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– La hausse des prix attribuée à la dépréciation de la roupie et à la vente de sucres spéciaux

– Le secteur sucrier toujours dans l’attente de la publication du rapport de la Banque mondiale

Le prix du sucre ex-Syndicat est évalué à Rs 13 000 la tonne pour la campagne sucrière en cours, selon les dernières estimations du Mauritius Sugar Syndicate (MSS). Un chiffre en hausse par rapport à la précédente évaluation de septembre, qui était de Rs 12 000. De quoi soulager les planteurs et producteurs de sucre. Rappelons que pour la récolte 2018, le prix avait dégringolé à Rs 8 800 la tonne, puis avait augmenté à Rs 11 384 la tonne en 2019.

« Les planteurs et usiniers devraient être satisfaits, car ce prix représente une amélioration de 14% par rapport au prix de 2019 et de 50% par rapport à celui de 2018 », explique Devesh Dukhira, CEO du Mauritius Sugar Syndicate. Il faut dire que la dépréciation de la roupie a pesé lourd dans la balance et que cette hausse des prix tient aussi au fait que Maurice vend davantage de sucres spéciaux et que leur prix de vente étant plus élevé, cela fait monter le prix de vente moyen du sucre mauricien.

Cette évaluation de Rs 13 000 la tonne pour la campagne 2020 n’est pas le prix final du MSS. « Nous fermons les comptes vers fin juin/début juillet, et c’est à ce moment que nous finaliserons les prix, mais tout laisse croire qu’il ne descendra pas sous la barre des Rs 13 000 », fait ressortir le CEO du Syndicat des Sucres.

Malgré le soulagement que le prix pour la campagne 2020 soit supérieur de 14%, l’appréhension demeure dans le secteur sucrier et chez les producteurs sucriers. « Certes, il y a une amélioration du prix, mais nous sommes toujours loin du “viability price” moyen, qui est de Rs 17 000 la tonne », rappelle Devesh Dukhira. D’où l’importance de connaître les recommandations du rapport de la Banque mondiale, soumis au gouvernement depuis décembre. Des recommandations qui permettront d’assurer la viabilité future de l’industrie sucrière et qui sont attendues avec impatience dans les milieux sucriers.

« Ces recommandations permettront de viabiliser l’industrie et de valoriser les sous-produits de la canne à leur juste valeur, en particulier la bagasse », explique Devesh Dukhira. Pour lui, il y a urgence de revoir la valeur de la bagasse. « La bagasse représente 15% de production électrique nationale. Si nous n’avions pas la canne pour faire de la bagasse, il aurait fallu trouver une autre source énergie ; la bagasse a une grande valeur, c’est un “game changer”. Il y a une grande attente du secteur concernant la bagasse », explique le CEO du MSS.