entreprises pour les empêcher de s’effondrer, risquent aussi de provoquer davantage de pression sur la roupie…

« Les décaissements de la MIC seront critiques, car certains groupes qui bénéficient de ces aides financières, se chiffrant en milliards, ont de grosses dettes en devises étrangères, dont un groupe hôtelier en particulier. Ses dettes arrivent à terme très bientôt et il va devoir convertir ces milliards obtenus pour acheter des devises pour rembourser ses dettes. Et ça va mettre de la pression sur la roupie. » Le deuxième groupe hôtelier n’a pas la même structure de dette.

Quoi qu’il en soit, la pression sur la roupie va se maintenir dans les prochains mois, et la Banque de Maurice devra continuer à jouer aux équilibristes en convertissant ses devises en roupies pour empêcher la dégringolade et maintenir une certaine stabilité de la monnaie nationale. « Tant que la Banque Centrale a des réserves en devises, c’est jouable, mais si ses réserves s’épuisent et si l’économie ne redémarre pas, la pression s’accentuera », prévient Antony Leung Shing.