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– Ces sociétés, avec des difficultés d’honorer les intérêts sur les Bonds émis, dans le temps, choisissent d’envisager le recours à une « restructuration »

Les séquelles de la pandémie de COVID-19 se font sentir sur le marché des Bonds, avec des échéances de repaiement intervenant à partir d’aujourd’hui jusqu’à la fin de ce mois. Les banques faisant preuve d’une extrême réticence pour en assurer le financement par le truchement de nouvelles facilités bancaires, des sociétés – ayant émis ces instruments financiers – doivent impérativement recourir au processus de « Bonds Restructuring », soit rechercher d’autres sources de financement pour le financement. Des spécialistes dans le domaine affirment qu’avec notamment l’injection dans les meilleurs délais des Rs 80 milliards, la hantise de « going bust » se précise de plus en plus. À ce stade, trois entités, en l’occurrence Southern Cross, le groupe CIEL et Medine, ont déjà informé les autorités boursières de même que les Stakeholders de la « situation catastrophique ».

Ainsi, Southern Cross Ltd a été la première à annoncer ses intentions de restructuration de ses Bonds sur le marché. « The term ‘restructure’ means, unofficially, the bank does not want to lend you money and you have to look at our funding again », explique-t-on dans les milieux des affaires et de la finance. Cette société, ayant accumulé des problèmes de trésorerie, fait face à une obligation en ce lundi 15 juin de payer les intérêts accrus sur les Bonds, cotés à la Bourse de Maurice.

Dans le cas du groupe CIEL, la MCB Capital Markets est venue officiellement confirmer par voie de communiqué que « CIEL have asked MCB to waive the covenants (the conditions which have to be met) and suspend them until June 2021 ». En clair, cette annonce de MCB Capital Markets confirme l’incapacité de ce groupe de « meet the amount of security it should pledge against the bonds (shares in SUN and ALTEO) and will not meet its interest cover, meaning the amount of profits before interest generated to cover interest payment will be lower than the 1.5x it should be ». Un autre groupe se trouve dans la même situation par rapport au Waiving des Covenants mais n’a fait aucune annonce à ce jour.

Le troisième cas concret est celui de Medine, qui doit faire face à une facture de Rs 89 millions pour les besoins de Bonds à la fin de ce mois. Dans la conjoncture, Médine fait face à des difficultés pour convaincre les banques en vue de nouvelles facilités financières.

Commentant cette situation, des spécialistes notent que « at the same time, yields (interest rates) on government bonds are ridiculously cheap. Government is now raising debt at 0,54% for 6 months and 1,80% for 5 years. All the issues are oversubscribed as well. These are subscribed mainly by banks. What does this mean ? There is a lot of liquidity in the banking market. They bid for these yields and the lowest bidders get allocated; the inflation rates are moving up since march and are now above the 5-year rates therefore and it means that banks, instead of lending, are ready to accept very low returns by lending to government instead of lending to companies. » Pour la communauté des affaires, ce phénomène de réticence de s’engager est inédit à Maurice. « Banks are not lending because they do not want to take more risks. When that happens the economy comes to a grinding stop », ajoute-t-elle.

Pour sortir de cette crise, la voie à être empruntée est des injections de fonds de la part du gouvernement. « The only thing that will make things better is if government injects money in the system to de-risk banks balance sheet. They put money into companies who pay creditors and banks. Money circulates through the system. Basically, oil in an engine », avoue-t-on tout en exprimant des réserves devant le délai pour traduire dans la réalité l’intention autour du soutien annoncé de Rs 80 milliards.

Mais les torts sont partagés pour ce qui est de ce délai. « Il semblerait que l’un des Stumbling Blocks se résume au fait que le secteur privé veut que ces facilités soient déboursées selon ses conditions ». « It seems that the private sector is also not accepting the money as they want it on their terms. They need to realise the world has changed and banks will not play ball anymore. It is by far the most dramatic economic time Mauritius has faced. By far, worse than the beginning of the 80s. It is very very bad and both the government and private sector need to react », s’appesantit-on. Et de souligner que « le temps presse car il ne reste que deux semaines pour agir si l’on veut éviter des banqueroutes en série ».