Sunil Bholah (Photo d'archives)

La main-d’œuvre locale joue aux abonnés absents pas intéressés…

Bijouterie : Gold Coast Refinery PTY Ltd s’installe à Goodlands

Reprise graduelle observée dans nos principaux marchés

Le secteur des exportations (Export-Oriented Entreprises) fait preuve de résilience – du moins mieux que l’année dernière. Mais il ne parvient pas à recruter localement. Manque d’intérêt des Mauriciens pour ce secteur mais aussi déficit en compétences localement pour répondre à la demande ; pourtant « il y a de l’avenir dans ce secteur où l’on peut avoir un salaire de base de Rs 18 000 », souligne  Sunil Bholah, ministre du Développement industriel et des PME.

Le secteur, qui regroupe 235 entreprises et emploie 36 507 personnes (dont 17 112 expatriés) , affiche une performance positive malgré les difficultés économiques depuis plusieurs mois. « Les opérateurs ont travaillé et tout fait pour respecter les commandes. Malheureusement, nous avons un besoin urgent de recruter environ 2 000 travailleurs dans ce secteur mais les Mauriciens – anfin mo pa la pou kritik zot  – me zot pa pe pran sa bann travay-la », explique-t-il.

« Les opérateurs éprouvent également de gros problèmes à trouver des travailleurs formés (Skilled Workers). D’ailleurs, nous allons organiser un workshop pour discuter et voir comment résoudre ce problème car on ne peut dire aux investisseurs de venir si on n’a pas de Skilled Workers. Il faut Tackle ce problème sérieusement », a dit le ministre.

En attendant, les autorités sont sous pression pour faire venir 2 000 expatriés. « Le gouvernement considère la requête de ces entreprises exportatrices et nous espérons pouvoir répondre à leurs besoins dans les mois à venir, tout en respectant bien entendu le protocole sanitaire scrupuleusement », a-t-il indiqué, à l’issue d’une réunion avec plusieurs organismes du secteur privé, dont la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Mauritius Export Association et l’Economic Development Board.

Bien que les Mauriciens tournent le dos au secteur de l’exportation, le fait que des emplois soient créés dans ce secteur est bon signe, précise le ministre, « car les commandes sont là et ces entreprises doivent recruter pour honorer leurs commandes ».

Outre le manque de main-d’œuvre localement, le deuxième problème auquel fait face le secteur de l’exportation est la connectivité maritime – qui a grandement diminué depuis le début de la pandémie. « C’est un énorme problème. Dans le passé, on avait huit bateaux qui partaient vers l’Afrique du Sud chaque mois. Ce chiffre est réduit à un bateau par mois. En outre, le nombre de vols a également baissé et cela représente un problème pour l’exportation mais aussi pour l’importation des matières premières », ajoute le ministre du Développement industriel.

Les chiffres disponibles au premier semestre de l’année indiquent que les exportations de ce secteur se chiffrent à Rs 19,9 milliards, comparé à Rs 14,8 milliards pour la période correspondante l’année dernière, soit une hausse de 34,3%. Cela bien que Maurice et les pays fournisseurs matières premières de même que les marchés d’exportation soient toujours sous l’effet du Covid-19.

Commentant les prévisions de croissance de l’économie mondiale, de 6% en 2021 et 4,9% en 2022 (selon le Fonds monétaire international), Sunil Bholah estime que « c’est un indicateur qu’il y aura de la croissance dans nos marchés d’exportation ». Une reprise graduelle est observée dans les principaux marchés de Maurice (Grande-Bretagne, France, États-Unis et Afrique du Sud).

Analysant la performance des différents secteurs d’exportation, le ministre a évoqué d’abord le ‘Textile yarn & fabrics’, avec des exportations de Rs 2,4 milliards au premier semestre 2021, en hausse par rapport à 2020 (Rs 1,5 milliard). Ce secteur précis représente un  « gros potentiel » selon le ministre avec de la place pour de nouveaux opérateurs/investisseurs.

Du côté du ‘Wearing apparel’, les exportations ont repris par rapport à 2020, avec Rs 7 milliards d’exportations au premier semestre, contre Rs 5,5 milliards l’année dernière, et cela malgré le retrait du groupe Esquel, qui était un gros Major Player dans ce domaine.
Sur le front des ‘Fish & fish preparations’ : les exportations sont passées de Rs 4,1 milliards à Rs 5 milliards et le secteur bijouterie/pierres précieuses connaît aussi un regain d’intérêt, avec des exportations en hausse de 36,2%. À noter qu’un gros opérateur, Gold Coast Refinery PTY Ltd, va s’installer à Goodlands, faire venir de l’or du Kenya qui sera raffiné à Maurice pour ensuite être réexporté vers le Moyen-Orient.

En ce qui concerne les marchés, la France a enregistré une croissance de 26,3% de janvier à juin 2021, alors que les États-Unis ont connu une légère baisse de 1,7%. L’Afrique du Sud a progressé de 114,7%, notamment avec une hausse des exportations de pantalons et de tissus. La Grande-Bretagne, elle, affiche une croissance de 37,8%.