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La direction de ce groupe hôtelier parle de scénario « sans précédent »

La vente du Kanuhura aux Maldives et les fonds avancés par la Mauritius Investment Corporation Limited ont permis au groupe Sun de faire face à ses obligations financières à court terme et de réaménager son endettement. Mais le bilan est lourd pour le groupe, pour ne pas dire catastrophique, à quelques jours de la tant attendue réouverture des frontières.

Le Wage Assistance Scheme, les milliards de la MIC, le rééchelonnement de ses obligations financières auprès des banques et ses propres efforts internes de rationalisation des coûts lui ont certes évité une descente aux enfers, mais il n’en demeure pas moins que Sun a été lourdement impacté par la crise.
Après les pertes annuelles de Rs 1 milliard annoncées par le groupe Lux, Sun touche le fond, essuyant des pertes colossales de Rs 2 milliards pour l’année se terminant au 30 juin 2021. Un triste record dans le Corporate Sector. Il faut dire que pour la période de neuf mois se terminant en mars dernier, le groupe affichait déjà des pertes substantielles de Rs 1,6 milliard. De plus, il creuse ses pertes annuelles en comparaison avec 2020 (Rs 1,8 milliard).

En termes de chiffre d’affaires, c’est la dégringolade, Sun comptabilise la somme de Rs 1,1 milliard au 30 juin 2021, soit environ le quart de sa performance de 2020 (Rs 4,9 milliards). Il faut dire que cet exercice financier reflète l’effet de la fermeture complète des frontières depuis mars 2020, l’hôtellerie mauricienne « facing its most severe test so far », explique la direction. Depuis le 20 mars 2020, ses activités commerciales sont restées suspendues et certains établissements n’ont fonctionné que pour la quarantaine et les séjours domestiques.

Face à ce scénario sans précédent, le groupe a saisi l’occasion pour mener une conséquente restructuration interne en vue de réduire ses coûts fixes sur une base permanente, par le biais de différents groupes de travail et comités dédiés à la productivité et l’optimisation des projets. Ainsi, la direction se dit confiante qu’au moment de la reprise, le groupe sera une organisation plus légère et plus efficace pour mieux faire face au nouvel environnement.

Du point de vue financier, afin de répondre aux besoins de trésorerie et aux engagements financiers à court terme, la direction a réussi à obtenir le soutien de Rs 3,1 milliards de la Mauritius Investment Corporation Limited par le biais d’obligations convertibles remboursables. Il a aussi obtenu le Wage Assistance Scheme pour conserver sa main-d’œuvre et a renégocié ses conditions avec ses banquiers. En outre, le 3 mai, il a finalisé la cession pour un montant de USD 41,5 millions du Kanuhura aux Maldives. Désormais, il se recentrera sur ses opérations mauriciennes. Ces apports financiers lui ont permis de rembourser les Rs 2,4 milliards d’obligations arrivant à échéance en novembre 2020 et devraient également lui permettre de faire face à son second remboursement aux détenteurs d’obligations en novembre prochain.

Comme les obligations de la MICL sont comptabilisées en tant que quasi-fonds propres, les dettes du groupe s’élevaient au 30 juin à Rs 7,1 milliards contre Rs 8,8 milliards l’an passé, ce qui a entraîné une diminution de son ratio d’endettement de 59,5% à 50,6%. Avec une activité qualifiée de marginale de la quarantaine et du marché touristique domestique, le groupe a pu engranger des revenus de Rs 528 millions sur 12 mois.

Avec l’ouverture restrictive des frontières depuis le 15 juillet, Sun a commencé à prendre les réservations pour deux de ses établissements pour les clients entièrement vaccinés entrant au pays. Il attend avec impatience – comme toute l’industrie hôtelière – la réouverture totale des frontières du pays à partir du 1er octobre. Mais il observe que les “trading conditions” demeurent incertaines, au vu des conditions sanitaires prévalant localement et dans les marchés émetteurs.

Si les réservations ont été lentes depuis juin, la direction du groupe souligne que « management is however encouraged by the recent increase in the reservation trend as various sales and marketing actions filter into our markets, airlines start programming scheduled flights and our trade and travellers’ confidence resumes ».