Photo d'illustration

Les difficultés financières sont légion depuis le confinement, et plusieurs compagnies sont touchées. Il nous revient qu’une compagnie d’assurances serait également en fâcheuse posture. Après le crash de l’assureur BAI, c’est mauvais signe pour le secteur financier, surtout si la compagnie doit être mise en liquidation, fait-on savoir dans les milieux concernés. Cette compagnie d’assurances fait face actuellement à des difficultés pour payer les sinistres de ses clients, recherchant toutes sortes de prétextes pour ne pas payer les réclamations, allant jusqu’à évoquer des cas de fraude. Dans les milieux, on s’interroge à l’effet de savoir si la Financial Services Commission (FSC) est au courant de cette affaire et a pris les mesures qui s’imposent.

Déjà en situation financière délicate bien avant le confinement, la compagnie en question a essuyé des pertes après impôt de Rs 10 millions l’année dernière et, depuis, sa situation ne s’est pas arrangée. Mais ce qui inquiète, c’est surtout son “exposure” dans divers secteurs de l’économie locale, qui se chiffre à plusieurs milliards. Dans les milieux de la finance, cette affaire n’est pas prise à la légère, et ce, d’autant plus que cette compagnie a pour actionnaire une banque. « Avec tout ce qu’on entend actuellement, le secteur financier est déjà fragilisé. En plus, avec la liste noire de l’UE, le secteur bancaire mauricien sera encore plus fragilisé, car la majorité des banques tire une bonne partie de leurs profits du “segment B”, c’est-à-dire du “global business”, tandis que dans le “segment A”, elles devront faire face à une montée en puissance des créances douteuses dans le sillage du confinement. Il faut faire très attention. Une compagnie d’assurances en difficulté, ce n’est jamais bon signe », fait comprendre un spécialiste de la finance.

Cette compagnie d’assurances, dont le chairman est un homme d’affaires très connu, mais très discret, a pour actionnaires une banque et une autre compagnie évoluant dans le domaine de l’assurance et appartenant à cet homme d’affaires. La compagnie en question a un “stated capital” de Rs 39 millions et ses clients sont des PME et des “mid-cap corporates”. Seule solution pour la sortir d’affaire : une injection de capitaux de ses deux principaux actionnaires. Mais sont-ils prêts à consentir ce sacrifice ? C’est la question. « Le régulateur doit être plus proactif. Il y a aussi la responsabilité morale et éthique des auditeurs », fait-on comprendre.