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2 000 investisseurs déjà enregistrés sur la plateforme Fundkiss

Le “crowdfunding” leur donne accès à une nouvelle classe d’actifs

Le développement du financement participatif ces deux dernières années démontre qu’il existe un réel marché des « retail investors » qui est en train de se développer à Maurice. C’est en tout cas l’avis exprimé par Paul Perrier, CEO de Fundkiss, lors une conférence récemment organisée par Éco Austral et Platform Africa. Les “retails investors” se définissent comme des investisseurs individuels, et non des professionnels. Ces individus investissent en bourse et dans d’autres classes d’actifs, comme le “crowdfunding”. « Nous voyons petit à petit ce marché se dessiner avec l’intérêt croissant de nombreux Mauriciens pour devenir investisseurs. Et dans un contexte économique actuel de taux d’intérêt très bas, ils sont de plus en plus à la recherche de produits différents pour placer leurs économies », dit Paul Perrier.

La plateforme de “crowdfunding” Fundkiss offre justement de telles opportunités aux “retail investors”, tout en permettant aux PME et “sole traders” de venir se financer en ligne. Paul Perrier dit qu’il s’agit d’un type de financement « hybride » qui se fait via des particuliers, mais aussi des institutionnels. Il souligne que 98% des projets mis en ligne sur le site sont financés en moins de 24 heures.

La plateforme Olive Crowd propose de son côté de l‘Equity Crowdfunding, soit du financement participatif en actions, et non sous forme de prêts (“crowdlending”) comme Fundkiss. « Nous avons débuté en 2017 à partir du constat que beaucoup d’entreprises à Maurice éprouvent des difficultés à se financier via le circuit bancaire classique. Par ailleurs, le refus de financement par la banque est souvent en raison d’un manque de fonds propres des entreprises. Ces entreprises ne peuvent pas se financer par les banques parce que leurs fonds propres sont faibles. Donc, nous avons lancé Olive Crowd pour solutionner ce problème, permettre à ces entreprises de trouver une alternative », explique le CEO d’Olive Crowd, Dhitoimaraini Foundi.

Cette plateforme permet aux entreprises de lever des fonds en capitaux propres et, ainsi, de renforcer leur niveau de fonds propres. L’Equity Crowdfunding représente une nouvelle classe d’actifs pour les investisseurs qui veulent diversifier leurs placements. Pour Dhitoimaraini Foundi, ce type de financement est inclusif, car n’étant pas réservé aux professionnels et institutionnels. « Tous ceux qui ont des excédents financiers peuvent les investir dans des entreprises. »

Quand une entreprise a besoin de financer ses investissements, elle peut contacter Olive Crowd. « On va proposer le projet aux investisseurs, qui vont alors injecter des fonds en capitaux propres. En contrepartie, ces investisseurs deviennent actionnaires de la société. La part du capital ouverte aux investisseurs est libre, car c’est l’entrepreneur qui décide quel pourcentage de son capital il veut céder à des investisseurs externes. »

Dhitoimaraini Foundi insiste que tous les éléments/documents soumis sont vérifiés et ensuite mis à disposition des entrepreneurs et des investisseurs qui vont injecter des fonds. « Donc, on fait de l’intermédiation entre les entrepreneurs et les investisseurs qui recherchent des entreprises à fort potentiel pour investir. Olive Crowd, c’est le financement, mais aussi un accompagnement vers une montée en compétences, car les investisseurs partagent leurs compétences avec les entrepreneurs », dit-il.

Pour Fundkiss, qui fait du “crowdfunding” sous forme de prêts aux entreprises, l’objectif est de « simplifier le crédit pour les entreprises et le démocratiser », tout en donnant aux investisseurs accès à une nouvelle classe d’actifs, et ce, même à partir de leur smartphone. Plus de 2 000 investisseurs sont déjà enregistrés sur la plateforme. Paul Perrier souligne que la “fintech” prend une place de plus en plus importante dans l’économie. Selon lui, le système financier classique « est attaqué par des acteurs extrêmement spécialisés, que ce soit sur prêt ou sur l’equity ou les solutions de paiement ».

Il ne manque pas de préciser aux non-initiés que l’investissement est risqué sur la plateforme : « Il peut y avoir un risque de perte en capital. Donc, on conseille de diversifier les investissements. Vous pouvez commencer par Rs 5 000, puis vous pourrez monter en puissance. » Si Fundkiss sert d’alternative au circuit bancaire traditionnel, Paul Perrier prévient que Fundkiss « n’est pas la poubelle des banques », car si un projet a été rejeté par les banques, cela ne veut pas dire qu’il sera automatiquement financé par la plateforme de “crowdlending”. Il y a tout un “credit process” à suivre. Toutes les demandes de financement sont analysées puis soumises à un Head of Credit, puis à un Credit committee : « C’est ce comité qui prend la décision si oui ou non un projet sera mis en ligne. Si le Credit Committee dit non, le projet n’est pas mis en ligne. »