Redonner un coup de pouce au secteur manufacturier avec pour objectif de contribuer à la croissance économique du pays. C’est la stratégie adoptée par le ministère du Développement industriel, des PME et des Coopératives (Division du développement industriel) avec le lancement de l’Industrial Policy and Strategic Plan (IPSP) for Mauritius pour la période 2020-2025, ayant bénéficié du soutien technique et financier de l’United Nations Conference on Trade and Development (UNCTAD). Ce plan s’articule autour de 22 recommandations pour le renforcement des exigences fondamentales de la base de fabrication, la mise à jour des chaînes de valeur, l’augmentation de l’offre sur le marché intérieur, le soutien de la croissance des exportations régionales et mondiales ainsi que la facilitation de l’absorption des technologies de pointe.

L’IPSP élabore une nouvelle vision pour un secteur industriel mondialement compétitif et durable qui contribue à une croissance économique plus élevée pour Maurice grâce à l’innovation continue, la mise à niveau technologique, les gains de productivité et l’emploi hautement qualifié. « Le document présente la démarche de développement industriel à suivre par le gouvernement et les opérateurs sur les cinq prochaines années. L’IPSP a été élaboré en tenant compte d’une vision holistique du secteur manufacturier. Il s’adresse non seulement aux entreprises orientées vers l’exportation, mais une attention particulière a été accordée à nos entreprises soutenant la production locale et aux PME également. Cela signifie que les politiques et les mesures seront désormais élaborées au profit de toutes les entreprises de l’écosystème manufacturier afin de parvenir à une croissance industrielle harmonieuse et de garantir que personne ne sera un laissé pour compte à l’avenir », déclare le ministre Sunil Bholah, à cette occasion.

Quatre objectifs devront être atteints avec la mise à exécution de ce plan accroître la valeur ajoutée brute manufacturière de 1,6 milliard USD en 2018 à 3,6 milliards USD ;

augmenter le secteur de la manufacture à un taux de croissance annuel moyen de 6,79% (de 2018 à 2030), tout en assurant qu’il contribue à 25% du PIB ;

améliorer la productivité du secteur de 3,87% par an pour soutenir la transformation structurelle de l’économie dans le pays à revenu élevé ; et

booster l’emploi manufacturier de 103 411 en 2018 à 146 122 sur les cinq ans à venir.

Le rapport dévoile 22 recommandations majeures pour donner un coup de pouce au secteur manufacturier sur le plan local. En vue de mettre en œuvre ces recommandations, des plans d’action sectoriels spécifiques sont prévus pour divers sous-secteurs de la manufacture, notamment le textile et l’habillement, la transformation des aliments, les préparations de poisson, les dispositifs médicaux, les produits pharmaceutiques, la bijouterie et les articles connexes ainsi que les PME.

L’IPSP accorde une attention particulière à l’impact de la pandémie COVID-19 sur le secteur manufacturier et propose les politiques appropriées pour accroître sa résilience. « Certes, le début de la crise sanitaire mondiale de la COVID-19 a mis au premier plan les forces et les vulnérabilités de notre base de fabrication. Le moment est plus propice que jamais pour que le secteur manufacturier soit doté d’un document qui lui permettra d’approfondir sa résilience et de contribuer au prochain niveau de croissance industrielle. Je suis reconnaissant qu’avec l’aide de l’UNCTAD, nous ayons fait un pas de plus dans notre quête pour atteindre l’excellence manufacturière grâce à laquelle Maurice peut devenir un exemple éclatant dans la région avec la nouvelle vision », ajoute le ministre.

D’autre part, ce plan soumet sept recommandations établir une feuille de route de développement des compétences du secteur manufacturier ;

développer un processus d’accélération des permis d’expatriés permettant aux entreprises de répondre aux changements rapides de la demande du marché ;

élaborer un cadre de flexibilité du marché du travail qui améliore la tendance des fabricants à adapter leur capacité aux évolutions du marché ;

mettre en oeuvre les capacités d’accréditation nationales pour les approvisionnements du marché international ;

instituer une feuille de route numérique pour les sous-secteurs de fabrication prioritaires et veiller à ce que l’infrastructure numérique soit en place pour des modèles commerciaux en évolution ;

revoir la norme des zones industrielles et faire progresser les critères aux principaux domaines industriels dans le monde ; et

examiner les opérations portuaires et aligner les coûts et les normes de performance avec les principaux ports de marchandises du monde entier.

Pour la mise à jour des chaînes de valeur, le plan prévoit la mise sur pied d’un Manufacturing Upgrading Fund (MUF) au coût de Rs 1,9 milliard sur les prochains cinq ans ; d’un Modernisation Investment Support Fund (MISF) avec un impact budgétaire de Rs 4,4 milliards jusqu’à 2025 et de Rs 9,6 milliards à 2030 ; et d’un Technology Innovation Incentive (TII).

Dans le contexte d’augmentation d’offre sur le marché intérieur, l’IPSP recommande de lancer un processus de certification du marché intérieur pour la transformation des aliments et les produits FMCG, qui encourage la production locale durable ; que la Mauritian Competition Authority surveille les achats des chaînes de supermarchés et réponde aux pratiques commerciales monopsones ; que le gouvernement s’engage avec les supermarchés pour soutenir les productions et le label Made in Moris du secteur privé ; que le gouvernement  enquête sur la désignation des achats locaux de certains produits fabriqués localement ; revoir les M&E et PTA de Maurice et établir des processus de remédiation qui protègent les fabricants locaux pendant les enquêtes ; et explorer les modèles de service de fabrication nationaux potentiels et développer des réglementations de marché qui profitent à ces modèles.

Au chapitre des exportations régionales et mondiales, l’IPSP recommande l’exploration de la mise en place d’un entrepôt rentable et de liaisons de fret directes vers les marchés africains ciblés ; des garanties de crédit à l’exportation à prix réduit pour soutenir les activités de recherche de marché à risque sur les marchés de l’Afrique subsaharienne ; le développement de chaînes de valeur régionales pour certains sous-secteurs manufacturiers, y compris les vêtements et les textiles, la transformation des aliments, les instruments médicaux et la bijouterie ; de négocier des avantages continus d’accès au marché à l’UE, aux États-Unis, et s’étendre à l’Australasie ; et  la mise en place d’entrepôts rentables sur les marchés clés des économies développées pour aider l’approvisionnement des PME sur ces marchés.